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Credit: Névroses et idées fixes / par Pierre Janet. Source: Wellcome Collection.
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![scusc. La tristesse causée par ce déboire dura plusieurs mois et amena un grand alïaihlissemcnt de l'activité. On n'oserait pas qualifier ces deux crises d'accidents pathologi([ues si nous n'avions j)as devant les yeux le troisième accès, plus grave mais sur quel- ques points analogue aux précédents. Le point de départ est assez curieux. Au mois de novembre dernier, il y a quatre mois, le mari de cette dame, brave homme mais un peu faible, commença à fréquenter de mauvaises con- naissances. Sa femme s'en affligea beaucoup, un peu par jalousie probablement, mais surtout ;i ce qu'elle prétend par crainte des habitudes de désordre et d'ivrognerie. Un soir, le mari ne rentra pas dîner et sa femme l'attendait avec impatience pour lui faire une scène bien méritée. Mais quand il rentra, il y avait des té- moins, son petit garçon était là, et la pauvre femme ne put se soulager le cœur comme elle le désirait. Ce fut lîi le point de dé- part: elle pense que rien ne serait arrivé si elle avait pu exprimer sa colère, son émotion. N'en soyez pas trop surpris, mardi dernier, deux autres malades se présentaient en même temps que celle-ci à la consultation, présentant des symptômes un peu différents d'hys- térie et d'obsession, mais les attribuant également à la même cause, une émotion insuffisamment exprimée. Il y a là quelque chose de juste, l'émotion semble persister davantage quand elle ne se dépense pas au dehors et cette persistance de l'émotion devient le point de départ de l'idée fixe. Quoi qu'il en soit, les jours suivants, la malade resta préoc- cupée de cette scène, de ces personnes qui débauchaient son mari, puis elle sembla les oublier, car elle ne pensait plus à rien du tout, ne s'occupait plus de rien, ne comprenait plus rien. On peut ranger en trois groupes les troubles principaux qu'elle pré- sentait : 1 Anéantissement de la volonté en tant que pouvoir d'action, aucune décision, aucun courage au travail, tendance à l'inertie et grande fatigue pour le moindre effort. Vous retrouvez ici cette ])remièrc forme de l'aboulie, la plus grossière sans doute, qui est la suppression du travail manuel chez des gens jusque-lii bons ouvriers. C'est la forme la plus commune que nous rencontrons i\ l'hôpital ; au contraire, les malades en ville seront souvent disposés à insister davantage sur la deuxième catégorie de symptômes; 2 Cette malade, en effet, nous présente encore pour ne consi- dérer les choses ([uc d'une manière sommaire, une disparition](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b21942201_0002_0057.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)