Étude de physiologie expérimentale : de la conicine / par A.-L.-Edmond Casaubon.
- Casaubon, A.L. Edmond.
- Date:
- 1868
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Credit: Étude de physiologie expérimentale : de la conicine / par A.-L.-Edmond Casaubon. Source: Wellcome Collection.
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![et musculaire ont conservé leurs aptitudes excitatrices; ce n'est donc ni dans les poumons, ni dans le cœur, ni dans le système nervô-mus- culaire qu on doit chercher la cause première de la mort par la conicine. La trouverons-nous dans le fluide sanguin, le vivifîcateur de tous ces organes et systèmes si promptement troublés dans leurs fonctions? Ici commencent les difficultés : nous voyons bien ce qui n’est pas, mais nous ne pouvons établir expérimentalement ce qui est. Aussi, allons- nous tout simplement exposer ce que nous croyons être la marche des phénomènes; puisque les explications des expérimentateurs qui nous ont précédé ne nous en donnent pas la clef, il faut nécessairement substituer une théorie nouvelle aux leurs. Voici la nôtre : La conicine altère le sang en modifiant ses gaz; les globules, alors, notant plus porteurs d’oxygène, ne président plus aux métamorphoses intimes, et l’un des produits de l’oxydation des tissus, l’acide carbo- nique s accumule dans les vaisseaux. Cette absence d’oxvgènc et cet excès d’acide carbonique dans les capillaires du tissu musculaire et des centres nerveux, apportent un obstacle à l’action du svstème ner- « « veux sur le système musculaire. Par suite de ce défaut d’action de l’un de ces systèmes sur l’autre, des troubles fonctionnels ont lieu finale- ment du côté des organes, et lorsque ces troubles atteignent le cœur, la mort survient. Il s’agit maintenant de prouver mon assertion. Afin d’y arriver, je me crois en droit de tenter tout d’abord une réfutation de l’opinion des j auteurs qui n’admettent pas dans le conicisme, aussi bien que dans le : curarisme, une altération primitive du sang. Et, comme M. C. Bernard, si justement admiré de toute la génération médicale actuelle, est le j plus influent de tous ces auteurs, c’est sur son opinion que je crois j devoir porter ma critique. M. G. Bernard, tout en posant comme loi que l’action des poisons ] qui agissent sur le système nerveux s’exerce par l’intermédiaire du sang, n’indique aucune altération de cet agent de transmission. Il examine au microscope les globules sanguins et n’y constate au- j cune déformation caractéristique; aussi rcjette-t-il une altération ana- tomique des globules; il agite au contact de l’air 20 centimètres cubes de sang avec 1/8 de centimètre cube de solution concentrée de curare,](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b2233483x_0166.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)