Volume 1
De la bienfaisance publique / par M. le bon de Gérando.
- Joseph Marie, baron de Gérando
- Date:
- 1839
Licence: Public Domain Mark
Credit: De la bienfaisance publique / par M. le bon de Gérando. Source: Wellcome Collection.
528/552 page 486
![Alors régnait à Wurtzbourg un prince-évê- quc que l’Allemagne était accoutumée à rencon- trer toujours le premier clans la carrière des travaux utiles à l’humanité, qui y employait à-la-fois et l’inlluence du ministère évangélique et les ressources de la puissance temporelle. Dès 1789, on le voit recommander, par l’organe de la commission administrative des écoles, la création des écoles (Vindustrie, et donner les di- rections convenables pour atteindre le but [1]. Magdebourg, à la même époque, voit s’ouvrir, par les soins de son collège des pauvres, une école d’industrie pour 200 enfans. Berlin et la Prusse s’empressent d’adopter l’institution [2]; en Saxe, Gotha suit cet exemple. A Hambourg, le gouvernement, la société de secours qui ve- nait de se former dans cette ville, et le zèle indi- viduel de scs citoyens, concourent à ériger les nouvelles écoles qui obtiennent bientôt une juste célébrité. On avait admis à Hambourg, comme une règle fondamentale, que « les secours ne « seraient accordés à aucune famille, pour un « enfant au dessus de 0 ans ; que les enfans de »t cet âge seraient envoyés à l'école d’industrie « où ils recevraient et le prix de leur ouvrage, <c et une rémunération de 16 à 20 sous par se- u maine, en raison de leur assiduité, de leur u conduite, de leur application, et indépendant- <( ment des récompenses extraordinaires. » Trois espèces distinctes d’écoles furent ainsi établies, suivant l’âge, le sexe et le genre d’occupations. Dès 1790, 397 jeunes garçons, et 236 jeunes filles suivaient l’école de filature [3]. Dans le royaume de Wurtemberg, les écoles d'industrie furent introduites, en 1793, par le pasteur Kohler, à Birkach, dans le cercle de Stuttgard. En même temps, on ouvrait à Mar- bach un établissement public, où le travail était offert aux enfans pauvres en même temps qu’aux adultes. En 1808 et 1810, les ordon- nances du gouvernement pour le régime des écoles publiques, prescrivirent d’associer une école de travail à l’école d’instruclion élémen- taire : bientôt on commença, sur divers points, à réaliser cette combinaison. [1] Instruction du 26 mai 1789. [2] On compte actuellement environ 600 enfans dans les écoles d’industrie de cette capitale. [3] Voyez le Tableau historique de l’institut pour les pauvres de Hambourg. Paris et Genève, 1809, page 55. § 2. Développemens qu’ont pris les écoles d’industrie depuis le commencement de ce siècle. Nulle part en Europe, le système des écoles d’industrie n’a pris un développement aussi ra- pide, ni aussi étendu que dans le Wurtemberg, où nous venons de le voir introduire. Sous le règne du roi actuel, et depuis 1816, les écoles d’industrie ont acquis, dans ce royaume, un développement si rapide et si étendu, qu’au 1er mai 1830, on en comptait dans 80 villes de ce royaume et dans 378 bourgs ou villages [4]; en 1832, le nombre en était porté à 468, dont 163 protestantes et 293 catho- liques. Le nombre des enfans qui les fréquen- taient à cette époque s’élevait, savoir : Pauvres. Non pauvres. Total. Garçons. . . 1,496 700 2,193 Filles. . . . 9,767 8,703 18,470 Totaux. . 11.263 9,403 20,666 On remarquera que le nombre des garçons, dans ces établissemens, forme seulement i/io° des élèves, et que les filles en forment les 9 autres. La société de bienfaisance du royaume de Wurtemberg, fidèle à son principe fonda- mental, celui qui considère comme le meilleur système de bienfaisance les moyens de prévenir l’indigence par le développement du travail, a puissamment secondé cette création, par tous les moyens d’encouragement et de persuasion qui sont en son pouvoir. Les écoles de travail ne se sont pas moins multipliées dans le grand-duché de Baden, par le concours des mêmes cncouragemens. On aime à entendre attester, par ceux qui surveil- lent ces établissemens, que les enfans s’y ren- dent avec joie, y accourent quelquefois dès l’aube du jour, y travaillent avec ardeur, en sor- tent avec une habileté remarquable pour l’exer- cice de divers métiers; que leurs mœurs s’en améliorent ; qu’ils y contractent un plus grand respect pour l’ordre et la régularité; qu’ils réus- sissent mieux dans leurs études [5]. [i] Voyez l'ouvrage de M. Schmidlin, intitulé : Coup- d’oeil général sur l’administration des pauvres dans le Wurtemberg. Octobre 1850. [5] Voyez l’ouvrage allemand de I\I. Schmidlin , inti- tulé : Sur les établissemens publics d’industrie pour les enfans. Stuttgard, 1821, § 50, etc.](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b28749650_0001_0528.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)


