Volume 1
De la bienfaisance publique / par M. le bon de Gérando.
- Joseph Marie, baron de Gérando
- Date:
- 1839
Licence: Public Domain Mark
Credit: De la bienfaisance publique / par M. le bon de Gérando. Source: Wellcome Collection.
34/552
![des biens, par un nouvel emploi des forces indivi- duelles [1]. La question de la mendicité , qui joue un rôle im- portant dans l’ensemble de celles qu’ont traitées les écrits qui viennent d’être indiqués, a fait également, dans ces derniers temps , l’objet spécial et direct de plusieurs ouvrages, tant en France qu’en Belgique[2]; elle a été aussi la matière d’études administrati- ves [3]. Les rapports présentés au roi par M. Lainé en 1819, parM.de Gasparinen 1857, ont joint au ta- bleau de la situation de nos établissemens d’huma- nité , des observations d’une haute importance , sur les perfectionnemens dont ils sont susceptibles. La Belgique qui a vécu, en communauté avec la France, de la même vie scientifique, littéraire, ad- ministrative, a cependant, depuis qu’elle en est sé- parée . fourni quelques faits qui lui sont propres , û la science dont nous essayons de tracer la marche. Tels sont principalement les intéressans rapports que le gouvernement des Pays-Bas présentait chaque année aux chambres législatives, sur la situation des établissemens d’humanité existant dans ce royaume, tableaux d’autant plus instructifs, qu’ils reposent sur des renseignemens authentiques, et dont l’exem- ple devrait être suivi dans les autres états [4]. Telles sont encore les savantes recherches de M. Quetelet, qui apportent de nombreuses et utiles données à la solution des problèmes relatifs â la pauvreté [5] ; tels sont les écrits de M. Ducpétiaux, qui leur livre les résultats de son expérience administrative [6j. La Bel- gique possédait aussi en propre une publication pé- riodique, sous le titre du Philanthrope, qui, si nous ne nous trompons, est restée interrompue. Les tributs de l’Italie, de l’Espagne, du Portu- gal, ont dû être naturellement moins abondans. Les établissemens charitables sont restés, dans ces états, plus exclusivement placés sous l’empire de l’auto- rité ecclésiastique ; les institutions et les habitudes y sont d’ailleurs moins favorables à la publicité, que dans le reste de l’Europe; or, la publicité donnée aux documens tirés de l’expérience des faits, peut seule prêter les alimens nécessaires à la science. Les ré- gions situées dans les deux péninsules ont d’ailleurs moins participé, par l’effet seul de leur situation, au [1] Spécialement les écrits sortis de l’école de Saint-Simon, et de celle de Fourier. [2] En France cesujet a été traité par MM. Sigault,en 1827; Bidaut, La foret, Jacquet en 1828;Cochin, Mausion en 1829. En Belgique, par M. Gillet, à Bruxelles, en l’an x. [3] En particulier dans les instructions du ministère de l’intérieur et les délibérations des conseils-généraux dedépar- tement. [4] Ces rapports ont été publiés par le gouvernement, mais seulement pour les chambres. Nous avons réussi cependant à nous en procurer quelques exemplaires, par l’obligeance de nos amis. 15] Recherches sur la population, les naissances, les dé- cès , les prisons, les dépôts de mendicité, etc. Bruxelles, 1827. Recherches statistiques, etc. Bruxelles, 1828. commerce des idées, commerce trop imparfait sans doute encore, même dans le reste de l’Europe. Tou- tefois, dans ces pays qui ouvrent, dans leurs beaux et nombreux établissemens, un si fécond théâtre d’observations au voyageur ami de l’humanité, il a été publié pour l’instruction de ceux qui 11e peuvent les visiter, quelques descriptions des organisations intérieures, des instructions administratives, des do- cumens statistiques, précieux à consulter, trop peu connus sans doute, et qui, s’ils l’étaient davantage, rectifieraient plusieurs des opinions qu’on s’est for- mées assez injustement, suivant nous, à leur égard. Rendons grâces aux voyageurs qui, comme Valen- tin [7], Otto [s], ont pris soin de visiter, en observa- teurs éclairés, les asiles ouverts en Italie aux divers genres de malheur avec une libéralité qui va quel- quefois jusqu’au luxe et â la magnificence. Rendons grâces aux administrateurs éclairés qui, comme l’es- timable prélat Morichini [9], ont tracé l’histoire, dé- crit la situation et les résultats d’un système entier d’établissemens, dans une contrée déterminée [10] ; aux auteurs d’investigations statistiques qui ont découvert, comparé, mis au jour les faits élémen- taires. Les sciences économiques ont d’ailleurs été culti- vées, depuis plus d’un siècle, avec autant de zèle que de succès, dans le midi de l’Europe. Les hommes qui s’y sont voués n’ont pas négligé de considérer les institutions charitables comme un des grands inté- rêts de la prospérité sociale. C’est ainsi que, dans la Bibliothèque espagnole d‘économie politique [11], Sempêres y Guarinos a fait entrer un traité fort in- structif et fort bien pensé sur les principes qui doi- vent gouverner le régime des secours publics, et sur l’histoire de la législation espagnole à cet égard [12]. C’est ainsi que Genovesi, Beccaria, Gioia, Ricci, Ortes, Filangieri, Jean-Baptiste Vasco, le comte Pecchio, etc., en Italie.se sont trouvés d’autant plus naturellement conduits à s’occuper des institutions de charité; car, comme le dit fort bien le dernier de ces auteurs, dans l’intéressante histoire qu’il a tracée de l’économie politique en Italie, les écono- mistes italiens ont constamment envisagé la morale, la justice, le bien-être général comme des élémens Sur l’homme et le développement de ses facultés ou Essai de physique sociale, par le même. Paris, 1835. Voyez aussi Y Annuaire que ce savant publie à Bruxelles. [6] Voyez entre autres son Traité des moyens de soulager et de prévenir l’indigence. Bruxelles, 1832. [7] Voyages en Italie par le docteur Valentin de Nancy ; ils ont eu deux éditions, l’une en 1822, l’autre en 1826. Paris, 1 vol. in-8°. [8] Otto’s Reise durch die Schweitz, Italien, Frank- reich, etc. Hambourg, 1825; il n’en a encore paru que deux volumes. [9] Degl’institute dipublica cari t-à, etc., in Roma. Rome, 1835, 1 vol. in-8°. [10] La statistique italienne publiée à Milan, est pleine d'indications de cette nature.—■ [u]Policia de Espana a cerca de los pobres, etc.—[12] Madrid, 1804.](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b28749650_0001_0034.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)