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Credit: Névroses et idées fixes / par Pierre Janet. Source: Wellcome Collection.
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![blemciil il ce moment ]);ir quelqu'une de ses rêveries, avec le rétrécissement de son champ de conscience, avec les actes sub- conscients, etc. 11 ne nous paraît pas nécessaire d'invoquer ici une autre mala- die que l'hystérie déjà constatée pour les expliquer. C'est d'ail- leurs l'opinion à laquelle se rangent plusieuis auteurs et en particulier M. Séglas à propos d'une malade qui n'est pas, à notre avis, sans analogie avec celle-ci. « Ces états catatoniques, dit-il, sont des variétés d'états mélancoliques simples ou sympto- matiques avec stupeur plus ou moins accentuée, variétés qui seraient peut-être en rapport plus étroit avec le terrain hysté- rique. » Quant aux autres symptômes mentaux, les idées fixes, l'inertie, la stupidité, les rattacherons-nous à la mélancolie. Pas précisé- ment; il nous semble que, au moins pour le moment cette malade n'est pas dans un état de profonde tristesse, elle n'a pas le visage malheureux, elle ne se plaint pas de soulTrir moralement; si vous lui parlez vous n'aurez pas de peine ;i la fiure sourire bêtement, sans qu'elle ait compris, d'ailleurs, ce que vous lui avez dit. Son état n'a pas non plus la monotonie de la mélancolie vraie ; il y a des périodes de colère, des idées de fuite, des préoccupations sur une grossesse imaginaii-e, etc. « Il est vrai que pour le mo- ment, en dehors des périodes de stupeur avec attitudes catatoni- ques, nous ne pouvons pas constater une véritable ancsthésic hystérique : la malade se retourne dès qu'on la touche, dès qu'on remue ses membres même du côté droit autrefois ancsthésié et paralysé. Quant à l'état des sens spéciaux, à l'étendue du champ visuel, vous ne serez pas surpi-is si nous renonçons à les déter- miner exactement chez une malade de ce genre. Ce qui domine maintenant, c'est le défaut de volonté, les troubles de perception, la confusion poussée de temps en temps juscpi'ii la stupeur. C'est donc un état de confusion mentale ? Oui, mais en remar- quant toujours que certains phénomènes essentiels font défaut ; point de maladie infectieuse au dé])ut, et absence des troubles somatiques caractéristiques. Ce n'est pas que les troubles soma- tiques fassent absolument défaut. La malade est obèse, elle a la figure et les mains très rouges, comme violacées, ses pieds sont 1. Scglas. Une oI)scrvalion de mélancolique calaleplique. Xouvcllc ico/io^rapliie de la Salpêlricrc, 1889. Extrait, p. 8.](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b21942201_0002_0036.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)