Licence: Public Domain Mark
Credit: Pierre Pena et Mathias de Lobel / Ludovic Legré. Source: Wellcome Collection.
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No text description is available for this image![Quelles sont au juste les raisons qui les décidèrent à éinigrer en Angleterre? Il est vraisemblable d'admettre qu'ayant, dès celte époque, conçu l'idée de leur ouvrage botanique, l'avant même, suivant toute probabilité, en grande partie réalisée, ils résolurent d'aller publier ce livre en Angleterre où, sous le sceptre d'Elisabeth, régnait une paix profonde, tandis que la France était tou- jours sous le coup de la guerre civile (1). Ils comp- taient peut-être obtenir la protection, — et aussi des guenots et catholiques : « ad Druidum urbeculam, quô loci reli- gionis ergo commissum fuit funeste et eruentum prselium ». (P. 342.) Comme Dreux et Chartres sont peu éloignés de Paris, nous supposons que Pena y était venu seul pendant qu'il était étudiant dans la grande ville. (1) Dans une des préfaces du Slirpium Adversctriu adressée, sous forme d'épître-dédicatoire, aux professeurs de Montpellier, et précisément à l'endroit où ils y parlent de leur départ pour l'Angleterre, ils glissent ce membre de phrase : « veriti commu- ncm biennio post sequiitam nanfragam Icmpcslatem... » Bien qu'il soit difficile de savoir exactement à quoi se rapporte cette ligne, elle paraît cependant viser les trouilles dont Montpellier était alors menacé. Les deux années du séjour de Pena et Lobel dans cette ville avaient été particulièrement paisibles. L'histo- rien de Montpellier, Charles de Grefcuille, le constate en ces termes : « Le 31 de décembre [1564], c'est à dire le quinzième jour après son arrivée, le Roi [Charles IX] partit pour Toulouse, Bor- deaux et Bayonne. Nos habitans furent si contens du séjour qu'il avoit fait dans leur ville qu'ils vécurent tous de bonne-intelli- gence durant les années 1565 et 1566. Chacun exerçoit tranquil- lement sa religion... » - Mais cette « bonne-intelligence » n'était qu'apparente. Les troubles éclatèrent avec la dernière violence dès l'année suivante (1567) « où Ton fit courir le bruit à Mont- pellier que le Roi vouloit souscrire au Concile de Trente, et qu'il alloit défendre l'exercice de la nouvelle religion. » Les réformés se rendirent maîtres de la ville et la couvrirent de ruines. L'évèque Guillaume Pelissier, — ce prélat savant et libéral que la botanique intéressait si fort et qui, malgré le dissentiment des croyances, fut l'ami personnel de Rondelet, — eut la douleur de voir démolir par les huguenots son palais épiscopal et la plupart des églises de Montpellier. — C'est sans doute à ces tristes évé- nements, déjà pressentis, que faisait allusion la phrase citée plus haut. 2](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b21782064_0035.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)