Volume 1
De la bienfaisance publique / par M. le bon de Gérando.
- Joseph Marie, baron de Gérando
- Date:
- 1839
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Credit: De la bienfaisance publique / par M. le bon de Gérando. Source: Wellcome Collection.
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![aussi essentiels à cette science, que la richesse et la puissance de l’état. Sous le titre trop modeste de préface, le comte Folckino Schizzi a joint, à une traduction italienne du Visiteur du pauvre [t], un véritable traité sur le régime des secours publics, dans lequel il expose rapidement leur état et leur mode d’administration dans le royaume lombard-autrichien ; il accompa- gne ce tableau de réflexions inspirées à un excellent esprit par le zèle le plus sincère pour le bien [2]. Un administrateur piémontais, le comte Petitti de Ro- reto, vient de doter l’Italie d’un travail qui lui man- quait, mais dont l’utilité ne sera point renfermée dans l’enceinte de sa patrie : il a résumé, coordonné sous une forme concise, méthodique, les règles qui doivent présider aux différens ordres d’établisse- mens d’humanité ; il a déterminé la nature de cha- cun, il lui a assigné son but ; il fait passer en revue la riche nomenclature de ces établissemens qui se déploient aujourd’hui avec tant de grandeur sur la surface entière de l’Italie. Sobre de discussions , abondant en faits, il donne les meilleurs conseils, ceux qui sont empruntés à l’observation [3]. L’aca- démie des Georgophiles a été, pour Florence, tout ensemble et un foyer de lumières pour l’art de la bienfaisance, et un centre d’action pour les œuvres qui l’appliquent. Accoutumés à suivre les traditions qu’ils ont jadis reçues de l’Angleterre, et ù se nourrir des produc- tions de la littérature anglaise , accoutumés aussi à apprécier essentiellement les questions positives et pratiques, les États-Unis se sont encore peu em- pressés d’augmenter le nombre de traités théoriques sur les causes et les remèdes de la pauvreté; mais, aux États-Unis, la pratique est active, soigneuse; s’il y a peu de vues générales et de directions cen- trales, les établissemens locaux sont largement do- tés, administrés avec zèle. Une attention singulière s’étend sur leurs moindres détails; leur situation , leurs comptes sont livrés à la publicité; de nombreu- ses associations lesdotent, les dirigent à l’envi ; elles s’inspirent par les motifs de la charité religieuse; elles les propagent. Ainsi se forme, pour les États- Unis , un autre genre de science familière, immédia- tement liée aux applications, qui résulte du tableau des faits et de leur rapprochement; les acteurs en sont à-la-fois et les élèves et les maîtres, et le pu- blic s’éclaire en voyant faire le bien. Une foule de publications périodiques secondent ces dispositions, [1] Milan, 1828. [2] Saggio, sul buon governo délia men- dicità, etc. Turin, 1837, 2 vol. in-8°. [3] Parmi les autres écrivains de lTtaliequi ont traité ces matières, on pourrait citer Yasco, dont les Mémoires sur les causes de la mendicité et les moyens de la supprimer, ont, paru à Turin en 1799, Jean-Pierre Fiorillo, auteur de la Dissertation médico-politique sur le régime des asiles hospitaliers, etc. [4] On aime à citer spécialement sur les établissemens de charité des États-Unis, le voyage récent de M. Itamon De en faisant connaître les résultats obtenus, les obser- valions, les critiques même; elles renferment des dissertations spéciales; elles analysent les ouvrages étrangers. D’abondantes informations se trouvent ainsi répandues dans le Religions Observer et dans le Christian Almanach, qui paraissent à New- York; dans le Nord-American Revieuw, dans le Christian adverliser de Boston, et dans d’autres recueils. L’Europe est redevable aux voyageurs philanthropes qui visitent les États-Unis [4], en même temps qu’à ces collections, de la connaissance d’une foule d’institutions charitables qui existent aux États-Unis, et dont plusieurs sont dignes de servi]* de modèles. Les rapports qui ont préparé, dans quel- ques états de l’Union, de nouveaux plans de législa- tion sur les pauvres, font connaître aussi, en même temps que le régime actuel des secours publics, les besoins qu’il éprouve et les vues des hommes d’état sur leur perfectionnement. Ce caractère d’une charité diligente, éclairée, qu’anime le sentiment religieux, se peint d’une ma- nière très-remarquable dans l’ouvrage qu’a récem- ment publié, à Boston, le respectable docteur Tuckermann [5]. Chargé à-la-fois du service reli- gieux et de la distribution des secours, dans une partie de la ville de Boston, où abondent les indi- gens, le docteur Tuckermann rend compte, chaque année , à une congrégation dont il est le délégué, des opérations auxquelles il s’est livré et des obser- vations qu’il a faites, dans une suite de rapports qui jettent une précieuse lumière sur les mœurs et les besoins des indigens, et sur le mode d’action qu’une charité éclairée peut exercer sur eux. L'ou- vrage qu’il vient de publier renferme la substance de ces rapports périodiques: on suit, en lisant. les traces du ministre de l’évangile portant, au sein des familles que le malheur accable, l’assistance et les consolations, s’attachant à relever des êtres abattus, à réformer des êtres dépravés, associant ainsi les deux plus belles missions qui soient sur la terre. C’est à une semblable école, que l’on s’instruit éminemment des secrets qui appartiennent à l’art de la bienfaisance. L’auteur trouve, au reste, en traitant ce sujet, l’occasion de s’élever aux plus hautes considérations sur les règles de cet art et sur la théorie qui y préside. 11 fait sentir toute la puis- sance du christianisme sur la moralisation des clas- ses inférieures ; il compare la législation de sa patrie sur les pauvres, avec celles de l’Angleterre et de la Sagra. On attend avec un vif et juste empressement ce- lui que promet M. le docteur Julius. [5] The prinriples and results of the ministry at large- in Boston. Boston, 1838, in-8°. M. Tuckermann est ministre at large, c’est-à-dire qu’il exerce le ministère évangélique auprès d’une partie des ha- bitons de Boston qui ne se trouve pas classée dans les con- grégations et les circonscriptions régulières de l’une ou l’au- tre communion chrétienne ; il se trouve ainsi en rapport avec le rebut de la population de celte grande \ ilie.](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b28749650_0001_0035.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)