Description exacte des isles de l'Archipel, et de quelques autres adjacentes; dont les principales sont Chypre, Rhodes, Candie, Samos, Chio ... / Traduite du flamand d'O. Dapper.
- Olfert Dapper
- Date:
- 1703
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Credit: Description exacte des isles de l'Archipel, et de quelques autres adjacentes; dont les principales sont Chypre, Rhodes, Candie, Samos, Chio ... / Traduite du flamand d'O. Dapper. Source: Wellcome Collection.
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![de Sunium jufques au Téloponefe, & les met féparement de la mer cÆgce. C’eft à la mer de Myrtoum que confine la mer zÆgée, fuivant le témoignage de Strabon. Ainfi cette derniere fe trouve renfermée entre la côte du Cap de Sunium, en tirant vers le Septentrion, le golfe de Macedoine, la cherfonnêfe de Thrace, le golfe de Melanes, qu’on apelle aujourd hui Golfe Marifio, & la Province de PHellefpont. Le même Auteur dit dans fon feptiéme livre, que cette mer baigne les deux cotez de YHellade ou de la Grèce, dont celui qui regarde vers l’Orient, s’étend depuis le Cap de Su- mum jufqu’au golfe Thcrmaïque, qu’on nomme préfentement Golfo di Salonichi, & jufqu’à Thejfalom que , ville de Macédoine ; & l’autre depuis cette ville jufqu’à la rivierede Strymon, qu’on apelle aujourd’hui Strymono, & qui fépare la Macedoine delà Thrace. Elle baignoit auflî, fuivant le témoignage de Pomponius CAîela, de Pline, de Solin & de Strabon, tout le côté Oriental du Péloponefe, de même que la mer Jonienne batoit de fes flots fon côté Occidental. Strabon ajoute qu’il y a tout près de Thrace un détroit de fept ftades de large, entre Se- flos & Abydos, par où la mer cyEgée & YHellefpont fe déchargent dans une autre mer, apellée anciennement la Pyopontide &àprefent Adare di Ldarmara, & cette derniere dans le Pont Euxw ou la Mer TLoire. Enfuitc la mer zjEgée baigne du côté d’Orient les côtes de la Carie, de Y]onie,dz XeJEolie, de la Lycie & de la Troade en Phrygie, qui font toutes des Provinces de YAfie mineure. C’eft en cette mer que font fitüées les îles apellées Cyclades & les Sporades, principale- stub. ; -, ment celle de Vélos, avec toutes les autres que l’on trouve au devant des côtes de la Carie, de Yjonie, deY ojEolte, delà Troade, où font comprifes celles de Cos, de Samos , de Chios, de Lesbos, de Tenedos $ de même que celles qui font fitüées au devant de la Grèce, de la Macedoine & de la Thrace, où eft YEuboée, Scyms, Peparethus,Lemnos,Thafos, Imbros, S amothra.ee,de. plufieurs autres. Strabon lui donne quatre-mille ftades de longueur, qui font cent-vingt-cinq lieues d’Al¬ lemagne, & deux-mille de largeur, qui font foixante-deux & demi de ces mêmes lieues, en faifant remarquer le grand épanchement de cette mer du côté du Septentrion. Le même Auteur place après la mer çjEgée ,çx\. defeendant de Y Hellefpont,\e.§ mers Icari- enne & Carpatienne,c\w'i\hix. étendre jufqu’aux îles de Crete, de Rhodes, de Cypre&z jufqu’aux parties les plus-avancées de YAfie, comme fi elles étoient des mers particulières, diftin- guées de l’autre. Cependant il femble comprendre ailleurs dans la mer clALgee le parage qui eft entre 'Rfodes & Cypre, ainfi qu’il paroît par ce qu’il raporte immédiatement après, dont le fens eft compris dans les paroles fuivantes. Il y a un autre épanchement ou élargifîement de cette mer, qui depuis le pais de Rhodia, (c’eft-à-dire le Continent fitüé à l’opofite de l’île de Rhodes) forme les mers de Pamphilie, d'Egypte & le golfe Ijfique, & s’étend jufqu’à cinq-mille ftades du côté d’Orient, devant la Lycie, la Pamphylie & toute la côte de la Cilicie. D’où l’on peut conjecturer, ou que Strabon a voulu entendre par tous ces parages, l’étendue de la mer çjEgée ,ou que du moins il y a voulu comprendre cette mer. Cependant il s’explique afîez clairement quelques lignes après, & dit que la côte de Y A fie mineure, près de la Cilicie & de la Pamphylie, depuis le golfe * Ijfique jufques en Carie & en jonie , eft environné de la mer z^Egée. C’eft ce qu’en G0iropr<dfn raporte Strabon. ^ / Ainfi l’on peut dire, en fuivant ce fentiment, que la mer zyEgée comprend, de ce cote-^ oSSê là, toute l’étendue qui s’avance le long de la côte Méridionale de l’Afie, & fe continué jus- de la mer qu’à l’extrémité Orientale de la mer Mediterranée j mais cette grande étendue eft encore Mcduerra- autrement apellée mer de Lycie, de Pamphylie & de Cilicie,fuivant les diverfes contrées qu el¬ le baigne. Strabon, dans fon dixiéme livre, donne pour bornes a 1 île de Crete, les mers zjEgee & de Crète du côté du Septentrion, de même qu’il lui afiigne celle de Lybie ou d Afrique vers le Midi, & la Carpatienne du côté d’Orient. Solin remarque auflî, que cette île eft batue du cote du Septentrion des flots de la mer cAgée & de ceux de fa propre mer, c’eft-à-dire de la mer de Crete; comme elle eft baignée du côté du Midi des mers de Lybie & d’Egypte. Mais Ttolomée lui donne feulement pour bernes la mer de Crete du côté du Septentrion, celle de Lybie vers le Midi, la Carpatienne du côté d’Orient, & Y Adriatique vers l’Occident. Il faut donc entendre par les paroles de Strabon, que le mer cl/Egée ne venoit pas immé¬ diatement batre de fes flots l’île de Crete, mais par le moien & par l’entremife de la mer de Crete, qui lui confinoit, & c’eft encore en ce fens qu’il faut expliquer ce qu’en raporte Solin. 2 Strabon](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b30451966_0021.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)


