Volume 1
De la bienfaisance publique / par M. le bon de Gérando.
- Joseph Marie, baron de Gérando
- Date:
- 1839
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Credit: De la bienfaisance publique / par M. le bon de Gérando. Source: Wellcome Collection.
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![TRAVAUX DE J intellectuelle, ses forces physiques, d’avoir même quelque égard pour ses goûts. 2° Le choix du maître. — Il ne suffît pas de trouver un maître habile ; il n’est pas moins né- cessaire de rencontrer en lui la bonté, la pa- tience, l’indulgence, la complaisance; d’éviter de livrer l’enfant à un maître avide et dur; d’ob- tenir pour lui une affection sincère. L’enfant doit retrouver dans son maître un père adoptif, et aussi un guide qui sache s’en faire respecter. L’enfant doit rencontrer surtout, dans la famille où il est introduit, les exemples d’une vie hon- nête. Il doit y respirer des influences salutaires, y recevoir de sages conseils. 3°-Les conditions du contrat. — Ce contrat est synallagmatique : il est placé sous la protec- tion des lois [i]. La durée de l’apprentissage est relative, d’une part, à la nature de la profession, à l’étendue , aux diflicultés de l’instruction qu’elle exige; d’une autre part, à la nécessité où se trouve l’élève d’acquitter envers son maî- tre, par son travail, le prix de l’instruction re- çue , lorsqu’il ne peut s’en acquitter, en tout ou en partie, par une rétribution pécuniaire. Le maître s’engage à enseigner complètement son industrie, à loger, nourrir, entretenir l’élève, sans l’employer à des offices étrangers à son in- struction; à surveiller sa conduite et ses mœurs; à lui faire remplir scs devoirs ; à le représenter chaque fois qu’il en sera requis; à le faire soi- gner en cas de maladie, à moins que les bienfai- teurs ne se réservent ce genre de protection. Il est bien d’exiger que le maître laisse à l’élève la faculté de suivre les écoles d’adultes et celles des dimanches, là où il en existe, et de faire, hors des heures du travail, des lectures utiles. Il est indispensable d’obtenir du maître l’enga- gement positif qu’il n’abusera pas des forces de l’élève, ne lui imposera pas un travail excessif, et de régler au besoin, par un article des con- ventions, le nombre d’heures qui sera le maxi- mum de la durée du travail, afin de prévenir ces abus trop fréquens que nous avons signalés dans la première partie de cet ouvrage [2]. L’élève s’oblige à son tour ; il promet obéissance et fidé- lité; il s’interdit la faculté de quitter son maître; en cas d’absence non autorisée, il doit rempla- [î] En France, le titre ni de la loi du 22 germinal an xi régit cette matière. [2] Tome i, livre 1^, chap. 5, art. 8. [3] Le comité formé à Paris pour l’apprentissage des jeunes orphelins, a rédigé pour ses protégés un modèle 1. eer le temps perdu. Ordinairement, l’élève ap- porte son lit et scs vétemens. Il est essentiel d’exiger que l’élève couchera seul. Si un .prix de pension est convenu, si la rétribution doit être annuelle, elle devra être décroissante, jus- qu’au jour où l’élève est censé s’acquitter par son travail. Il est bien de stipuler qu’à l’époque où l’élève quittera son maître , il recevra de ce- lui-ci un petit pécule déterminé, qui lui servira pour s’établir à son propre compte [3]. 4° La garantie de l’exécution. — Le contrat doit prévoir et stipuler les cas de résiliation; la faculté en sera mutuelle. II doit prévoir le cas où l’enfant s’échapperait, celui où il serait ren- voyé pour inconduite, celui où il serait retiré par ses parens. Il doit prévoir l’hypothèse où le maître 11e remplirait pas exaclement ses obliga- tions. Des indemnités seront donc d’avance sti- pulées en faveur de celui des contractais dont les intérêts seraient lésés. L’une des plus effica- ces garanties sera du reste dans le droit, réservé au protecteur de l’enfant, île surveiller habituel- lement la conduite de l’élève et les procédés du maître, et dans le devoir que ce protecteur s’im- posera d’exercer cette surveillance avec une entière sollicitude. Cette inspection a pour ob- jet de reconnaître et de constater la conduite et les mœurs de l’élève, la manière dont il remplit ses devoirs de différens ordres, son travail, ses progrès dans sa profession, l’instruction qu'il acquiert, l’état de sa santé, ses besoins; le trai- tement qu'il éprouve de la part de son maître, leur attachement réciproque. Les résultats de ces inspections, consignés sur des tableaux réu- nis et conservés, serviront à établir d'utiles comparaisons , et deviendront des renseigne- mens qu’on pourra consulter par la suite, en différentes circonstances. ARTICLE III. De l'emploi des enfans dans les travaux de la campagne. Il est naturel que les enfans des familles pau- vres qui habitent dans les campagnes, soient de contrat d’apprentissage qui ne laisse rien à désirer, et que nous recommandons aux bienfaiteurs des enfans pauvres. On le trouve à la suite du réglement de ce co- mité, en date de février 1831, et dans le Bulletin de la société des établissemens charitables, t. r*, n° 4. 31](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b28749650_0001_0523.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)


