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Credit: Névroses et idées fixes / par Pierre Janet. Source: Wellcome Collection.
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![rations curieuses de la mémoire se rapprochant beaucoup de l'amnésie continue, cet oubli continuel des choses récentes', en une diminution considérable de la volonté et de l'attention. Ces divers symptômes fondamentaux constituent les signes de la fai- blesse mentale des slii>/nates de psjjchasthéiiie. i^lnfin, d'autres symptômes pouvaient être considérés comme postérieurs à l'idée fixe, comme la conséquence de cette idée ; ce sont, en premier lieu, des actes, des paroles, des délires et aussi de nouveaux troubles de la sensibilité, de l'attention et de la mé- moire, qui se surajoutaient aux premiers. Si nous faisions une étude complète des idées fixes, il faudrait étudier séparément ces trois groupes de sijmptôines, distinguer soigneusement ce qui est un stigmate primitif, une simple mani- festation de la faiblesse cérébrale (jui va servir de terrain favorable au développement exagéré d'une idée, ce qui est une idée fixe accidentelle, et ce qui est une conséquence de l'idée fixe. Un même phénomène comme le doute, par exemple, peut, suivant la façon dont il se présente, être simplement un stigmate, constituer une idée fixe ou dépendre d'un trouble d'attention consécutif à l'idée fixe ^. Ces distinctions ne sont pas, à mon avis, sans impor- tance. Il faudrait aussi étudier le phénomène des idées fixes en lui- même et constater les variétés qu'il représente, suivant que l'idée est complète et se développe jusqu'à riiallucination, ou qu'elle est incomplète et se réduit le plus souvent à l'obsession verbale, suivant que l'idée est primitive ou qu'elle est secondaire et dérive de la première, comme l'idée de remords dans le cas présent déri- vait de l'idée amoureuse, suivant que l'idée est acceptée par le sujet qui croit à la l éalité extérieure ou qu'elle est repoussée par le malade qui se rend compte de son trouble mental, etc. Mais nous ne pouvons entrer dans ces questions, que nous avons 1. Voir le chapitre m. 2. J'ai déjà discuté quelques-unes de ces dislitictions dans jilusicurs articles : Étude sur un cas d'aboulie et d'idées fixes. Hevue i>]iilosophi(iue, 1891, I, 280 ; Amnésie continue. Revue générale des sciences, 1893, p. 176 ; Histoire d'une idée fixe. Revue philosop/iif/uc, février 1894, p. 121. Dans tous ces travaux, j'ai insisté sur ce point que les stigmates, l'anesthésie elle-même, peuvent être la consé- quence indirecte de l'existence d'une idée fixe, d'un état émotif persistant; mais je ne crois pas qu il en soit toujours et nécessairement ainsi. Dans d'autres cas elle sera un stigmate primitif, simple manifestation de l'cpulscmenl cérébral et du rétrécissement de la conscience.](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b21942201_0001_0240.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)