Copy 1, Volume 1
De la bienfaisance publique / par M. le bon de Gérando.
- Joseph Marie, baron de Gérando
- Date:
- 1839
Licence: Public Domain Mark
Credit: De la bienfaisance publique / par M. le bon de Gérando. Source: Wellcome Collection.
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No text description is available for this image![cherons A faire fructifier. Les erreurs mêmes qu’ils auraient pu commettre, avec des intentions pures, serviront à faire avancer la science, si nous savons y trouver le moyen de compléter nos recherches. Les controverses qu’ils ont provoquées, celles aux- quelles ils ont pris part, fournissent le sujet des in- vestigations les plus importantes A la prospérité sociale et aux intérêts de l’humanité. L’antiquité ne nous a légué aucun écrit sur ce su- jet; la chose s’explique d’elle-même, puisque l’anti- quité ne connaissait guère d’institutions de secours publics. Le christianisme parut, releva la dignité du pauvre, prit sous sa protection la cause de l’in- fortune, enseigna la charité; les institutions de se- cours publics se formèrent sous ses inspirations; elles eurent des fondateurs, non des historiens. Ses oeuvres devinrent comme un livre immense et su- blime, ouvert aux méditations des*gens de bien. Les discours, les écrits des Pères de l’Église furent des exhortations éloquentes à faire le bien; ils s’a- dressaient essentiellement à la charité individuelle; ils éveillaient les sentimens généreux : noble et lou- chante mission, qui, dans des temps de calamités publiques, fut éminemment salutaire! Saint Augus- tin [i], saint Jérôme, saint Cyprien, saint Grégoire [2], saint Isidore [5], Terlullien, saint Basile, saint Jean Chrysostôme [4], saint Ambroise [5], saint Bernard, saint Thomas [6], etc., revendiquent successivement les droits du pauvre, au nom de la loi divine; ils recommandent à l’envi le devoir de l’aumône; ils rappellent que ce devoir est imposé, avant tous, aux ministres de la religion, qu’il lie spécialement cha- que cité envers ses membres. Ils retracent aussi l’obligation du pauvre; ils proscrivent l’oisiveté et le vagabondage. C’est une première période, pen- dant laquelle les questions relatives à la bienfai- sance soit publique, soit privée sont traitées exclu- sivement sous le point de vue religieux. Pendant la même période, les conciles, parleurs canons, con- sacraient les mêmes devoirs, en réglaient l’exercice. Pendant les duresannées du moyen Age, c’était bien assez de venir au secours de la souffrance ; on ne dissertait pas sa nature et ses causes. Au xvie siècle seulement, s’élevèrent, pour la première fois, des discussions raisonnées sur le mérite des divers gen- res de secours considérés dans leurs rapports avec la police civile. 11 est remarquable que ces discus- sions aient commencé en Espagne [7], l’un des pays où la mendicité était le plus répandue, et que la [1] Sur saint Mathieu , chap. vi, livre contre les hér. — Sur les ps. 51,103. [2] Homélie 9. Sur les évangiles. [5] 1. Question. 1. Sur les pauvres. M Sur saint Luc, homélie 26, 37, 43 ; 2e sermon sur le Cazare. [5] Sur saint Luc. etc., etc. ; livre deNabotz, chap. 8. [6] 22. Question. 32. Contra Gent. lib. 3. cap. 133, 135. [7] Autant du moins que nous avons pu le découvrir par nos recherches. [8] Tous deux sont dédiés à D. Philippe, fils de Charles- mendicité en soit devenue l’occasion ; comme , dans lous les états de l’Europe, elle a donné lieu aux pre- mières mesures législatives sur le régime des secours publics. D’après les conseils et les prédications d’un moine de l’ordre de saint-Benoît, du frère Jean de Médina, abbé de Saint-Vincent, à Salamanque, la ville de Zamosa avait adopté un réglement pour réprimer les abus toujours croissans de la mendicité ; celles de Valladolid et de Salamanque avaient suivi cet exemple. Un autre moine, le célèbre prieur Domini- que de Solo, de l’ordre des Dominicains, professeur de théologie à Salamanque, critiqua ces réglemens et les motifs qui les avaient suggérés. Le frère Jean de Médina défendit son œuvre. La critique et l’apo- logie ont été imprimées A Salamanque , en 1545 [$J. Les deux auteurs s’appuient également sur la loi naturelle, sur les préceptes divins, sur l’autorité des saints pères et des conciles , sur des citations em- pruntées à Platon, à Aristote, à Cicéron, sur les lois civiles, suivant l’usage du temps. Le prieur Dominique de Soto , tout en plaidant la cause des mendians, et spécialement celle des pèlerins de Saint-Jacques, s’élève avec énergie contre le va- gabondage. Mais , à ses yeux , ni l’évangile . ni les lois civiles ne permettent de restreindre la liberté naturelle du pauvre , ni de l’empêcher de chercher des secours où il espère en trouver. « L’exil est une « peine qui ne peut être infligée qu’au coupable. « Les réglemens doivent être faits, non en haine des « indigens, mais dans un sentiment d’amour pour « eux; non contre eux, mais en leur faveur. Ce- « pendant, plusieurs autorités municipales semblent « plutôt animées par le désir de s’en débarrasser, « (pie par celui de les secourir. L’auteur veut qu’en « examinant le pauvre on se guide par la charité, « plus que par la justice; il craint que les magis- « trais ne soient à leur égard trop sévères ; il pense « même qn’il faut avoir pitié de celui que la pau- « vrelé force A feindre des infirmités , comme seul « moyen de toucher les cœurs. L’autorité publique « ne doit pas subordonner, pour les indigens, la pér- it mission de demander l’aumône A l’accomplisse- « ment des devoirs religieux. L’autorité ne peut in- « terdire au pauvre de mendier, qu’en pourvoyant « A ses besoins ; ce serait le dispenser de vivre. Mais « elle n’a pas le droit de taxer le riche pour le con- « traindre A donner ; car alors la charité ne serait « plus un mérite. Elle n’a pas non plus le droit de Quint; le premier sous le titre suivant : Délibération en la causa de los pobres. Imprimé le 30 janvier. Le 2‘‘ est intitulé: Do la Orden que en algunos Pueblos de Espana se ha pueslo en la limosina, para remedio de los verdaderos pobres. Imprimé le 20 mars. L’auteur est redevable de ces deuxdocumens très-curieux et jusqu’à ce jour inconnus , à l’obligeance de M. Ternaux Compans, qui lésa rapportés d’Espagne, et qui a fait lui-même des recherches si neuves et si intéressantes sur l’Espagne et ses colonies.](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b28749650_0001_0015.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)