Copy 1, Volume 1
De la bienfaisance publique / par M. le bon de Gérando.
- Joseph Marie, baron de Gérando
- Date:
- 1839
Licence: Public Domain Mark
Credit: De la bienfaisance publique / par M. le bon de Gérando. Source: Wellcome Collection.
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No text description is available for this image![vres ; il porta dans ce sujet des vues philosophiques conformes à ses études habituelles; il lui imprima en même temps ce caractère de sagesse pratique qui était dans la nature de son esprit. 11 avait acquis par celte enquête , par un examen des faits et par un grand nombre de preuves, la conviction que la cause la plus féconde de la pauvreté est dans les désordres de la vie et le déréglement des mœurs ; il exprima énergiquement celte conviction; il indiqua, comme le préservatif le plus efficace, des améliorations dans l’éducation populaire. Il proposa donc d’instituer « des écoles de travail, auxquelles seraient tenus « d’assister tous les enfans des pauvres inscrits au « registre des secours de la paroisse, au-dessus de «5 ans et au-dessous de 14, lorsqu’ils vivent chez « leurs parens, etlorsqu’ils ne sont pas occupés d ail- « leurs à travailler avec ceux-ci; toutefois, sous la « permission de l’inspecteur des pauvres [1]. « Locke supposait avec raison qu’un père et une mère en bonne santé peuvent se soutenir eux-mêmes avec deux enfans en bas âge , par le seul produit de leur travail; qu’il est rare de voir dans une famille plus de deux enfans au-dessous de 5 ans. Ses écoles de travail, où les enfans auraient été nourris , étaient dans son plan un cadre auquel on eût fait entrer fa- cilement toutes les conditions d’une bonne éduca- tion intellectuelle, industrielle, morale et religieuse. Les mêmes vues se reproduisent dans un écrit pu- blié en 1700 par John Cary [2]. Il remonte aux sources de l’indigence, les découvre dans les vicieuses habi- tudes des pauvres; il en invoque la réforme, et se plaint de la faveur que le fisc accorde ù la multipli- cation des cabarets. Il veut investir les inspecteurs des pauvres d’une autorité publique, d’une juridic- tion civile et de police. L’auteur de Robinson Crusoé, Daniel de Foê, adressa au parlement, en 1704, un mémoire portant pour titre : Faire l’aumône n’est pas faire la charité. Il signale aussi la fausse indi- gence; ce n’est pas le travail qui manque, suivant lui, c’est la bonne volonté de travailler. La foule des indigens, ou se prétendant tels, était alors très- considérable en Angleterre. De Foé nous apprend que la reine Élisabeth, frappée du spectacle que lui offrait une foule de misérables s’écriait fréquem- ment : pauper uhique jacet. U ne pouvait, certes, être conçu une plus noble et plus juste pensée que celle qui associait ainsi les intérêts des bonnes mœurs aux vues de la bienfai- [î] Cet intéressant Mémoire présenté en 1687, était resté en partie inconnu. Il n’a été découvert en entier qu’un siècle plus tard, il a étécilédans quelques ouvrages sur les pauvres, publié à Edimbourg, en 1787, et dans VHistoire des pau- vres, par Sir Morton Eden, et dans celle de Thomas Ituggles ( lettres xxxm et xxxiv ) ; il a été reproduit de nouveau dans les rapports présentés en 1817 et 1818, à la chambre des communes d’Angleterre, par le comité chargé de l’examen des lois sur les pauvres (p. 44 et suivantes ). Ces deux documens ont été traduits en français; le pre- mier a été inséré dans la collection publiée par Duquesnav, d’après les ordres de François de Neufchàteau. sance, qui cherchait dans l’amélioration de la classe inférieure de la société,dans lessecoursde l’éducation, le plus puissant préservatif contre la misère. File rencontra cependant des contradicteurs. Dans leur nombre figure l’auteur de la Fable des abeilles, Mandeville. En repoussant les améliorations pro- posées par les moralistes, il va jusqu’à s’élever contre la pensée alors dominante d’ouvrir des écoles pour les pauvres; il ne veut permettre de leur ensei- gner que le travail mécanique et manuel. C’est en leur refusant les dons de l’intelligence qu’il ose leur promettre une subsistance tout animale, système impie qui outrage l’humanité. Les vues de Locke n’en ont pas moins trouvé de dignes représenlans dans plusieurs écrivains du dernier siècle. Le célèbre romancier Fielding, qui exerçait d’ailleurs les fonctions de juge à Middlesex, en cherchant à procurer du soulagement aux pau- vres, cherchait les moyens de réformer leurs vices [3]. David Morrice, Goodschall [4], réclament des mesu- res qui préviennent les funestes séductions des tavernes et des autres occasions de débauche. Plus récemment encore, M. William Davis [5], en pré- sentant des vues pratiques pleines de sagesse sur les moyens d’améliorer la condition des classes inférieures de la société, les appuie sur l'autorité de l’expérience et sur le concours de nombreux témoignages fournis par des hommes dévoués eux- mêmes à l’exercice d’une bienfaisance éclairée; le plan de Locke se reproduit sous sa plume avec de nouveaux développemens. Cependant, un autre ordre de recherches s’ou- vrait; un théâtre plus étendu s’offrait aux inves- tigations par les travaux du vénérable Howard; Howard, le héros, le martyr de l'auguste science qui préside aux élablissemens d’humanité. Howard explorait l’Europe, visitait jusqu’au Levant, étudiant ces établissemens dans leurs détails, recueillant les gémissemens du malheur, observant de ses propres yeux les moyens employés pour le soulager, en ap- préciant l’efficacité, rassemblant la plus grande masse de faits comparés qui ait jamais été moisson- née par un seul homme, en formant la base de vastes comparaisons, il expirait en Crimée, victime de son dévoûment, au milieu d’une épidémie [6]. Eclairés par cette nouvelle lumière, les hommes oc- cupés d’études philanthropiques, comprirent que ces études aussi devaient trouver dans l'expérience leur [2] Essai sur le commerce de la Grande-Bretagne ; cel ouvrage est cité par Burn, par sir Morton Eden, par Tho- mas Ruggles. [3] Proposition pour venir efficacement au secours des pauvres; écrit publié en 1753. [4] Plan de police provincialeet paroissiale, publié en 1787. [5] llints lo philanthropists. By William Davis. Bath 1821. On trouve dans cet écrit la correspondance de l’auteur avec Al. Thomas Bernard, l'un des plus zélés collaborateurs de la société pour améliorer l'état des pauvres. 1 ^ oyez la \ ic d 1 ïow ai d , par Aikins ; elle a été ! rad u i te](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b28749650_0001_0017.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)