Dictionnaire de médecine et de thérapeutique médicale et chirurgicale : comprenant le résumé de toute la médecine et de toute la chirurgie, les indications thérapeutiques de chaque maladie, la médecine opératoire, les accouchements, l’oculistique, l’odontechnie, l’électrisation, la matière médicale, les eaux minérales et un formulaire spécial pour chaque maladie / par E. Bouchut et Armand Despres.
- Eugène Bouchut
- Date:
- 1873
Licence: Public Domain Mark
Credit: Dictionnaire de médecine et de thérapeutique médicale et chirurgicale : comprenant le résumé de toute la médecine et de toute la chirurgie, les indications thérapeutiques de chaque maladie, la médecine opératoire, les accouchements, l’oculistique, l’odontechnie, l’électrisation, la matière médicale, les eaux minérales et un formulaire spécial pour chaque maladie / par E. Bouchut et Armand Despres. Source: Wellcome Collection.
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![ataplasmes arrosés d'eau l)lanche, et les malades gardc- ■ont repos absolu en évitant tout effort. 2° Contusion profonde. — Bien qu'on ne puisse toujours 'xpliquer par une lésion matérielle certains cas de mort à a .-■uite de frôlement du ventre par un boulet ou tout autre >.orps contondant mû avec rapidité, il n'est pas moins ccr- ain que dans ces cas on trouve souvent des épanchements le sang dans l'abdomen et des ruptures des viscères. Le foie, la rate, le mésentère, les intestins déchirés par jne contusion profonde de l'abdomen, fournissent un épan- îhement de sang dans le péritoine, qui se traduit par des iouleurs abdominales vagues et souvent par une difficulté J'uriner. La déchirure du foie cl celle de la rate sont très-diffi- îiles à diagnostiquer, car les signes de l'hémorrhagie lente, à laquelle ils donnent lieu, sont généralement très-peu marqués. Thérapeutique. — Lorsqu'une personne a reçu un coup sur l'abdomen ou sur la partie inférieure du thorax, qu'il y ait ou non fracture de côtes, vous prescrirez l'applica- tion de sangsues, de ventouses, sur le point douloureux. Si vous constatez des douleurs abdominales et une légère dysurie, des cataplasmes arrosés d'eau blanclie seront main- tenus en permanence sm-l'abdomen pendant trois jours ; un lavement laxatif, avec kO grammes de miel de mercuriale, entretiendra dès le premier jour la liberté du ventre, les lavements émollients seront ensuite suffisants ; si les selles n'avaient point lieu, vous purgeriez avec 30 grammes d'huile de ricin. .tiHioiiioii (Pla]es de l'). 1 Plaies non pénétrantes produites par des instruments 'piquants ou tranchants et contondants. Les plaies non pé- nétrantes de l'abdomen intéressent la peau seule, la cou- che musculaire ouïes aponévroses. Dans les plaies un peu profondes, il se produit souvent une hémorriiagie facile à ari'êter, due à la section de l'une des trois artères de la paroi abdominale (la sous-cutanée abdominale, l'épigas- trique et une branche de la circonflexe iliaque). V. Plaies. Jamais une plaie de l'abdomen ne doit être sondée, l'exploration avec le doigt est la seule qu'il faille se per- mettre. Thérapeutique.—Lesplaies par instrument piquantet les plaies par instrument tranchant peu étendues doivent être pansées avec un cataplasme dès le premier jour, puis par des agglutinatifs à partir du quatrième jour. Les plaies par instrument tranchant, et qui sont nettes, sans contusions, seront réunies par des bandelettes agglu- tinatives, ou par une suture métallique ou entortillée. Si les muscles ont été coupés, on les comprendra dans la suture; dans ce cas la suture enchevillée est plus avantageuse. La position donnée au malade sera telle, que la peau et les muscles soient dans le relâchement, les cuisses fléchies et soutenues par un coussin, et la tête relevée par un oreiller. Lesplaies par instrument contondant seront bien lavées avec de l'eau tiède, on pourra les panser à l'eau froide, mais mieux avec un cataplasme. Dès que les parties mor- tifiées seront éliminées et que la plaie bourgeonnera, on pansera simplement avec le linge troué enduit de cérat et la charpie; en cas de besoin, la plaie sera nettoyée avec de la glycérine ou de l'eau tiède. Les malades doivent observer le repos, ne pas fléchir le tronc ; un régime végétal, des boissons délayantes seront prescrits. Les plaies non pénétrantes de l'abdomen, après leur cicatrisation, constituent un point faible delà paroi abdo- minale, ovi il peut naître une hernie. 11 sera bon pour pré- venir ce résultat de faire porter un bandage de corps ou une ceinture pendant un certain temps, afin de laisser la cicatrice acquérir une force de résistance suffisante. Ces précautions seront d'autant plus importantes à observer que la plaie aura plus d'étendue. Les plaies par instrument piquant peuvent être suivies de phlegmon diffus et circonscrit, d'érysipèle, non pas tant à cause de la piqûre des aponévroses qu'en raison du manque de soin. Un traitement antiphlogistique dès le dé- but doit être rigoureusement établi dès que paraissent des complications inflammatoires. Les plaies par instrument tranchant sont souvent com- pliquées d'issue de pelotons graisseux qui quelquefois font croire à une plaie pénétrante de l'abdomen avec issue de l'épiploon, mais le doigt, introduit dans la plaie, dissipe toute incertitude. .Ces pelotons graisseux seront réséqués s'ils s'opposent à la réunion des bords de la plaie. Les plaies par instrument contondant et par armes à feu sont quelquefois compliquées d'inflammation des bords contus de la plaie, de la présence de corps étrangers : tels qu'une balle qui peut s'être creusé un canal ou une gout- tièi'e dans la paroi abdominale. Si une ])alle est logée sous la peau et facile à sentir, le corps étranger sera extrait par la plaie ou par une contre- ouverture. Les plaies où il y a une contusion avec épanchement et qui renferment un corps étranger, ne doivent pas être réunies par première intention, même après l'ablation du corps étranger, et il faiTt y maintenir en pei'manence des cataplasmes. Si une inflammation siu vient après une plaie non péné- trante de l'abdomen, on aura recours airx applications de quarante à cinquante sangsues, et l'on ouvrira de bonne heure les abcès qui pourraient se former. La péritonite survient quelquefois après une plaie non pénétrante de l'abdomen, soit parce que les tissus ont été coupés jusqu'au péritoine, soit parce que la cause qui a déterminé la plaie a en même temps agi sur les viscères contenus dans cette cavité séreuse. On la traitera par les m.oyens appropriés. 2 Plaies pénétrantes de l'abdomen. Les plaies pé- nétrantes de l'abdomen sont produites par des instru- ments fiiquants, tranchants et contondants, ou par des projectiles lancés par la poudre. L'ouverture du ventre par les cornes des ruminants est une espèce de plaie pénétrante de l'abdomen qui se com- porte presque comme les plaies par instrument tran- chant. Si la plaie est petite et s'il n'y a pas de hernie des vis- cères, le diagnostic ne peut être porté que grâce à la con- naissance de l'instrument qui a fait la blessure, de la pro- fondeur à laquelle il est entré, de la quantité de sang perdu, et en faisant attention si dans les liquides versés par la plaie, il n'y a pas de matières alimentaires à moitié digérées, du chyme, de la bile, des matières fécales ou de l'urine. Ce n'est qu'avec la plus grande prudence que la supposition d'une plaie pénétrante étant admise, on devra recourir à l'exploration avec une sonde de femme, les stylets et sondes cannelées étant sévèrement proscrits. Dans tous les cas où le doigt peut être introduit dans la plaie, ce procédé d'exploration devra être préféré, et l'on devra toujours placer le malade dans la position où il était lorsqu'il a été blessé, afin de pouvoir plus facilement](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b21713819_0065.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)