Volume 1
De la bienfaisance publique / par M. le bon de Gérando.
- Joseph Marie, baron de Gérando
- Date:
- 1839
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Credit: De la bienfaisance publique / par M. le bon de Gérando. Source: Wellcome Collection.
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![l’autorité paternelle ne fût pas consultée; que l’administration publique ne se chargeât d’une entreprise trop compliquée et trop difficile; que les dépenses du service des secours publics, déjà si énormes, n’en fussent encore accrues. La proposition de Pitt n’eut pas plus de succès que celles qui, avant lui, avaient déjà occupé le parlement. SirPeregrine Courtenaya reconnu que le plan de Pitt, dans son ensemble , n’était pas praliquable. 11 a fait, relativement à l’appel des enfans dans des écoles de travail, une dis- tinction judicieuse, suivant que la vie de fa- mille est favorable ou défavorable aux enfans , d’après la conduite des parons cl les dispositions des enfans eux-mêmes. « Quelquefois, dit-il , on rendrait un mauvais service aux enfans en rompant leurs liens de famille; d’autres fois , au contraire, en les recueillant dans un établisse- ment public, on les soustrairait à un danger. Mais, dans tous les cas, il ne voudrait pas qu’on assistât, à raison du nombre de leurs en- fans en bas âge, les parensqui refuseraient d’en- voyer ces enfans à l’école où les officiers de pa- roisses offriraient de les recevoir [1]. La pensée que Locke avait conçue comme devant servir de base à un bon système de pré- servatifs contre l’indigence, n’en a pas moins continué à trouver, en Angleterre, de nombreux apologistes; de nos jours, encore, M. William Davis a montré combien les écoles d’industrie seraient utiles aux enfans de la classe pauvre, alors même qu’elles ne seraient aucunement productives; il a réfuté les objections tirées de la crainte d’opposer aux manufactures établies une rivalité fâcheuse; il a indiqué en détail le genre de travaux auxquels, dans ces écoles, les enfans pourraient être utilement employés [2]. Si la législation anglaise n’a pas prescrit l’éta- blissement de ce genre d’écoles , elle a du moins laissé aux administrations locales la faculté d’en ériger; un grand nombre de paroisses en ont vu former dans leur sein, soit par leurs admi- nistrateurs, soit par des associations charitables et libres , et ces écoles ont prospéré. Les écoles d’industrie ont pris naissance, en Allemagne , à cette époque remarquable où , dans tous les états de cette belle région , l’esprit [1] Treatise uponthepoor laws ; by Th. Peregrine Courtenay, Esq. Londres, 1818; sect. v, p. 51 à 00. [5] Hints to philantropists. Bat h, 1821. [3] Voyez son écrit allemand, intitulé : Description de l’origine et de la propagation des écoles d’industrie public se portait avec tant d’ardeur aux amé- liorations philanthropiques, et en particulier au perfectionnement de l’éducation populaire. La Bohême donna le premier signal et le pre- mier exemple de la création des écoles d’indus- trie, dans celte portion de l’Europe. Le prévôt de Schulstein, que ce royaume honore comme le restaurateur de ses écoles populaires, fit en- trer les écoles industrielles dans son plan de ré- génération , les lia aux écoles intellectuelles, et consacra dix années de sa vie à l’exécution de sa bienfaisante entreprise. Dans un écrit publié à Prague , en 1779 [3], il traça le tableau de ces établissemcns, en raconta l’origine et la propa- gation dans la Bohême, rendit compte des mo- tifs qui l’avaient dirigé et des résultats qu’il avait obtenus. Le chanoine Lenhard, directeur de l’école normale de Prague, y organisa une classe d’industrie et exposa le plan de son orga- nisation intérieure [4]. Plus de 200 écoles se for- mèrent , en peu de temps , sur ce modèle. Vers le même temps, dans le nord de l’Eu- rope, le pasteur Wagemann réunit aussi le dou- ble mérite , de proposer l’amélioration , et de la justifier par ses propres essais. 5G0 enfans pau- vres étaient alors entretenus à l'école de Gœttin- guc, par l’administration des secours publics de cette ville: sur ce nombre, 00 seulement étaient occupés utilement chez leurs parons , olans l’intervalle des classes; l’école d’industrie fut érigée pour donner de l’occupation aux au- tres [5]. L’administration de l’électorat de Hanovre, après avoir constaté le succès , recommanda et encouragea la propagation de ces établissemcns; et contribua à leurs dépenses sur les fonds pu- blics [6]. Les écoles d'industrie se répandirent d’abord aux environs de Goettingue, et réussirent dans les villages, comme dans la capitale. Le pasteur Martin et le conseiller provincial de Grebenstein introduisirent à leur tour cette amélioration dans la liesse électorale : le pre- mier à Wilhcmshausen, le second aux environs de Cassel. La société des arts et d’agriculture de cette dernière ville distribua des prix aux élèves les plus laborieux [7]. en Bohême. — [4] Magasin de Goettingue, 1780, t. f«- p. 289 et. 301. [5] Ibid., p. 131. [6] Circulaire du Consistoire royal de 1790. [7] Magasin de Goettingue, t. i<r, p. 404.](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b28749650_0001_0527.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)


