Volume 1
De la bienfaisance publique / par M. le bon de Gérando.
- Joseph Marie, baron de Gérando
- Date:
- 1839
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Credit: De la bienfaisance publique / par M. le bon de Gérando. Source: Wellcome Collection.
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![droit aux secours obligatoires de la société? Quel mode de secours ces associations doivent-elles adopter, afin de stimuler l’activité des pauvres plutôt que de favoriser leur paresse ? Ces questions furent, suivant l’usage, adressées circulairement aux membres de la société, à la réu- nion de 1856 ; les réponses furent analysées dans un rapport fort intéressant, par M. Zehender; une discussion s’engagea : la société décida que ce vaste sujet continuerait à être examiné pendant l’année 1857, elle y ajouta deux questions encore sur la législation de chaque canton, relativement aux pau- vres, et sur les améliorations dont elle est suscep- tible. La société canlonnale de Züricb reçut elle- même sur ces huit questions, un rapport qui fut communiqué à la réunion de 1857 ; là, un nouveau rapport a été présenté par M. Pictet de Sergy, une nouvelle discussion s’est établie, pour arriver à la solution désirée. On voit par cet exemple, que nous rapportons à dessein, avec quelle suite, avec quelle méthode, avec quelle harmonie, s’élaborent dans ces louables associations, les travaux entrepris dans l’intérêt de l’humanité [i]. La plupart des cantons possèdent à leur tour des associations formées dans le même but, mais don! les travaux sont continus. Le bon lselin, de Bàle, histo- rien, philosophe, philanthrope, et dont la mémoire se recommande également à ces différons titres, en fut le premier promoteur dans sa patrie. La Société pour le bon et l’utile, de Bâle, fut par lui instituée, en 1776; elle se compose d’environ 500 membres [2]. Ziirich, Genève, Lausane,etc., ont iinitécetexemple. L’objet des opérations de ces sociétés, vivifiées par une si noble sympathie, embrasse à-la-fois les inté- rêts de l’industrie, ceux de l’éducation populaire, tous les élémens du bien public. Les questions rela- tives aux besoins des pauvres, ne sont que mieux éclairées, pour être ainsi envisagées dans leurs rap- ports avec les autres branches d’un aussi vaste sujet : quoique traitées d’un point de vue local, elles pren- nent souvent un caractère de généralité que l’expé- rience tirée des faits garantit du vague des abstrac- tions. Ainsi s’allient heureusement la pratique et la théorie; ainsi les observations sont rassemblées, comparées; les travaux particuliers de chacun se rectifient, se complètent dans une œuvre collective. La science ne pourrait invoquer de documens plus propres à assurer ses pas, et à faire avancer sa marche. Que n’est-il possible d’instituer un congrès Plus étendu, un congrès qui réunirait dans une con- fédération semblable, les amis de l’humanité disse- [1] Voyez les Actes de la société suisse ( c23c rapport pour l’année 1837) ; Genève 1830, pages 140 et suiv. [2] L’histoire de cette société a été publiée par M. le pré- sident Burckard. [3] Nous recommandons en particulier à l’attention des personnes qui cultivent ces éludes, des lettres que M. le pas- teur Tescherin a publiées, en 1833, à Berne, sous ce titre : Ueber das Armenwesen, vorziiglich in Kanton Bern; et un minés sur la surface entière de l’Europe? Que sont, auprès des fruits que promettrait un tel concours, les productions privées de quelques auteurs, alors même qu’ils y auraient consacré leur vie entière? Plusieurs publications périodiques concourent en- core à entretenir et à satisfaire ce vif intérêt que prend généralement l’opinion publique, en Suisse, aux questions qui concernent les élablissemens d’humanité. La Bibliothèque universelle de Genève, si justement estimée, rend à cette cause, comme aux intérêts des sciences, d’éminens services : elle fait connaître, elle analyse, elle compare les principales productions des diverses contrées, en fait le sujet d’une critique toujours sage, judicieuse. La Feuille du canton de Faud, et le Journal de la société Faudoise d’utilité publique, qui en forme la suite, sous la direction éclairée et active de M. le profes- seur Chabannes, le Narrateur religieux de Ziirich, et d’autres encore, enrichissent leurs recueils de documens relatifs aux œuvres de bienfaisance. Indépendamment de ces œuvres collectives et de ces recueils, la Suisse a donné le jour à un grand nombre d’écrits dont les uns tracent l’histoire ou le tableau des établissemens d’humanité existant sur son territoire; dont les autres discutent, éclairent les principes de la science [3]. Parmi ces derniers se fait remarquer le traité récemment publié parM. le pasteur Naville, de Genève, sur la charité légale. L’auteur a exploré avec une infatigable activité les documens relatifs aux institutions de secours publics existant dans l’Europe moderne; il a discute les ré- glemens qui y président. Préoccupé de la vive argu- mentation qu’a fait éclore le système de la taxe des pauvres en Angleterre, il a cru pouvoir la généra- liser, en l’étendant aux états du continent; il s’est attaché à découvrir les analogies que pouvaient offrir, avec le système des lois anglaises, les institu- tions admises dans les autres états, à reconnaître l’influence qu’elles exercent sur les dispositions mo- rales et le bien-être des diverses classes de la popu- lation, à déterminer les devoirs des gouvernemens relativement à la charité, et les limites dans lesquel- les leur action doit se renfermer; il a assumé la tâche douloureuse de rassembler les reproches faits aux divers établissemens publics de bienfaisance, de signaler les imperfections dont ils peuvent être atteints, les inconvéniens auxquels ils sont sujets, et de les soumettre ainsi à une critique sévère. Quel- que jugement que l’on porte sur l’exactitude de conclusions auxquelles M. le pasteur Naville s’est trouvé conduit par ses laborieuses investigations [4], écrit sur le paupérisme danslecanton de faud, par M. Ber- ger, ministre du saint évangile, publié à Lausanne, en 1836. [4] Professant pour M. le pasteur Naville autant d’affec- tion que d’estime, l’auteur du présent ouvrage s’est trouvé dans la nécessité de combattre les doctrines de cet écrivain distingué, doctrines auxquelles ses convictions personnelles sont, comme on le verra, diamétralement opposées; il se fait,* pour ce motif même, un devoir plus impérieux de rendre b.](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b28749650_0001_0027.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)