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Credit: Névroses et idées fixes / par Pierre Janet. Source: Wellcome Collection.
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![plus compli'lonKMit d'agir. Elle renonça peu à peu à toute occupa- tion, disant au début: « je ne puis pas, cela me l'end la tète », puis sans aucune explication. Pendant des mois entiers, il est presque impossible de la faire lever de sa chaise, de lui faire accomplir les actes les plus simples. Elle reste à peu près immo- bile et cependant elle ne s'endort pas, la nuit même elle dort très peu et très mal, elle garde les yeux ouverts et sa physionomie indique constamment le rêve, la préoccupation. Il est difTieile d'apprécier pendant cet état ses fonctions céré- brales, dans un examen forcément rapide. Nous nous sommes sur- tout préoccupés de la sensibilité qui semble être restée à peu près normale, à la condition, bien entendu, que Ton ne confonde pas, comme on le fait trop souvent, les sensations et les perceptions. Chez ces malades abouliques les perceptions sont presque toujours extrêmement altérées ' et dans le cas présent cette altération est des plus nettes, la malade ne comprendplus la lecture, quelquefois ne reconnaît pas bien les objets, ou même ne comprend plus les ])aroles tout en continuant à les entendre. En disant que la sen- sibilité est conservée, nous disons seulement que Ton n'observe ni sur les téguments, ni dans les sens spéciaux, ni dans les vis- cères des anesthésies précises analogues à celles de certaines hystériques. Les sensations élémentaires existent dans la con- science, il est facile de s'en assurer et il nous semble que ce serait une confusion dans le langage que d'appeler anesthésie un trouble de la perception extérieure, de la synthèse et de l'association des sensations et des images. Nous n'osons pas parler de l'état de la mémoire chez une nudade aussi diiricllc ii interroger, elle doit être en ce moment très altérée, quoique pendant certaines périodes les souvenirs puissent réapparaître d'une façon complète. Il y a en effet des modifications qui surviennent et qui trans- forment de deux façons différentes cet état de somnolence. En premier lieu de temps en temps, cet état est interrompu par une période courte de grande agitation, la malade cric, menace, veut frapper et surtout veut se tuer. En second lieu, de temps en temps également mais bien plus rarement, Ba. semble se réveiller, reprend conscience pour un moment, se remue, s'occupe un peu et surtout parle un peu, se moque de ses craintes précédentes. 1. Voir à ce propos clans le premier volume de ccl ouvrage « les i>ercc])(ions d'une aboiilirptc », p. 36.](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b21942201_0002_0054.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)