Dictionnaire de médecine et de thérapeutique médicale et chirurgicale : comprenant le résumé de toute la médecine et de toute la chirurgie, les indications thérapeutiques de chaque maladie, la médecine opératoire, les accouchements, l’oculistique, l’odontechnie, l’électrisation, la matière médicale, les eaux minérales et un formulaire spécial pour chaque maladie / par E. Bouchut et Armand Despres.
- Eugène Bouchut
- Date:
- 1873
Licence: Public Domain Mark
Credit: Dictionnaire de médecine et de thérapeutique médicale et chirurgicale : comprenant le résumé de toute la médecine et de toute la chirurgie, les indications thérapeutiques de chaque maladie, la médecine opératoire, les accouchements, l’oculistique, l’odontechnie, l’électrisation, la matière médicale, les eaux minérales et un formulaire spécial pour chaque maladie / par E. Bouchut et Armand Despres. Source: Wellcome Collection.
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![L'hérédité du goitre est fatalo lorsque le péro et la mère sont atteints de goîlre. Le goitre endémique développé chez de jeunes enfants cause le crétinisme. Le goitre endémique se montre dans les vallées humides de la Suisse, de l'Auvergne, de l'Inde, ou de quelques provinces anglaises, et est moins fréquent chez l'homme que chez la femme. La goitre existe sous forme d'une tumeur molle située sur la partie moyenne du cou, s'élevant avec la trachée pendant les mouvements de la déglutition. Il se développe lentement ou rapidement. La tumeur acquiert un volume variable, depuis la tête d'un enfant jusqu'à celui d'une petite citrouille. Quelque soit le volume de la tumeur, elle ne cause pas l'altération de la peau, elle est molle, élas- tique, on y sent quelques lobules, mais elle est toujours régulière ou à peu près. On y perçoit souvent une fausse fluctuation. Ce n'est que quand la tumeur est très-volumineuse qu'on voit des veines variqueuses ramper au devant de la tumeur. Le goitre peut diminuer dans les temps secs ou rester stationnaire et ne produire aucun accident. Il guérit par- fois spontanément, d'autres fois il s'enflamme, suppure, et la guérison est exceptionnellement le résultat de celte complication (J. L. Petit, Heister). Le goitre peut être le siège de transformations diverses; on peut y trouver des plaques crétacées, des kystes et des dilatations vasculaires (Sacchi). Les troubles causés par la présence du goitre sont une gêne de la voix qui est rauque (P. Frank) ; des douleurs assez vives peuvent exister, et dans les cas où la tumeur s'est développée rapidement, il y a de l'exophthalmie, des épistaxis, des étourdissements et des battements de cœur (Parry, Flajani, Graves). V. GoiîRE exophthalmique. Lorsqu'un goitre croit d'un seul coup rapidement après être resté longtemps stationnaire, il y a eu apoplexie du corps thyroïde ou hémorrhagie interstitielle. Il y a des hypertrophies du corps thyroïde qui se déve- loppent en longueur, forment une tumeur sous la four- chette sternale et compriment la trachée. On les appelle goitre en dedans (Fodéré). Thérapeutique. — Contre le goitre, il faut prescrire : l'habitation dans un pays sec, —^les bains salés et les bains de mer. Le goitre endémique ne peut être guéri que par le changement de pays, — Vioûe à l'intérieur (Odier), l'ali- mentation iodée, ïiodure de potassium ou le voisinage de la mer. Les traitements locaux institués contre la tumeur sont en général peu efficaces. Cependant on peut essayer les sachets de mousseline remplis d'épongestorréfiées. Les sachets d'iodure de potassium, 10 grammes, et de .sel ammoniac, 80 grammes. (Breslau). Les sachets de sel ammoniac, de sel commun et à'épon- gps calcinées à parties égales. C'est le collier de Morand. Les sachets d'iode en poudre, 50 centigrammes de sel ammoniac, 25 centigrammes de brome, et 10 gra.mnies d'amidon en poudre. (Boinet). Ces sachets doivent être renouvelés tous les mois. Les traitements chirurgicaux sont dangereux et inutiles puisque par le changement de lieu on peut souvent guérir le goitre accidentel. La compression de la tumeur avec une bande de cioiil- chouc ou avec un collier de coutil lacé ne peut être effi- cace, car elle aplatit les voies aériennes. Son usage sera rejeté. On a eu recours aux vesicatoires répétés (B. Bell, A. Burns). Ce moyen est rationnel. Ou a cautérisé le goitre rebelle à tous les autres moyens avec le fer rouge (Gelse, Dionis, Sabalier, Turner, Bonnet de Lyon). On cautérise la partie superficielle de la tumeur avec de la pâte de Vienne, puis on place tous les jours, sur la plaie produite par la première eschare, des rondelles de pâte au chlorure de zinc (Bonnet). La cautérisation en flèche serait plus expéditive. I^ cautérisation avec un séton caustique est encore meilleure, on traverse la tumeur avec une la- melle de pâte au chlorure de zinc (Bonnet, 1850) ; mais, en général, la cautérisation du corps thyroïde a des dan- gers, entre autres le phlegmon diffus du cou. On peut faire suppurer la tumeur en y passant un séton (Monro, Richter, Fodéré, Quadri). Ce procédé a des dangers à cause de l'inflammation violente qui est pro- dui te. La ligature des artères (Walther, Coates) a été employée, mais c'était pour des goitres vasculaires. V. ce mot. L'extirpation de la glande thyroïde (Albucasis) a été tentée environ vingt fois depuis cent ans, et il y a eu sept morts rapides ((iooch, Desault, Graefe, Brun, Dupuyiren, Roux). Comme dans ces opérations on n'avait pas enlevé toute la thyroïde, ainsi qu'on pouvait le supposer à priori (Sédillot), ce procédé opératoire doit être proscrit pour le goitre. On a proposé la ligature en masse de la tumeur. Tentée avec des succès douteux(Moreau, Brunnighausen, Mayor, Malle), cette opération est également abandonnée. — La ligature sous-cutanée de Mayor, Balsard et Rigal, rie doit être considérée que comme un témoignage de l'ingé- niosité des chirurgiens. FORMULAIRE DE l'HYPERTROPHIE DE LA GLANDE THYROÏDE. Préparations à prendre si l'intérieur. Pilules de protoiodure de mercure, de 25 milligrammes. A prendre une ou deux par jour \±\. Pilules de protoiodure de fer, de 5 centigrammes. A prendre deux par jour [+1. Sulfure de chaux. A prendre 25 à 30 centigrammes par jour □. (Stoll, Selle.) Stryc/tnine. A prendre 2 milligrammes; trois fois par jour □. (Murney.) Poudred'or. .\prendre 10 milligrammes à 10 et 20 cen- tigrammes par jour E]. Oxyde d'or, associé à l'extrait de garou, 30 centigram. pour 8 grammes, en soixante pilules, une, à huit par jour E). (Chrestien.) Chlorure d'or et de sodium, 2 à 10 milligrammes par jourQ. (Chrestien.) Tisanes iodurées et sirop ioduré, à la dose de 30 gram. par jour. Vin iodé, 30 à-60 grammes par jour. V, ALTÉRANT.>et Scrofule. lodure de potassium, 50 centigrammes à 1 gramme par jour [+].](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b21713819_1415.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)