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Credit: Névroses et idées fixes / par Pierre Janet. Source: Wellcome Collection.
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![vomir i'X[)i'ès après chaque repas pour « n'avoir pas les ennuis d'une digestion inutile )). Mais ces pratiques absurdes prirent des proportions bien pUis graves dans ces deux dernières années grâce il l'inspiration des amants qu'elle eut le malheur de rencon- trer. On l'excita à des folies de toutes sortes, mélancfcs de débauche et de mysticisme. Pour apprécier mieux la musi([ue de Wagner et pour évoquer les sages de l'antique Egypte, il fallait, paraît-il, être complètement ivre d'absinthe et d'éther. Cette femme buvait tout ce qu'il est [)ossible de boire, mélangeant le Champagne et l'amer Picon, l'absinthe et l'éther. 11 lui arrivail de ne pas dormir pendant une semaine ou bien de rester couchée sous une table pendant huit jours. Nous n'avons pas ;i décrire les débauches variées qui venaienl s'ajouter ;i cette belle existence. Le résultat ne se fit pas attendre, Vc. eut d'abord des crises d'hystérie ([ui n'ont pas duré longtemps, puis peu à peu elle perdit la mémoire, devint ahurie, ne put plus comprendre ce qu'on lui disait et tomba dans un état analogue à celui où vous la o voyez maintenant, (l'est à ce moment qu'on l'amena ici il y a déjà près d'un an dans le service de Charcot où l'un de nous put déjà l'examiner à cette époque. Son état de stupeur profonde était compliqué par quelques phé- nomènes convulsifs. Elle avait des secousses des membres, des spasmes, comme des débuts d'une attaque hystérique qui restait toujours incomplète. Quand elle essayait de parler, elle avait au visage une foule de tics bizarres, tirait la langue, fermait brusque- ment les yeux, grimaçait de mille manières. Son état de stupeur, précédé d'une période pendant la(|uelle l'amnésie continue avait été bien caractéristique, sendjlait dépendre de deux facteurs. D'un côté, l'influence de l'alcoolisme était indé- niable et son amnésie, sa confusion ressemblaient tout à fait aux psychoses polynévritiques, quoique, il est essentiel de le remar- quer, il n'y eût jamais de paralysies véritables. De l'autre, les mouvements convulsifs, les tics, l'exagc-ration même de la stupeur ressemblant ;i une sorte de sommeil semblaient dépendre de l'hys- térie. Quoi qu'il eu soit, elle resta trois semaines dans cet état, nourrie presque toujours à la sonde, presque exclusivement de lait, purg(''e à plusieurs reprises. La conscience revint complète ainsi (]ue la mémoire; la malade nous l'aconla sa vie, ses folies, le ti'ouble qu'elle avait ressenti dans la tète et ne conserva qu'un souvenir](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b21942201_0002_0039.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)