Volume 1
Dictionnaire de médecine et de chirurgie pratiques / par Messieurs Andral [and others].
- Date:
- 1837
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Credit: Dictionnaire de médecine et de chirurgie pratiques / par Messieurs Andral [and others]. Source: Wellcome Collection.
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![poser aux entropions partiels avec déviation des cils dans le point correspon- dant au renversement. ( ^oj-ez Trichiasis. ) (L. J. Sanson. ) EPANCHEMENT, s. m. : effusio, suffusio. Accumulation de liquide , sorti de ses voies normales , et rassemblé en foyer , soit dans quelqu'une des cavités séreuses ou muqueuses du corps , soit dans la substance même des organes , ou dans les intervalles celluleux qui les séparent. Tous les liquides circulans ou sécrétés, l'air qui pénètre dans l'appareil respiratoire, et surtout les produits si diversifiés de l'action morbide, peuvent former la matière d'épancliemens plus ou moins considérables. Partout où pénétrent, en s'extravasant, des fluides étrangers aux parties au sein desquelles ils s'arrêtent et se déposent, on voit se développer de l'excita- tion, et souvent un degré très-marqué de plilogose. Sous l'influence de ce mou- vement morbide , les tissus s'épaississent, des adhérences se forment, et les cpanchemens, d'abord diffus et non limités, sont circonscrits et séparés des organes voisins par une barrière qu'ils ne peuvent aisément franchir. Comme dans les abcès, une sorte de membrane muqueuse anormale se développe, le« esivironne, altère la matière qui les forme, et devient le siège d'une action vitale énergique. Selon le degré d'irritation qui s'empare de cette membrane accidentelle, tantôt l'exhalation y prédomine sur l'absorption, et l'épanche- nient, au lieu de se dissiper, augmente de volume, se rapproche des tégumens et se convertit en abcès ; tantôt l'absorption , au contraire, l'emporte sur l'ac- tion exhalante , et la résolution a lieu avec une rapidité plus ou moins grande; tantôt enfin , ces deux fonctions d'absorption et d'exhalation étant en équilibre, la matière épanchée ne subit aucun changement dans sa masse et la tumeur qu'elle forme reste stationnaire. Ce dernier cas est le plus rare ; on ne l'observe guère que dans les épanchemens de liquide séreux, inolTensifs, placés au milieu de tissus blancs, dont la vitalité est peu active. La sérosité, par exemple, épanchée entre les lames celluleuses , y reste quelquefois pendant long-temps sans éprouver d'altération ; il en est de même de la matière de certains abcès froids ou par congestion. Mais , chez le plus grand nombre de sujets, la surface interne des membranes qui circonscrivent les épanchemens verse un liquide séreux , qui se mêle à la matière épanchée , la délaie et lui imprime des condi- tions plus favorables à l'absorption. On peut se faire une idée exacte de ce méca- nisme en examinant ce qui a lieu lorsque le cristallin séjourne dans la chambre antérieure de l'oeil, ou lorsque du pus est épanché derrière la cornée transparente. Les épanchemens déterminent des accidens de deux ordres : les uns, immé- diats et locaux , qui de'pendent du trouble mécanique apporté par la collection anormale à l'exercice des fonctions des parties qu'elle affecte; les autres, se- condaires et généraux, qui sont dus à la réaction des tissus irrités sur les prin- cipaux viscères. Les premiers ont constamment lieu , et sont d'autant plus difficiles à supporter ou plus dangereux, que l'épanchement est plus considé- rable , et qu'il gêne des organes plus sensibles , plus mobiles ou plus importans à ia vie. Les seconds n'apparaissent que lorsque l'irritation provoquée par la matière épanchée , ou qui existait déjà avant l'épanchement, acquiert un haut «legré d'intensité et passe a l'état de phlegmasie aiguë. Alors surviennent avec la chaleur locale et de la douleur locale , de la fièvre, de l'agitation et tous les phénomènes des inflammations phlegmoneuses. Ils annoncent la conversion de l'épanchement en abcès. Le traitement des épanchemens varie selon la cause qui les a provoqués , selon la nature des liquides qui les forment, et selon la violence et la gravité des accidens qu'ils déterminent. Dans les épanchemens sanguins, par exemple il importe de rechercher la source d'où provient le liquide et de la tarir, à l'aide de la ligature du vaisseau , du tamponnement , ou des autres moyens , tant in- ternes qu'externes , dont l'art peut disposer. Les liquides Irès-irritans , comme l'urine, les matières stercorales délayées, la bile échappée de sa vésicule , doivent être évacués aussitôt que leur présence est reconnue. Il faut ne pas craindre alors de pratiquer de longues et profondes incisions afin de leur ouvrir de larges issues : cette conduite est la seule qui puisse prévenir les inflammations gangréneuses et les vastes destructions des tissus que ces matières tendent à provoquer. Les épanchemens , qui ne sont accompagnés d'aucun accident inflammatoire intense et dont l'absorption diminue le volume, peuvent être abandonnes à eux-mêmes. Des applications résolutives, aidées d'une douce et permanente compression, suflisent pour favoriser et hâter la marche salutaire de la nature. Lorsque des accidens inflammatoires se développent, il importe de les com- battre à Taide de moyens généraux et locaux proportionnés à leur intensité; et presque toujours , aussitôt qu'on est parvenu a les dissiper , on voit l'épanche- ment, qui avait augmenté de volume pendant leur durée, et qui menaçait de *'abcéder, prendre, au contraire, la voie de la résolution. Enfin, lorsque les épanchemens gênent des organes très-importans, lorsqu'ils déterminent des phénomènes d'irritation dans les principaux viscères; lors, en un mot, que leur présence compromet la vie des sujets, il faut leur donner issue à l'aide d'opérations qui varient suivant les parties qu'on doit diviser pour arriver jus- qu'à eux. ( Voyez Abcès , Akévkïsme , Emphtsème, Emptèmb , Plaie , Tbépan.) (L.-J. BÉG7K.) ÉPIDEMIQUES ( MALADIES). Le mot i>Cépidémies a été employé en mé- decine dès les temps les plus anciens. Hippocrate en a fait usage pour désigner les maladies qui, sous l'influence des diverses conditions atmosphériques qu'il décrit, régnèrent pendant plusieurs années dans la contrée où il exerçait la médecine. Ses livres des Épidémies sont au nombre de ceux qui ont été le plus lus et commentés; pendant long-temps ils ont été proposés pour modèle aux médecins qui ont fait des recueils d'observations. Dans cet ouvrage, Hippocrate commence , en tête de chaque livre, par indiquer quel a clé l'élat de l'atmo- sphère dans les diverses saisons ; il expose ensuite quelles sont les priiicipiiles maladies qui ont été observées dans chacune de ces saisons; puis, il cite à 1 ap- pui de ces généralités un certain nombre d'observations particulières. Mais ses descriptions générales sont si vagues , et ses observations contiennent si peu de détails, qu'il ne saurait plus j' avoir guères de profit à lire les unes et les autres; toutefois il n'en faut pas moins reconnaître l'excellence de la méthode suivie ])ar Hippocrate dans ses livres des Epidémies; il était dans la voie de la saine observation , et tous ceux qui , depuis lui, ont contribué aux progrès n els de la médecine n'ont fait que suivre celte méthode appelée justement méthode hippocraliijue ; ils l'ont seuleoieut perfectionnée de plus en plus. Hippocrate n'a donc employé le mot épidémie que pour désigner les maladies j qui pendant un temps donné, et sous l'influence de certaines conditions atrao- j sphériques, régnent jiarmi le peuple; d'après son étymologie, voilà en effet tout j ce que ce mot signifie Mais plus fard on ne le prit )dus seulement dans une i acception aussi simple ; et il eut dans le langage médical plusieurs significations I dont nous allons essayer de préciser le sens. i II y a trois siècles , Sydenham établit que l'ensemble des conditions extérieu- j res auxquelles 1 homme est soumis créent en lui un certain nombre d'états nior- \ bides qui varient avec ces conditions elles-mêmes, durent et passent comme ! elles. Ces conditions , d'après Sydenham et d'après la plupart de ceux qui ont j adopté ses idées, ne sont pas le plus souvent saisissables par nos moyens d'in- I vestigalion. Elles ne consistent pas dans les variations qu'on peut remarquer sur j l'aiguille du baromètre, du thermomètre ou de l'hygromètre. Il ne faut pas plus I les chercher dans la nature des vents qui, pendant un temps donné , peuvent j souffler sur un pays. Ces conditions sont donc inconnues; peut-être, dit Syden- ■ ham, est-ce du sein de la terre que viennent à se dégager des effluves ou vapeurs j qui vont modifier le corps de l'homme, et il en résulte la production d'un état I morbide tout spécial, qui est ce que, dans le langage de Sydenham, il faut j ippeler Vaffection épidémique. Cette affection régnera toujours la même pendant j un temps plus ou moins long, jusqu'à ce que survienne un nouveau changement ! dans l'atmosphère, aussi inappréciable que le précédent, et qui amènera une au- tre affection épidéinique. Le temps pendant lequel durera chacune de ces alî'ec- (ions sera appelé constitution épidémique. Pendant ce temps, les maladies les plus ilifférentes pourront régner ; mais dans leurs symptômes, dans leur marche, dan» leur gravité,dans leur nature elle-même, elles seront modifiées par l'épidémie ) é- gnante,parle génie épidémique derèpo(]ue pendant laquelle elles aj)paraisse)it. De ce génie épidémique ne dépendent pas les Ibriiies extérieures des maladies; ce n'est pas lui qui crée en nombre plus ou moins grand des pneumonies, des angi- nes, des érysipèles, des dysenteries, des rhumatismes. Mais à toutes ces maladies I différentes par leur siège il imprime une modification uniforme ; il les ramène à l'identité de nature, et par suite à l'identité de traitement. Dès lors il importe beaucoup moins eu thérapeutique de connaître le siège même d'une maladie j que de chercher h pénétrer quelle est la consiitutiun épidémique sous laquelle I elle a pris naissance ; car c'est sur cette constitution que devra être basé le j traitement. Or , ce n'est pas en observant les modifications de l'atmosphère i qu'on pourra parvenir à découvrir la nature de la constitution épidémique, I puisque les conditions de l air qui la produisent nous échappent euiièrement. I 11 faudra donc, pour arriver à une aussi importante découverte, étudier avec j le plus grand soin les maladies, afin de saisir , au milieu des symptômes varia- ' bles qu'elles présentent, les traits propres à caractériser l'influence exercée sur ! elles par le génie épidémique dominant ; voici, à cet égard , ce qu'avaient établi I les auteurs dont nous analj'.sons la doctrine. Il y a des temps , disent-ils, où toute maladie est accompagné d'une réaction vive , où l'exubérance du sang parait jouer le rôle principal. Alors règne la constitution inflammatoire, et, quelle que soit la forme extérieure de la maladie, les saignées sont dans ce cas éminemment utiles. Il y a d'autres temps où dans l'économie les matériaux de la bile se forment en beaucoup plus grande quantité que de coutume. 11 en ré- sulte pour l'économie tantôt un état d'iri itation primitivement générale et res- tant telle,d'où production d'une simple fièvre sans symptôme prédominant vers aucun organe; tantôt cette irritation se concentre plus particulièrement sur un organe, d'où manifestation d'une phlegmasie. Mais cette phlegmasie, commt ! la fièvre, ne cède plus en pareil cas aux émissions sanguines. Elle est entretenue par rexubérance des matériaux de la bile; c'est la constitution biiieuse quirhgae alors, et les émélo-cathartiques deviennent alors aussi efficaces que l'étaient les .saignées dans la constitution inflammatoire; que la maladie se montre au me- liccin sous la forme d'une pneumonie, d'un rhumatisme, etc., peu importe. Dans cette forme ne se trouve pas l'indication à remplir : c'est la constitution (jui la donne. A d'autres époques les sécrétions muqueuses viennent à prédo- j miner d'une manière singulière : les matériaux du mucus devenus trop abondans altèrent le sang., et, comme ceux de la bile , ils fatiguent, irritent par leur pré- sence les différens solides auxquels ils arrivent avec le sang ; alors règne la constitution muqueuse ou catarrhale : et ici encore, quel que soit le masque de la maladie, un autre traitement, en rapport avec cette constitution, doit être mis en usage. Il peut aussi arriver des temps où, étant encore sous l in- fluence de la vie, les élémens du corps humain, toutes les fois qu'il souflVc, tendent à se dissocier plus promptement, où , avant la mort, un état putride semble déjà commencer. Voilà encore une autre sorte de constitution souis l'influence de laquelle toute maladie sera accompagnée de phénomènes parti- culiers assez importans pour en changer la nature et pour en modifier le Irai tement; et c'est ainsi qu'une même maladie, une pneumonie , par exemple, devenant, suivant les temps où elle régnera , inflammatoire, bilieuse, mu- queuse, putride, etc., pourra être une alfeclion qui, suivant ces temps divers, ! n aura rien de semblable que le siège.](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b21298634_0001_0887.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)
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