Description exacte des isles de l'Archipel, et de quelques autres adjacentes; dont les principales sont Chypre, Rhodes, Candie, Samos, Chio ... / Traduite du flamand d'O. Dapper.
- Olfert Dapper
- Date:
- 1703
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Credit: Description exacte des isles de l'Archipel, et de quelques autres adjacentes; dont les principales sont Chypre, Rhodes, Candie, Samos, Chio ... / Traduite du flamand d'O. Dapper. Source: Wellcome Collection.
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![11 femble néanmoins que Pline place aufh cette mer a 1 Orient des Cycladcs enfermées du côté la mer Ica- Origine de ce no m. Cjiidii celle de Samos. - - . * & des Sporades ; car il dit ailleurs que les Cyclades & les Sporades font enferm d’Orient par les bords Icariens de Y Ajte ; d’oîiilparoitquil faitauflî etcndre tienne jufqu’aux bords de Y Ajte mineure, qu’il apelle pour cette raifon Icariens du nom de cette mer. Mais auparavant, dans le même chapitre , il a conté 1 île à lcaros pour une des sporades. . ,IA, . , D’autres étendent la mer Icarienne depuis l’Hcllcjpont, ou du moins depuis 1 île de Lesbos jufqu’à la ville de Gnyde, fitiiée fur le Continent de YAjie mineure, & juiqu’à l’ile de Ser» phos, qu’on nomme à préfent Serfou. Elle avoit été ainfi apellée, comme le raportent Strabon, Time & Solin, de l’ile d'Ica- ros, qui tenoitee nom d'Icare fils de Dédale. Mais Paufanias veut qu elle ait immédiate» ment reçu fon nom d'Icare, & non pas de cette île, comme il paroît des paroles fuivantes à nrefent ^ cct Auteur. Dédale apréhendant lacolcre dccJMiwos ^ Roi de Y Ctctc ? rcfolutdcfc fauver avec fon fils Icare \ & pour venir à bout de fon defléin, il bâtit des petits vaifleaux pour foi & fon fils, qu’il équipa de voiles, (car c’eft à lui qu’on en doit l’invention, per- Tonne ne s’en étant fervi auparavant) afin qu’aiant le vent favorable, il peut s’échaper à la pourfuite de Alinos, dont la flotc ne pou voit avancer qu’à force de rames Le vaiffeau qui conduifoit Dédale vint heureufement à bon port ; mais on dit que celui d'Icare, fe trou¬ vant conduit par des matelots peu expérimentez , vint à faire naufrage, & que fon corps fût jetté par les flots, ou le flux de la mer, fur une île fitiiée prés de Per game, ville de Y A fie mineure , qui n’avoit point encore de nom. Il ajoûte qu'Hercule y étant venu aborder par hazard , reconnût le corps mort, & le fit enterrer fur un Cap qui s’avance dans la mer Ægée, où l’on voioit encore, du tems de Paufanias, un petit monceau de terre; & que c’eft de cét Icare que l’île & la mer qui l’environne, ontprislenom quel¬ les portent encore aujourd’hui. La nier Carpatienne, qui eft encore apellée par les Italiens il Mare Carpathio, ou Am¬ plement il Carpathio, tient fon nom, comme le remarquent Strabon, Pline & Solm, de 1 île de Car pat ho s, qui eftfitiiée dans cette mer. Elle confine du côté du Septentrion à la mer Icarienne, & du côté d’Occident aux mers de Crete Sc de Lybie ou d Afrique, ainfi que le marque Strabon. De-là vient que Ptoloméc la place à l’Orient de l’ile de Crete. Pline donne pour confins , aux Cyclades & Sporades , la mer Carpatienne & celle de Crete du côté du Midi, de même que la mer çJEgée du côté du Septentrion. Strabon. Outre l’île de Carpathos, il y a plu fleurs Sporades dans la met Carpatienne, qui font la plûpart fitüées entre les îles de Cos, de Rhodes & de Crete. De ce nombre font islflypalee, Tdos, Chalcie, comme auflî Nifyros, Cafos, les Calydnes, que quelques-uns tiennent pour les îles de Lcr os & de Calymne, & plu (leurs autres. archipel. La mercAdgêe , prife dans fa plus-grande étendue, & pour la partie Orientale de la préiei t!a nier Mediterranée, qui baigne du côté du Septentrion les côtes Méridionales de Thrace ; 3io.ii.mh.. ^ d’Occident les côtes Orientales de la Grèce, où font comprifes la Macedoine, la Tl Mer Carp.f tienne. 'hejfalie & le Péloponefe ou la Morée; du côté d’Orient les côtes de la2V at olie ou Afe uncure, & vers le Midi celles de l’île de Candie, & qui fcparant parce moien Y Europe de Y /]fie mineure, eft compofée de la mer cjEgée, de celle de Myrtoum de 1 Icarienne & de la Carpatienne. Cette mer, dis-je, ainfi prife, fût enfuite apellée par les Grecs Archipelagos ; & c’eft le nom que les Francs ou Chrétiens Occidentaux de Y Europe ont retenu depuis, à l’imitation des Grecs, pour defigner cette mer, bien que ce, ncfoit pas fans quelque alteration, que l’infléxion particuliere de chaque langue y a aporte. Cai les Italiens l’ont nommée Arcipelago, les Efpagnols Archipclago, & les Flamands avec les François Archipel, bien que ces derniers l’aient auflï nommée Ar chip dague. Les îles qui y font fitüées font auflî apellées par les Italiens ifole di Arcipelago. Les Turcs nomment cette mer Ac Denghiz>, ou^r Dings, c’eft-à-dire Mer flanche, comme les Grecs d’aujourd’hui l’apellent, dans le même fens , Afpra Thalajfa , pour la diftinguer de la Mer Ivoire, que les Turcs expriment parles mots de Car a Denghiz,, ou Cara Dings , & les Grecs par ceux de Marna Thalajfa , qui lignifient la même chofe. 11 eft cependant à remarquer, que parce que la mer Ægée,ou Y Archipel, fe communique par lé moien de Y Helle [pont (qu’on nomme à prefent Braccio di S. G corgio) & par les détroits des Dardanelles & de Galhpoli, à la mer de Marmara, & que l’eau de cette dernierc eft blanche, de même que celle de la mer aÆgée ou de Y Archipel, Briet & quelques autres Géographes, ont pris de-là ocafion d’étendre les bornes de celle-ci jufqu’au canal & à la ville](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b30451966_0026.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)


