Etudes cliniques sur l'hystéro-épilepsie ou grande hystérie / par Le Dr. Paul Richer ; Précédé d'une letter-préface de M. le professeur J.-M. Charcot.
- Paul Richer
- Date:
- 1881
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Credit: Etudes cliniques sur l'hystéro-épilepsie ou grande hystérie / par Le Dr. Paul Richer ; Précédé d'une letter-préface de M. le professeur J.-M. Charcot. Source: Wellcome Collection.
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![taires, des contorsions, elc; l'autre psychique (mental), consistiint en une extase plus ou moins involontaire, pendant laquelle le malade croit voir ou entendre des choses divines, surnaturelles, et est forcé d'en parler, ou, comme on le dit parmi le peuple, de prêcher, bien que l'un et l'autre sym- ptôme varient un peu dans les cas particuliers. Les variations étaient cepen- dant si insignifiantes,qu'on reconnaissait toujours que les symptômes étaient au fond les mêmes. Le spasme consistait essentiellement dans des tressaillements convulsifs, des contorsions hideuses ou ridiculement défigurantes des miiscles du visage, du corps, surtout des extrémités, le plus souvent des épaules, quelquefois des Ijonds et des sauts souvent si impétueux, que le n}a]ade.ne pouvait se tenir assis sur une chaise, ni rester dans son lit. Tout ce qui alfectait d'une manière désagréable l'esprit ou la fantaisie du ma- lade provoquait ou augmentait singulièrement ces contorsions. Un seul mot que le malade regardait comme impie... occasionnail à l'instant ces contorsions. Du reste elles arrivaient cà des intervalles irréguliers, la plupart du temps quand des étrangers étonnés se trouvaient présents, sans cela moins souvent, rarement quand le malade était seul, et presque jamais la nuit. Je ne sache pas qu'aucun malade se soit plaint d'avoir ressenti de la douleur, excepté une femme, qui la première fut attaquée de la maladie, cas dont on connaît parfaitement les détails. Quelques-uns éprouvaient bien un peu d'indisposition pendant les signes précur- seurs; mais la majeure partie ne ressentait aucun mal pendant les accès; ils sem- blaient au contraire ne s'être jamais mieux portés. Le peuple envisageait le spasme comme un signe infaiUihle de la présence du Saint-Esprit dans le corps du malade et comme une preuve de lu dilïormité du péché. Le symptôme psychique est caractérisé par une suspension ou une altération plus ou moins complète de l'usage habituel des sens... L'activité de l'imagination se manifeste alors par une loquacité irrésistible et par une manie croissante à vou- loir prêcher la parole de Dieu, par des visions et des prophéties. Cet accès prenait égalem(!nt à des intervalles irréguliers et était le plus souvent précède, accom- pagné et suivi de symptômes de spasme..A.a. plupart des médecins qui ont vu ces paroxysmes les ont assimilés au sonmambulisme ou sommeil magnétique, sans qu'aucun d'eux ait cru pouvoir déclarer positivement que lesdits paroxysmes appartiennent à cet état. Les discours ou sermons roulaient toujours sur îles sujets ]-eligieux, ainsi que l'indique la dénomination devenue populaire de maladie de prédication; c'élaient des exhortations aux pécheurs à se convertir, des condam- nations lancées contre toute espèce d'immoralité, contre l'ivrognerie, les jure- ments, etc. ; mais aussi et le plus souvent, les enq^ortenients des prédicateurs se dirigeaient contre des plaisirs entièrement innocents, tels que la danse, les jeux, ou contre de simples objets de parure, comme les peignes brillants, les boutons, les pendants d'oreilles, les vêtements rouges et autres futilités ; bien des fois les malades parlaient desvisions qu'ils avaient dans le ciel et aux enfers, desanges, etc. ; ils prédisaient aussi la fin du monde et le jugement dernier, ou le jour de leur propre mort, toujours avec la prétention de faire passer leurs prédictions pour de saintes prophéties, qui toutes cependant avaient le commun défaut de ne pas s'ac- com|»lir... Pendant les paroxysmes, les yeux des malades brillaient d'un éclat extraordinaire, mêlé souvent d'égarement, les gestes les plus singuliers accompa- gnaient la déclamation; l'imagination n'était cependant pas toujours échauffée; toutes les fois qu'elle l'était, le débit était d'un pathétique original, soit que le sermon fut modéré, ou comme il arrivait ordinairement, qu'il fût rempli de malé- dictions ou de nuMiaces de l'enfer.](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b21197222_0751.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)