Lecons cliniques sur les maladies des vieillards et les maladies chroniques / par J.-M. Charcot ; recueillies et publiees par B. Ball.
- Jean-Martin Charcot
- Date:
- 1874
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Credit: Lecons cliniques sur les maladies des vieillards et les maladies chroniques / par J.-M. Charcot ; recueillies et publiees par B. Ball. Source: Wellcome Collection.
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![]a description d’après un type commun, au milieu de la varia- bilité des circonstances accessoires. C’est de là qu’est issue la notion des unités ou des espèces morbides, notion parfaite- ment exacte, puisqu elle correspond à un fait d’expérience, mais dont la signification a été singulièrement altérée lors- qu’on est allé jusqu’à considérer les maladies comme des êtres concrets, comme des individus, au môme titre qu’un animal ou une plante. O11 est arrivé à reconnaître que tantôt la maladie parcourt rapidementles périodes successives qu’elle doit traverser, pour atteindre sa terminaison naturelle ; et que tantôt, au contraire, elle exige un long espace de temps pour subir les diverses phases de son évolution. De là vient la distinction établie entre les maladies aiguës et les affections chroniques, qui répond évidemment aux données de l’observation clinique, mais qui ne doit pas être envisagée comme une ligne de démarcation absolue, puisque la forme aiguë et la forme chronique d’un seul et même état phatologique se confondent souvent par des transitions insensibles. On a reconuu encore, par des observations multipliées, que divers étatsmorbides coexistent ou se succèdent, che/le même individu ou dans une même famille, suivant un ordre déter- miné et d’après certaines lois ; et l’on en a conclu, par un raisonnement très-simple, ou plutôt par une intuition directe, que ces affections n’étaient pas isolées, qu’elles devaient se rattacher à une cause commune qui leur sert de lien. C’est ainsi que s’est produite la graude conception des maladies constitutionnelles et diathésiques. Cette idée relève donc de l’observation pure. L’hypothèse ne commence qu’au moment où, pour donner un corps à cette cause inconnue, l’esprit a imaginé, suivant le goût de l’époque, tantôt une influence du système nerveux, tantôt une modification de la crase des humeurs, ou la présence d’une matière morbifique dans le sang. Dans la suite des temps, l'observation analytique a succédé à l’observation synthétique, qui n’a pas été d’ailleurs toujours négligée. Et ainsi, à mesure que le monde a vieilli, la science s’est successivement enrichie d’un nombre immense de laits](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b24989964_0022.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)


