Volume 1
De la bienfaisance publique / par M. le bon de Gérando.
- Joseph Marie, baron de Gérando
- Date:
- 1839
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Credit: De la bienfaisance publique / par M. le bon de Gérando. Source: Wellcome Collection.
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![En Allemagne, les écrivains philanthropes se sont empressés à l’envi de recommander cette amélioration dans l’éducation populaire. A leur tète reparaît encore le pasteur VVagemann; il réclame, en faveur de l’enseignement et de l’in- dustrie, une alliance étroite avec les autres branches d’instruction [i]. Dans son intéressant recueil périodique sur les élablissemens d’hu- manité [2], il rassemble et compare les laits re- latifs aux écoles d’industrie pour les pauvres, et s’efforce de propager leur adoption. Campe, a qui son amour pour l’enfance a valu une gloire si pure, Campe s’associe à ces généreux ellorts; un concours de gens de bien y applaudit et l’encou- rage : Scxlro [3], Sachrnann [4], Krumtz [5], Riemann [6], Herzer [1], Gotsrnuth [s], Wan- gerow [9j, Blach [10], tracent des plans pour ces écoles, en écrivent l’histoire, en préconi- sent les avantages. De nos jours, le digne secré- taire de la société de bienfaisance du royaume de Wurtemberg, auquel il appartenait, par des titres tout particuliers, de traiter un semblable sujet, résumant les réflexions de ses prédéces- seurs, les résultats des faits observés, a , dans un écrit qui mérite de devenir élémentaire [11], considéré les écoles d’industrie sous tous les aspects, dans tous leurs élémens, et a présenté spécialement le tableau de celles qui existent dans le royaume de Wurtemberg. La Suisse s’est empressée de participer à ce genre d’institutions. O11 \ oit à Bâle, dans la mai- son appelée le Klingenthal, 70 enfans des deux sexes occupés à divers travaux manuels, dans l’intervalle des leçons de l’école ;à Vevey. lia enfans sont réunis dans une école d’instruction et de travail, où ces deux exercices sont heureu- sement associés. A Lausanne, à Berne, à Nyon, de jeunes filles sont rassemblées pour se former en commun aux travaux de leur sexe. Un grand nombre d’écoles d’industrie ont été ouvertes, en Angleterre, par le zèle des associations de bienfaisance. Dans la seule ville de Londres, on en compte six au moins contenant plus de 000 élèves des deux .sexes, en nombre à-peu-près égal. La société des amis a joint à ses deux hos- pices de vieillards , des établissemens de travail pour les enfans ; on y enseigne en même temps aux élèves, la religion, la lecture, l’écriture et l’arithmétique commerciale. Si le climat, si les mœurs de fllalie, favori- sent peu l’amour du travail chez les habitans d’une contrée où la nature s’est montrée si pro- digue envers l’homme ; si une disposition géné- rale au repos, et le goût du far niente, contribuent plus encore dans ce pays que dans les autres contrées de l’Europe,à multiplier la misère née de la fainéantise, cette justice doit être rendue cependant aux gouvernemensitaliens qu’ils s’ap- pliquent avec soin à encourager l’éducation du travail, dès l’enfance, au sein des classes malai- sées de la société. Déjà nous avons vu que l’ap- prentissage des métiers, que les ateliers de divers genres, sont partout un élément essentiel des institutions formées pour les orphelins, pour les enfans trouvés de tout genre; que les conserva- toires de filles sont de véritables ouvroirs. et quelquefois même une sorte de manufactures. L’hospice apostolique de Saint-Michel à Rome, par exemple, renferme une école d’industrie fort étendue et fort bien organisée, pour les enfans des deux sexes. Des écoles d’industrie propre- ment dites ont été ouvertes aussi sur plusieurs points. Le chanoine Manfredi, en 1818, en a établi une que Léon xn a cherché à encourager, et que monsignor Morichini propose d’étendre à l’éducation agricole. Léon xn, en 1824, en in- stitua une autre, sur de plus grandes bases, dans l’hospice de Sainte-Marie-des-Anges : les jeunes garçons sont placés sous la direction des frères de la doctrine chrétienne ; ils reçoivent [1] Ueber die Bildung des Folks zur Industrie ( sur la manière de former le peuple à l’industrie). Gœtlin- gue,1791. [2] Goettingisclies Magazin fiir Industrie und Ar- menpflege (Magasin de Gœttingue pour l’industrie et l’assistance des pauvres), 1789, 1er vol., 1er cahier, p. 1, 35, 44, etc. [5] Sur la manière de former la jeunesse à l'indus- trie. Gœttingue, 1785 (en allemand). [4] T)es écoles d industrie, considérées comme un be- soin essentiel des écoles bourgeoises. Brunswick , 1802 (en allemand). [5] Voyez son Encyclopédie, t. 1er, art. École. [6] Recueil mensuel de Berlin. Octobre 1802. [7] Gesammte Nachrichten von Industrie-Schulen (Récits sur les écoles d’industrie). Ratisbonne, 1793. [8] Voyez sa Bibliothèque sur les ouvrages d’éduca- tion. [9] Sur Véducation de la jeunesse pour l’industrie. Hirschberg, 1809. [10] Principes pour former la jeunesse à l’industrie (en allemand). [11] Voyez l'ouvrage ci-dessus cité : Sur les établisse- mens publics d’industrie pour les enfans, elc.](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b28749650_0001_0529.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)


