Volume 1
Dictionnaire de médecine et de chirurgie pratiques / par Messieurs Andral [and others].
- Date:
- 1837
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Credit: Dictionnaire de médecine et de chirurgie pratiques / par Messieurs Andral [and others]. Source: Wellcome Collection.
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![mieux connus de la circulation. On ferait tout le contraire si, ne connaissant rien aux phénomènes de la circulation du sang, on possédaitune bonne lliéorie de l'action des centres nerveux. La présence du sang, dans le cerveau des épileptiques , au moment des at- taques, n'explique rien des phénomènes essentiels de l'épilepsie. Le sang est appelé, dans ces cas , par le travail morbide si actif dont le cerveau est le siège ; la congestion est augmentée, entretenue par les contractions énergiques et accélérées du cœur, et surtout par la tension convulsive des parois du tho- rax, par l'absence de véritables mouvemens d'inspiration si essentiels au retour du sang veineux dans le centre de la circulation. ( Voyez les recherches de M. Barry sur la circulation et le mémoire de M. Bérard sur le même sujet. ) Par suite de cette dernière circonstance , le sang s'amasse dans les jugulaires et de proche en proche dans les différentes parties de la face et du cerveau. Cet effet va toujours croissant à mesure que l'attaque se prolonge, ce n'est que lorsqu'elle a cessé que les mouvemens de dilatation de la poitrine ont repris leur rhjlhme que la congestion cérébrale peut diminuer. Ce n'est donc pas à la présence du sang dans le cerveau , à la congestion cérébrale en d'autres termes, qu'il faut attribuer les phénomènes de l'épilepsie. N'oublions ])as néanmoins l'importance de celte complication ; souvenons- nous que l'épiieplique , mourant dans son accès , meurt aussi bien d'asphyxie et de congestion cérébrale que du désordre propre à la maladie ; et ne tombons pas dans un excès malheureux en négligeant une circonstance à laquelle une autre théorie accorde trop d'importance. Nous avons vu que dans les cas simples d'épilepsie , la mort arrivant par une cause étrangère , on ne trouve rien ; et que , lorsque la mort arrive dans une attaque, les altérations qu'on observe ne peuvent être considérées comme constituant la maladie elle-même. Il est clair d'après cela que tout rapprochement tenté entrel'épilepsie simple et l'aliénation mentale sans complication, s'écroule de lui-même si l'on veut s'appuyer sur l'analogie d'altération dans l'un et l'autre cas. Il serait en effet bien étonnant que l analomie pathologique montrât beau- coup d'analogie là où Tobservation des sym[itômes en montre si peu. Quoi de commun entre la chute subite , mais passagère, d'un épileptique qui, délivré de son attaque , n'offre plus aucun désordre encéphalique et l'état continu d'aliénation simple. C'est vraiment forcer les faits que de vouloir établir de pareilles analogies; nous n'en admettrons aucune entre les cas simples de maladie mentale et ceux d'épilepsie simple. Il n'en sera pas de même pour les cas compliqués. Nous avons vu l'altération lente de l'intelligence ( la démence) survenir fré- quemment chez les épileptiques depuis long-temps affectés de leurs attaques; nous avons vu ce désordre , médiocre dans le principe, s'aggraver de plus en plus avec le temps et finir par se compliquer d'une faiblesse générale du sys- tème musculaire. Si nous nous reportons aux altérations observées dans ces cas, nous voyons qu'elles consistent en endurcissement ou ramollissement général des différentes parties de la substance blanche ; que la substance grise , avec les mêmes chan- geraens dans la consistance, offre souvent des marbrures rouges, violacées et des adhérences avec les membranes : eh bien ! ces altérations sont aussi celles qu'offrent le plus constamment une classe nombreuse d'aliénés , ceux qui sont affectés de paralysie générale. sur ce sujet la thèse du docteur Délaye , les ouvrages de MM. Bayle , Calmeil, et enfin l'article Aliénation de ce Dic- tionnaire. ) Celte analogie dans les altérations est d'autant plus remarquable qu'elle existe aussi dans les symptômes comme nous Talions rapidement exposer. Il semble en effet qu'à quelques légères différences près, ces deux maladies se composent essentiellement des mêmes phénomènes développés en sens inverse. Dans l'une, il y a attaques d'épilepsie , puis symptômes d'aliénation , affai- blissement musculaire. Dans l'autre, symptômes d'aliénation, affaiblissement musculaire, attaques convulsives, désignées par tous ceux qui les ont observées, du nom d'épilep- tiformes. Dans l'épilepsie compliquée d'aliénation, les attaques d'épilepsie précèdent ordinairemeiif tout désordre intellectuel; ce désordre, lorsqu'il arrive , offre le plus souvent le caractère de la démence , ou, si dans le principe c'est une ex- citation maniaque, la perte graduelle de la mémoire , de la faculté de coordon- ner, de lier des idées, mêmes absurdes, en font bientôt une vraie démence. L'affaiblissement musculaire , caractérisé surtout par une sorte de bégaiement, se développe en même temps dans la même proportion. Dans l'alièiialion com- pli([uée de paralysie générale et d'attaques épileptiques, les premiers dés- ordres sont des troubles inlellecluels, appartenant le plus souvent par leur forme à la démence , finissant toujours par y arriver lorsque dans le principe ils ont offert un autre caractère. L'affaiblissement des mouvements se mani- feste ensuite par degrés ; il est sensible dans le principe par l'eaibarras des mouvemens de la langue ; enfin les attaques épileptii'ormes caractérisées par une perte subite de connaissance, insensibilité générale, convulsions , rougeur livide de la face , écume de la bouche, etc. , se manilestent. Ainsi, d'un côté , pour premiers symptômes , attaques d'épilepsie ; de l'au- tre, attaques d'aliénation. Aux attaques d'épilepsie succède nn affaiblissement intellectuel, à celles d'aliénation un afl'aiblissement musculaire; arrivent enfin, dans le premier cas une démence confirmée, dans le second un affaiblissement musculaire de plus en plus prononcé. Dans les deux cas, la marche des acci- dens semble s'arrêter dans Tîntervalle des attaques; leur retour est le signal de l'augmentation des désordres , jusqu'à ce qu'enfin la mort termine cette dé- plorable existence, et c'est un dernier trait qui complète l'analogie, que Vin- curabilité absolue de ces deux espèces de maladies compliquées de désordres analogues de l'intelligence et du système locomoteur. Ce n'est pas dans un but oiseux que j'ai cherché à faire ressortir l'analogie qui rapproche l'épilepsie compliquée de désordres intellectuels et d'affaiblisse- ment musculaire , de l'aliénation compliquée de paralysie générale et d'atta- ques épileptiformes. Comme cette épilepsie compliquée est la seule dans laquelle on trouve des altérations bien positives , bien constantes , que ces altérations sont les mêmes qui caractérisent la démence avec paralysie générale , j'en conclurai que les altérations persistantes observées dans ces cas appartiennent à l'ensemble des symptômes persistans, et n'apprennent rien pour la nature organique du dé- sordre qui constitue l'épilepsie simple , dans laquelle, ainsi que nous l'avons dit, on ne trouve rien qui corresponde aux attaques. Concluons que la cause matérielle de l'épilepsie simple est encore à fixer ; qu'elle est vraisemblablement aussi passagère que la durée des attaques, qu'elle consiste vraisemblablement dans une altération du mécanisme de l'in- nervation , que nous devons avoir bien de la peine à saisir, ignorans comme nous le sommes de ce mécanisme à l'état normal. Mais remarquons que cette altération étant très-passagère , doit rentrer par cela même dans la classe de celles qui peuvent complètement disparaître et que c'est peut-être pour n'avoir pas distingué avec assez de soin les cas simples de ceux qui offrent des complications desespérantes, qu'on a porté un juge- ment désespérant sur l'épilepsie , dont bon nombre de cas , si je ne m'abuse, doivent être susceptibles de guérison. Convenons toutefois que l'épilepsie est une maladie toujours grave, et que tous les cas de cette maladie qui offrent, comme complication , des désordres persistans dans les fonctions intellectuelles et locomotrices , sont vraisembla- blement toujours au dessus des ressources de la nature. Il est peu de maladies avec lesquelles l'épilepsie puisse être confondue. L'hystérie, avec laquelle elle offre peut-être le plus de ressemblance, en diffère essentiellement par l'absence de la perte de connaissance durant les attaques. Les enfans sont sujets, lors du travail de la dentition ou quand ils sont affectés de vers intestinaux, à des convulsions qui diffèrent de celles de l'épilepsie par leur durée beaucoup plus longue. Causes. L'épilepsie est plus fréquente avant qu'après l'époque de la puberté. Sur soixante-six observations de femmes épileptiques, dont le début de la maladie et l'époque de la menstruation sont bien déterminés , les releve's de MM. Bouchet et Casauvielh (mémoire cité) portent trente-huit épilepsies avant la première menstruation et vingt-huit après. Les femmes sont plus sujettes que les hommes à l'épilepsie , et dans les deux sexes le tempérament dit nerveux semblent y disposer davantage. Quoique des sujets très heureusement constitués puissent tomber épileptiques, l'observation démontre que, dans le nombre de ceux qui le deviennent, beau- coup ont apporté en naissant une conformation imparfaite de l'encéphale. Les idiots et imbéciles dits de naissance sont très-sujets à l'épilepsie. L'influence héréditaire de l'épilepsie est généralement admise. La présence dans le cerveau de quelque production accidentelle, tubercule , acéphalocyste , etc., dispose à l'épilepsie. L'épilepsie semblent plus fréquente dans les classes inférieures de la société que dans les classes moyennes. On a accusé tle produire l'épilepsie bien des causes différentes ; la suppression d'exanthèmes ou d'hémorrhagies habituelles, les excès alcooliques, vénériens, la masturbation , les chagrins , les violentes commotions morales , etc. Ces causes ont souvent leur part d'influence dans la production de la maladie; mais la peur est l'occasion la plus commune de son développement; la peur causée par la chute d'un épileptique expose peut-être plus encore que toute autre à cette maladie. Tout le monde sait ce qu'on a dit, à cet égard, de l'influence de l'imitation ; une cause très-légère de peur a quelquefois sufli pour déterminer l'épilepsie. Un enfanta le hoquet; sa mère, pour guérir le hoquet, produit un bruit soudain derrière l'enfant : il tombe épileptique , et l'est resté depuis. Mais n'insistons pas davantage sur l'examen des causes ; passons au traitement de l'épilepsie. Traitement. Complètement inconnue dans sa nature organique , l'épilepsie est une de ces affections auxquelles l'art n'a jamais pu opposer de traitement bien rationel. Nous remarquerons seulement que , dans la liste nombreuse de médicamens employés dans le traitement de l'épilepsie, ceux qui exercent sur l'encéphale une action spéciale figurent plus nombreux ; aussi, tout ce qui s'appelle anti- spasmodique est-il journellement prescrit par tous les praticiens ; la valériane, l'assa fœtida, le camphre, l'éthcr , le musc, etc., ont été administrés à tous les épileptiques ; et si ces moyens contribuent souvent à modérer les attaques, au moins faut-il avouer leur peu d'efiicacité pour guérir la maladie dan.» le plus grand nombre des cas. Les expériences entreprises avec l'acide prussique , la strychnine, la morphine, etc., n'ont jusqu'ici produit guères de bon résultats. On ne .saurait blâmer néanmoins ceux qui essaient avec prudence l'influeuce de ces agens thérapeutiques dont l'action spéciale sur le système nerveux est si bien constatée. Que dire du nitrate d'argent? son moindre inconvénient n'est pas de pro- duire à la surface de la peau une coloration ardoise; trop souvent il a détermina des gastrites , des ulcérations , des perforations de la membrane muqueuse, ou de toute l'épaisseur des parois de l'estomac ; aussi bon nombre de patriciens,](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b21298634_0001_0896.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)


