Description exacte des isles de l'Archipel, et de quelques autres adjacentes; dont les principales sont Chypre, Rhodes, Candie, Samos, Chio ... / Traduite du flamand d'O. Dapper.
- Olfert Dapper
- Date:
- 1703
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Credit: Description exacte des isles de l'Archipel, et de quelques autres adjacentes; dont les principales sont Chypre, Rhodes, Candie, Samos, Chio ... / Traduite du flamand d'O. Dapper. Source: Wellcome Collection.
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![Origtn. Etymologies de fes noms. miers emploient quelquefois le mot de Cyprès) les Italiens Cipro & les François Cypre ; les Arabes la nomment Cupris & la plupart des Turcs Kibris. ■ Ifidore & 1 Honorius prétendent qu’elle ait reçu ce nom d’une grande & ancienne ville 2De4nmnd. qu’i! Y avoit autrcfois ? Quelques autres 5 veulent qu’elle en foit redevable à la Déefle Venus, imagin. adorée fous celui de Cypris par fes anciens habitans 4 D’autres foutiennent qu’on en doit ^nTiox. raporter l’origine à la fille de Cinyras, premier Roi de cette île, apellée Cyprus, que quel- 4 Euftâth. in ques Autcursont pris mal à propos pour un fils de ce Prince j car c’eft un nom Phe'nicien ou YlnSymob-HebrCL1 T]i n’cft jamais donné qu’aux femmes, comme il paroît de ce que la femme d’A- gie. 7 ’ grippa 5 me're du Roi Herodes, s’apelloit Cyprus. 5 On pourroit dire avec plus de vrai- Pom’ femblance, quelle fût ainfi apellée à caufe de la grande quantité' de cuivre que fes premiers habitans y trouvèrent, puifque c’eft dans ce même fens qu’elle fût nommee çy£rofa, du mot Latin cJLs qui lignifie du cuivre de même que Cuprum, plûtôt qu’à caufe desCiprez qu’elle produit ; car ce que les Grecs apelloient n’eft pas le Ciprés , mais un ar- briffeau qui poulie une fleur fort-odoriferante, qui y croît copieufement,& qui ae'te'detout tems en ufage par tout l’Orient, à caufe d’une huile ou d’un onguent qu’on en prépare apellé 6 Euftath. in Cyprinum ou Cyprium ; 6 de forte que l’ïle pourroit bien avoir pris fon nom de cét arbriffeau, Piony!. s»j[x n'y avoit plus d’aparence que c’eft l’arbrifleau qui le tient de l’île. Elle avoit eu auparavant plufieurs autres noms fuivant le fentiment de Pline & de Stepha- nus, qui raportent qu’elle avoit été apellée Cryptos, Acamantis, Ceraflia ou Ceraftis, Afpe- lia, Amathufia, Mac ma., Coll mu, Meioms, Sphecea, Paphos ou Paphia, Salaminta, Ccrauma, Cytherea, Citiea ou Citium, Ophiufa ou Ophioàes, Aéria & Cmyrea, qui font la plupart de noms qu’elle avoit emprunté de fes principales villes, comme on le’ montrera quand on en fera la defeription. Elle avoit été apellée Sphecea des Sphécèens fes anciens habitans, & Maestria, c’eft-à- direheureufeou fortunée, à caufe de la fertilité de fon terroir, delà beauté de fes campa¬ gnes 5c de fes grandes richefies. Les Grecs 1 ont nommee Kgv»-rW, c’eft-à-dire cachée, parce qu elle a ete fouventcachée fous les flots de la mer, fuivant le témoignage de Stephanus. Lyœplnoir 7 ^eraf^ ou Ceraflia,z eft-a-dire cornue , a caufe qu’on a crû qu’elle étoit anciennement habitée par des hommes cornus, d’où fes Infulaires font apellez Cerajles dans Ovide, ou plûtôt à caufe que fes côtes forment un grand nombre de Caps apellez en Grec *i(*& , parce qu ils avancent comme des cornes dans la mer. Us l’ont aufti apellée Ophiufa ou Ophiodes, du mot Grec *<f qui lignifie unferpent, à caufe qu’elle en fourmilloir autrefois, & c’eft de là qu elle eft apellee dans Ovide la contrée Ophiufique. Il ne faut pas pourtant omettre le fentiment de ceux qui ont cru qu elle avoit ete ainli nommée à caufe qu’elle étoit ancienne¬ ment habitée par des hommes engendrez des ferpents, que les Grecs apelloient etptoY& qui étoient à l’épreuve du poifon. » Pline en raporte un exemple en la perfonne ÜExagon Ambafladeur à Rome pour les Cypriens en ces termes. Il y a, dit-il, des hommes dont les corps font utiles en toutes leurs parties, comme ceux des Mar [es, des Pfiles & des Ophiogc- nes de l île de Cypre, epui engourdirent les fer pens çf foui agent ceux qui en font mordus en touchant & enfuçant fortement leur plaie. Ce qui arriva à Rome h cette ocafion ejl quelque chofedc furprenant. Un Cyprien apellé Exagon, aiant été jetté dans un tonneau plein de fer- pens,pour éprouver fi ce qu’on en publioit étoit véritable, on aperçût que ces animaux, bien loin de lui faire aucun mal, le venaient lécher tout alentour au grand étonnement de tout le monde. Elle fût enfuite apellee j uflimana secunda par l’Empereur Juftinicn en faveur de fa femme Théo- dora qui en étoit native. fffif Elle avoit confacrée à la Déefle Venus par les anciens Grecs, à caufe des richeflcs im- 9 Lib. ^-menfes qu’elle contenoit, comme le raporte » Lucius Anneus, ou plûtôt à caufe de la fer¬ tilité extraordinaire de fon terroir, comme quelques autres veulent $ car c’étoit la coûtume des Grecs de confacrer à Venus tout ce qui avoit le don de produire & de multiplier abondan- ment. Elle pourroit encore lui avoir été confacrée fur l’opinion qu’on avoit que c’étoit le lieu de a naiflance, & c eft pour cela que cette Déefle eft apellée dans Homère & dans Euri¬ pide Cypris , Cyprogenea & Cyprogenis, c’cft-à-dire native de Cypre ; ou parce qu’on a crû quecefut le premier pais où elle prit ferre après fa naiflance. Caries Poètes ont feint que cette Deeffe aiant ete formée au milieu des flots, de l’écume de la mer & du fane des eéni- 1.,,. --r ni_ i • , , & c> elle Cy“ si - --incuica ia îccuicm, l’habillèrent cc atiancreut magnifiquement, comme le raconte Homère dans 1 hymne qu’il a compofé a a oüangc de Venus. C eft en vûë de cette confecration qu’elle eft appcllée dans un Ora¬ cle S Llb. 28. c. 3, C-9](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b30451966_0042.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)


