Description exacte des isles de l'Archipel, et de quelques autres adjacentes; dont les principales sont Chypre, Rhodes, Candie, Samos, Chio ... / Traduite du flamand d'O. Dapper.
- Olfert Dapper
- Date:
- 1703
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Credit: Description exacte des isles de l'Archipel, et de quelques autres adjacentes; dont les principales sont Chypre, Rhodes, Candie, Samos, Chio ... / Traduite du flamand d'O. Dapper. Source: Wellcome Collection.
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![limites fur toute la mer cÆgée d’Orient en Occident ou d’Occident en Orient. Ce qu’on ne peut pas néanmoins conjc&urer de ce qu’en ont écrit Strabon, P au fantas, Pline, ëc les autres. La Mer de Crete, qui fut âinfi nommee de l’ile qui porte ce nom, eft proprement prife Mfr d* ctett] par les Anciens pour l’étcnduë de la mer qui baigne cette île du côté du Septentrion. Strabon place, dans fon feptiéme & huitième livre, les mers de Lybie, ou à'Afrique, de Crete & de CWjrtoum confecutivement l’une après l’autre, & celle de Crete près de celle de CMyrtoum $ d’où il paroît que ces deux mers doivent confiner l’une à l’autre. Il place auffi dans fon feptiéme livre, depuis le Cap de * Sunium, fitüé fur les côtes de l’Attique, * à prâènt jufqu au Péloponefe, ces trois mers avec leurs golfes jufques à la mer de Sicile-, & dans fon£aP°delle prémier livre il mt't les mers de Myrtoum & de Crete à l’Orient de celle de Sicile. Semblablement Time met la mer de Crete après celle de Sicile, qui étoient toutes deux des parties de la grand’ mer Jonienne. Car comme l’afîùre cét Auteur, les Grecs divifoient cette mer en celles de Crete & de Sicile. Il veut même que le Têloponefe foit baigné du cô¬ té du Midi par la merde Crete, & du côté d’Occident parcelle de Sicile. Soltn place entre l’îlc de Sicile & celle de Crete, les deux mers qui portent les mêmes noms, dont il fait étendre la derniere jufqu en P amp hy lie, Province Meridionale & mari¬ time de l’A fie mineure, & jufqu’à la mer d'Egypte. Eudoxe met dans Strabon, l’ile de Crete dans la mer clÆgée, bien que ce ne foit pas en¬ tièrement au fens de cét Auteur, quipofe, avec Solin, que cette île eft batuë du côté du Septentrion des flots de la mer cÆgée & de celle de Crete. Mais du côté du Midi, elle eft: baignée, fuivant Solin j par les mers de Lybie & d'Egypte, ou comme le veut Strabon par la mer de Lybie qui confine à celle d'Egypte. 'Ttolomce donne pour bornes du côté d’Orient la mer Carpatienneà l’îlede Crete, de même que du côté du Septentrion celle à qui l’îlc donne fon nom ; vers l’Occident lAdria¬ tique, «5c du côté du Midi celle de Lyhie. Mais il eft beaucoup plus-facile, dit Solin, de nommer cette île, que de marquer pofitivement en quelle mer elle doit être fitüée, com¬ me nous l’avons ci-devant remarqué. Strabon place dans la mer de Crete, aux environs de l’île qui lui donne ce nom, les îles de Thera, d’Anaphe, de Via, de fos, de Sicinus, de Therafia , de Lagufa, de Phologandrus, de Cimole , de Siphnos & de Alelos, qui font toutes fitüées au Septentrion de l’île de Crete ou Candie. Ainfi il donne à cette mer toute l’étendue qu’ocupent ces îles au deftùs de celle de Crete. 11 marque aufti que l’île d'Egine eft batuë, du côté d’Orient & du Midi, des flots de la mer de Crete & de celle de Myrtoum-, ce qu’il faut aparenment entendre, de cette derniere du côté d’Orient, «5c de celle de Crete du côté du Midi. Bofchino & quelques autres nomment mer de Crete , le parage qui baigne tout le côté Septentrional de l’île qui porte ce nom, & s’étend jufques aux îles de cJHilo , de Santorino r;cc;0; &c de Stampalia, qui font fitüées au Septentrion de celle de Candie. D’autres marquent, ?iine. quelle touche du côté d’Occident à la mer de Sicile, & qu’elle s’étend depuis le Cap de Tenare (qu’on nomme aujourd’hui Matapan , & qui eft fitüé fur les côtes du Péloponefe ou de la Morée) le long de l’îlede Candie, du côté du Septentrion, jufqu’au Cap de Sal- mone, qui eft les plus avancé de cette île du côté d’Orient. Dans les livres & cartes ma¬ rines des Hollandois l’île de Crete n’eft pas contée pour une île de la mer cÆgée ou de l'Ar¬ chipel, mais eft placée de travers au'devant de cette mer du côté du Midi. La mer de ^«/eeftunc partie de la grand' mer fonienne, qui baigne la Morée du côté du Couchant. Une partie de cette mer, qui confine au côté Occidental de la mer zMgee & de celle de (rete, & qui bat de fes flots la côte Méridionale delà Adorée, eft aujourd’hui apellée par les mariniers Italiens Mar di Saptenza & par les Hollandois Wateren y an Sapien- za, c’eft-à-dire Eaux de Sapienza, de certaines îles fitüées fous la côté de Modon, ville maritime de la Morée, qui font ainfi apellées. Cette mer, qui confine du côté d’Orient à la mer cÆgée ou à l’Archipel, forme divers golfes vers la côte Meridionale de la Morée, S{t' comme ceux de Coron, de Colochina & de Beatico. La mer Je arienne a, fuivant Strabon, la mer çAEgée du côté du Septentrion, celle de Mer lurim^ Myrtoum vers l’Occident, la Carpatienne & celle d'Egypte vers le Midi, & la coteOcci-”f‘ dentale de VAfie mineure du côté d’Orient. L’île d'icaros eft fitüée au devant de cette mer, comme le raporte Strabon, qui y place de plus les îles de Samos, de Cos, de Pathmos, de Leros & les Corajfies. Pline comprend, dans le Chapitre onzième de fon quatrième livre, l’étendue de cette mer entre les îles de Samos & de Mycone j de là vient que Strabon place l’île d’icaros prés de celle](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b30451966_0025.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)


