Volume 1
De la bienfaisance publique / par M. le bon de Gérando.
- Joseph Marie, baron de Gérando
- Date:
- 1839
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Credit: De la bienfaisance publique / par M. le bon de Gérando. Source: Wellcome Collection.
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![plus distingués par leur mérite et leurs connais- sances , en sont devenus les collaborateurs naturels ; chacun d’eux, en silence, a porté son tribut à l’œuvre commune ; chacun d’eux en a goûté les fruits. C’est là sans doute un résultat positif et réel, qui a aussi son prix; il a exercé une salutaire in- fluence sur l’opinion publique. Une autre circonstance a contribué puissamment aussi à éclairer l’opinion , à l’intéresser aux établis- semens d’humanité : une foule d’associations chari- tables se sont spontanément réunies sous diverses formes , et sur les différons points du territoire. Le plus grand nombre, en s’appliquant à faire le bien, ont, par une modestie louable dans ses motifs, mais regrettable dans ses effets, évité plutôt que négligé de publier leurs opérations. Quelques-unes, en nous instruisant de ce qu’elles avaient fait, nous ont donné d’utiles enseignemens. Parmi celles-ci, la Société philanthropique et la *Société decharité maternelle, qui, depuis plus d’un demi-siècle , persévèrent dans leur généreuse carrière, ont les premiers droits à notre reconnaissance et à nos respects. Depuis 181 G, les associations charitables se sont multipliées et pro- pagées avec une louable émulation. Leurs comptes rendus, réunis et mis en ordre, formeraient une collection intéressante dedoeumens pratiques. Frap- pés de l’utilité que promettrait un recueil comparé des observations fournies par l’expérience, quelques amis du bien se sont réunis, 1828, pour composer une association dans ce but spécial; ils ont espéré qu’ainsi les bons exemples fructifieraient, que l’ému- lation du zèle serait entretenue; ils ont offert aux établissemens charitables un centre de communica- tions, qui leur manquait; ils ont établi des corres- pondances, rassemblé, publié les informations qui leur ont été transmises; ils ont, dans des discussions amicales, examiné eux-mêmes les plus importantes questions qui louchent au régime des secours pu- blics; ils ont, par des concours, provoqué des in- vestigations nouvelles ; la Société des établissemens charitables est la première et la seule en France, jusqu’à ce jour, qui ait rendu cet éminent service à la science, en même temps qu’à l’humanité. D’autres, comme la Société pour Véducation élémentaire, celle de la morale chrétienne, quoique ayant un but qui leur était propre, ont souvent recherché et saisi l’occasion d’appeler sur plusieurs questions du même ordre, l’attention publique et les travaux par- ticuliers des écrivains. Aux publications périodiques dont on leur est redevable, sont venues se joindre celles qui, comme la Revue encyclopédique et quel- ques autres, ont embrassé dans leurs cadres les ren- seignemens relatifs aux établissemens de bienfai- [i] Le mémoire de M. le docteur Polinière , qui a été cou- ronné, a été publié en 1820.—[2] L’ouvrage deM.Orfelqui a obtenu la première médaille a été publié en 1821. [3] L’auteur du présent ouvrage sur les instances de scs amis, rassembla en hâte les matériaux qu’il avait déjà pré- parés sur ces matières et en offrit le tribut à l’académie, dans sance. Là se trouvent disséminés une foule d’élémens qu’une main habile et laborieuse pourrait mettre en œuvre, et que, pour ce motif, nous croyons devoir indiquer à ceux qui suivront cette carrière. Pendant que les matériaux relatifs à la statistique de la pauvreté et des établissemens charitables se préparaient ainsi par des fragmens épars, les trésors de l'érudition étaient exploités pour éclairer la théo- rie des secours publics par les enseignemens de l’his- toire. Les secours publics chez les anciens, sujet neuf et curieux, a été mis au concours par l’acadé- mie de Mâcon, et MM. Percy et Willaume, dans un mémoire couronné en 1813, l’ont traité d’une manière rapide, exacte et lumineuse. Le même sujet avait déjà suggéré une dissertation savante à Mongez; il a été depuis traité encore par M. Dumas, secrétaire perpétuel de l’académie de Lyon. L’académie de Lyon elle-même a plus d’une fois proposé des sujets de prix sur des questions relatives à la bienfaisance, vertu chère aux habitans de la ville , et dont la pra- tique est chez eux héréditaire. Le premier de ces programmes a enrichi la science par les mémoires de M. Polinière [1] et de M. Orfel [2], sur le régime des hôpitaux; le second a donné lieu à la publication du Visiteur du pauvre, ouvrage dont l’auteur a été heureux de faire hommage à sa ville natale. L’Académie française , toujours inspirée par un si juste sentiment de la vraie dignité des lettres, a parfaitement compris qu’elles ne remplissent jamais mieux leur haute mission dans la société humaine, qu’en se rendant les organes de la morale publique et les inslrumens du bonheur des hommes. Aussi a- t-elle souvent associé à ses travaux littéraires, les encouragemens propres à diriger vers ce noble but les productions des écrivains; les fondations du gé- néreux Montyon lui en ont fourni des moyens plus étendus, et elle s’est empressée d’en faire usage. Le concours ouvert par elle en 1827, et renouvelé en 1829, en a offert un mémorable exemple. Elle avait proposé le sujet suivant : De la charité con- sidérée dans ses principes, dans ses applications, et dans son influence sur les mœurs et l'organi- sation sociale. 14 mémoires lui ont été adressés, et trois ont partagé ses suffrages. Le vœu qu’avait formé l’Académie n’a pu être pleinement satisfait; il a du moins imprimé aux recherches une bonne direction et une impulsion salutaire [3]. L’académie de Bordeaux, peu de temps après , a proposé, à son tour, en 1831, un sujet de prix sur les moyens de prévenir la misère [4]. La société de morale chrétienne , en 1834, a ouvert un concours sur les moyens d’augmenter le bien-être des classes laborieuses. On est redevable à ce dernier un essai très-imparfait qui, néanmoins a été admis a l’honneur de partager le prix; il n’a vu dans ce suffrage qu’un motif pour tâcher de faire mieux en persévérant dans ses recherches. [4] Cette académie a bien voulu accorder le prix a un mé- moire de l’auteur extrait du présent ouvrage.](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b28749650_0001_0032.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)