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Credit: Névroses et idées fixes / par Pierre Janet. Source: Wellcome Collection.
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![est étudiée communément par les aliénistes sous le nom de confu- sion mentale primitive et qui se rattaclie le plus souvent, comme nous l'avons remarqué, à des états infectieux. Cette jeune fille de 18 ans, By., a une assez bonne mine, comme vous le voyez tout d'abord; elle n'est pas amaigrie, elle a le teint frais, la langue nette; en un mot elle ne présente pas cet aspect de grave maladie organique qui caractérisait la malade précédente. Ajoutons que sa température, son pouls, sa respiration, sont normaux, que la malade mange fort bien la nourriture qu'on lui présente, qu'elle digère bien et que moyennant quelques précau- tions elle ne gâte pas, enfin qu'elle dort, peu il est vrai, mais régulièrement, quelques heures par nuit, en un mot point de troubles organiques notables. Cependant cette jeune fille se rap- proche de la malade précédente par son aspect hébété et abruti : elle regarde vaguement devant elle et ne paraît pas se rendre compte de l'endroit où elle se trouve. Tantôt elle reste ainsi toute la journée immobile sur sa chaise, tantôt elle se lève, marche au hasard, donne des coups de pied aux meubles, ou même aux per- sonnes. Quand on l'interroge elle ne répond rien, ou bien elle nous dit des phrases incohérentes, analogues h celles qu'elle murmure en ce moment, écoutez-la : La mal.\i)k : « Le roi... la dame, la lettre, j'ai peur de la lettre et du valet... je ne sais plus où j'ai trouvé la lettre... j'ai passé l'eau, la teire, la tour Eiffel, tout l'univers... la lettre apostrophe aujourd'hui c'est ma mère... etc. » Depuis (juelques jours elle répète des phrases comme cela, toute la journée et toute la nuit. Dans d'autres périodes, elle va garder le silence et rester stupide toute la journée. De quoi s'agit-il ? Le premier venu dira que cette malade délire, et, nous autres médecins, nous ne savons guère dire autre chose : « C'est un délire ». M. Jules Falret avait bien raison quand il répétait dans ses leçons, ([n'en fait de médecine mentale nous en étions presque toujours réduits à des diagnostics d'infir- mières. Faisons du moins notre examen en infirmiers consciencieux et tachons de savoir un peu ce qui a précédé cet (Hat. Le père de cette jeune fille, un peu nerveux peut-être, ne présente aucune tare et sa famille est normale. Mais sa mère était alcoolique au der- nier point, elle était nuirchande de vins et son mari affirme qu'elle était continuellement en état d'ivresse. Pendant la grossesse en particulier et pendant Tallaitement elle n'a ])as désaoulé, l'dle est](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b21942201_0002_0023.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)