Dictionnaire de médecine et de thérapeutique médicale et chirurgicale : comprenant le résumé de toute la médecine et de toute la chirurgie, les indications thérapeutiques de chaque maladie, la médecine opératoire, les accouchements, l’oculistique, l’odontechnie, l’électrisation, la matière médicale, les eaux minérales et un formulaire spécial pour chaque maladie / par E. Bouchut et Armand Despres.
- Eugène Bouchut
- Date:
- 1873
Licence: Public Domain Mark
Credit: Dictionnaire de médecine et de thérapeutique médicale et chirurgicale : comprenant le résumé de toute la médecine et de toute la chirurgie, les indications thérapeutiques de chaque maladie, la médecine opératoire, les accouchements, l’oculistique, l’odontechnie, l’électrisation, la matière médicale, les eaux minérales et un formulaire spécial pour chaque maladie / par E. Bouchut et Armand Despres. Source: Wellcome Collection.
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![telle qu'un cuucer des inédiastins échappent à tout traite- ment curatif. Veiues (PLAIES DES.) Les plaies des veines sont des piqûres simples, des coupures longitudinales ou transver- sales. Toutes les plaies des veines ne s'écartent pas, comme les plaies des artères, et il est ordinaire que l'hémorrhagie qui est la conséquence d'une plaie des vei- nes s'arrête d'elle-même. Cependant dans les très-grosses veines, lorsqu'une forte colonne sanguine vient presser latéralement au niveau d'une plaie longitudinale ou trans- versale du vaisseau, il y a une hémorrlingic qui ne s'ar- rête pas seule. Les accidents immédiats des plaies des veines sont l'hé- morrhagie veineuse et, pour les veines du cou, la péné- tration de l'air dans les veines (Bauchène). [V. Am, Veines {Entrée de l'air dans les)] ; les accidents consécu- tifs sont la phlébite (V. Phlébite) et l'infection purulente. V. ce mot. L'hémorrhagie veineuse est constituée par un écoule- ment régulier de sang noir, qui s'échappe de la plaie par jet ou en bavant, et qui cesse si l'on comprime la veine entre les capillaires et la plaie ; tout effort qui ralentit la circulation veineuse centrale augmente l'hémorrhagie. 11 arrive quelquefois que le sang sort par saccade et en jet : c'est lorsque la veine est soulevée par une grosse artère. Quand le sang est rutilant, cela lient à ce que le sang passe rapidement dans les veines, soit parce que les malades ont de la fièvre, soit parce que les canaux de déviation qui font anastomoser les veinules et les artérioles sont dilatés (Sucquet). Lorsqu'une veine est blessée dans un point qui ne cor- respond plus à la plaie cutanée, au travers de laquelle la veine a été atteinte, le sang s'accumule dans le tissu cel- lulaire et produit ce que l'on appelle un thrombus. V. ce mot. Les plaies des grosses veines par arrachement causent des hémorrhagies secondaires, parce que ces vaisseaux sont moins rétractiles que les artères. Les plaies contuses des veines donnent des hémorrhagies consécutives lorsque l'eschare de la veine causée par la contusion vient à se détacher. Les corps étrangers introduits dans les veines restent le plus souvent dans la veine, y causent une phlébite adhésivB et s'enkystent, mais il est rare qu'ils soient portés dans le torrent de la circulation. Les piqûres des veines qui sont produites par des in- struments piquants et tranchants se comportent comme les coupures ; les petites piqûres produisent peu d'accidents, il y a seulement un petit thrombus limité (V. Saignée). Si la plaie de la veine est un peu grande, et s'il n'y a pas de parallélisme entre la plaie cutanée et la plaie veineuse, il y a une ecchymose, un thrombus ou hémorrhagie sous- cutanée. V. Veines {Rupture sous-cutanée des). Thérapeutique. — Tout le traitement des plaies des veines consiste à prévenir l'entrée de l'air dans les veines (V. ces mots), à arrêter l'hémorrhagie et à prévenir la phlébite. Pour arrêter l'hémorrhagie, on tiendra fermée la plaie de la veine, par la position, en plaçant pour les membres par exemple l'avant-bras dans la flexion si les veines du pli du coude ont été blessées; en inclinant la tête du côté blessé, s'il y a une plaie des veines du cou. Les plaies des grosses veines même peuvent guérir par ce moyen. Pour toutes les plaies des veines superficielles, quelle que soit ' leur grosseur, la compression a toujours rendu de vér ita- bles services. On se sert de rondelles d'amadou superpo- sées et maintenues par une bande roulée. Si une veine est ouverte dans une vaste plaie, on fera la compression dans la plaie même. Si après la réunion de la plaie on croit pouvoir appliquer une bande qui serre bien, on réunira par première intention. La suture est déjà un moyen de compression énergique. Il ne faut jamais poser de ligature sur les veines, à moins qu'il ne s'agisse de très-grosses veines et que la compression soit impossible. Les veines viscérales, les veines porte et cave, les veines pulmonaires, les troncs veineux brachio-céphaliques, échappent à nos moyens d'action. Une hémorrhagie mortelle a lieu après une bles- sure un peu étendue de ces vaisseaux. La ligature des veines a été faite avec succès par V. Moll, Stevens, Gibson, Morgan, Gély, Sédillot, A. Mott, pour les veines du cou; Larrey, pour la veine sous-clavière; Coste, de Marseille, pour la veine axillaire ; Larrey, Roux, A. Després, pour la veine crurale; mais pour cette der- nière opération, trois fois sur quatre il y a eu mort par hémorrhagie à la suite de la ligature. La ligature des veines doit porter entre la plaie de la veine et les capillaires, mais il est plus naturel de poser deux ligatures : une au dessus et une au-dessous de la plaie veineuse. La ligature latérale (Travers, Guthrie), qui consiste à passer un ténaculum qui embrasse les deux lèvres de la plaie et à passer une ligature qui serre seulement une portion du vaisseau, est une opération qui a donné bien des mécomptes de nos jours. Pour quatre cas favorables à la méthode (Pjlandin, A. Bérard, Richet, Langenbeck), on ne compte plus les morts par hémorrhagie ou par phlébite suppurée qui ont suivi la ligature latérale des veines. Règle générale : même dans les cas désespérés, la com- pression, le tamponnement de la plaie, la compression digitale dans la plaie, la compression mécanique à la fois sur la veine et l'artère valent mieux que les ligatures. Si l'on avait fait une ligature sur la veine principale d'un membre, et si les hémorrhagies se répétaient et mettaient en danger la vie d'un malade, on serait autorisé à recourir comme dernière ressource à la ligature de l'ar- tère principale du membre. On préviendra la phlébite après les plaies des veines en pansant les plaies à l'eau froide, en les lavant tous les jours avec l'eau et l'eau-de-vie camphrée. La compression des membres est un excellent moyen pour favoriser le retour du sang par les collatérales et prévenir les phlé- bites, mais il faut pour cela que ce ne soit pas la veine principale du membre qui ait été blessée, car alors la cir- culation collatérale se fait par l'intermédiaire des veines sous-cutanées. La cautérisation des plaies des petites veines est une bonne pratique. Veines (RUPTURË SOUS-CUTANÉE DEs). Les ruptures sous-cutanées des veines ont lieu dans deux conditions, ou bien à la suite de contusions qui coupent des veines pres- sées entre le corps contondant et les os, .ou bien à la suite de ruptures spontanées des veines variqueuses. Dans la rupture sous-cutanée des veines, un épanche- ment de sang s'accumule sous la peail, s'étend à tout un membre quelquefois, et colore la peau en bleu violet dans une grande étendue. Lorsqu'il y a eu contusion, les malades souffrent de leur contusion ; lorsqu'il y a rupture spontanée, les ma- lades éprouvent une douleur brusque qui cesse peu à peu.](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b21713819_1493.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)