Volume 1
De la bienfaisance publique / par M. le bon de Gérando.
- Joseph Marie, baron de Gérando
- Date:
- 1839
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Credit: De la bienfaisance publique / par M. le bon de Gérando. Source: Wellcome Collection.
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![en redoublent l’intérêt par des entretiens fami- liers et paternels, leur facilitent l’étude, par les explications, et leur font sentir le prix des con- naissances parles résultats pratiques. Si la saison ne permet pas de travailler dans les champs, vous retrouvez les élèves dans des ateliers de charronnage et de construction pour les instru- mens aratoires ; ou bien vous les voyez occupés au triage des grains, à des ouvrages de vannier, tressant des nattes ou des chapeaux de paille, fabricant des sabots, ou même filant, tricotant, aidant le tailleur ou le cordonnier. Les dimanches et fêtes, un autre spectacle se déploie. Aux céré- monies du culte, aux instructions morales et re- ligieuses succèdent les exercices gymnastiques, les manœuvres militaires , la musique instru- mentale et vocale ; réunis dans une salle ou sous l’ombre des tilleuls , ils exécutent des concerts , et partout la satisfaction les accompagne, la sé- rénité respire sur leur front. L’école est partagée en deux divisions très distinctes : celle des garçons et celle des filles [1]; la première contient 150 élèves, la seconde 30; l’une a essentiellement pour objet de former des garçons de ferme, l’autre des servantes; il en sort aussi des instituteurs et des institutrices pour les campagnes. Plusieurs instituts analogues se sont formés en Suisse, en Allemagne, en Danemark, en An- gleterre, dans les États-Unis : ils ont été fon- dés, quelquefois par l’administration publique, quelquefois par des associations libres et bien- faisantes. Souvent ils ont été combinés avec des établissemens d’orphelins ou d’enfans délaissés, comme à Kornthal , Winnenden , Buch , Beu- gen, etc. En France, quelques essais ont été ten- tés dans fin but semblable, quoique sous des formes et avec des combinaisons différentes, à Roviile, à Grignon, à Chatillon-sur-Seine. A Cuire, près la Croix-Rousse, aux portes de Lyon, un ecclésiastique à fondé, sous le titre de Provi- dence Saint-Joseph, un institut de petits orphe- lins que nous avons eu déjà occasion de citer, et où ces enfans s’essaient aux travaux de l’hor- a publié aussi plusieurs notices sur ces beaux établisse- mens; il les a visités différentes fois, y a reçu le plus cordial accueil et la plus aimable hospitalité; il compte les jours qu’il y a passés parmi les plus heureux de sa vie, et il se félicite d’avoir* cette occasion pour exprimer à M. de Fellenberg sa profonde vénération et sa recon- naissance. [î] L’école rurale des filles d’Hofwyl est dirigée par liculture. (.es écoles rurales se placeraient aisé- ment et utilement auprès de ces fermes expéri- mentales, dont la multiplication si vivement désirée par ceux qui s’intéressent aux progrès de notre économie rurale , s’obtiendra, sans doute à l’aide des comices agricoles qui com- mencent à s’organiser. Le succès des écoles rurales instituées dans les cantons de Genève et de Vaud voisins de la France, en prouvant qu’elles peuvent s’établir au milieu de nous, sous l’empire de circonstan- ces semblables, guidera aussi dans le choix des moyens à employer pour les constituer d’une manière durable. A Carra [2], les élèves sont ré- partis en trois classes, suivant leur âge; celte distribution permet d’assigner à chaque élève l’ouvrage auquel il est plus spécialement propre; elle favorise le progrès du travail; elle entre- tient l’émulation. On s’étonne de voir avec quelle intelligence et quelle régularité des en- fans de neuf à dix ans exécutent certaines opé- rations délicates, avec quel intérêt ils suivent le développement des cultures qui leur sont confiées. Ce genre d’institution offre un caractère plus complet et atteint un but plus étendu, lorsque l’école est propriétaire du domaine exploité par elle , et lorsqu’elle se combine avec un mode perfectionné d’exploitations rurales dans de grandes proportions. M. de Fellenberg, qui a réalisé ce plan à Hofwyî, sur la plus large échel- le, estime, d’après sa propre expérience, qu’a- lors les produits de l’entreprise agricole peuvent couvrir non-seulement les dépenses annuelles de l’école, mais rembourser même, en un certain nombre d’années, les frais de premier établisse- ment. Cependant, cette combinaison présente et des difficultés et des dangers qui lui sont pro- pres. Lorsque l’école rurale s’abonne avec des propriétaires ou des fermiers qui emploient ses élèves à des conditions déterminées, elle échappe à toutes les dépenses d’exploitation ; mais elle se prive de quelques moyens d’instruction qu’au- rait offerts l’application des procédés de perfee- l’aînée des demoiselles de Fellenberg. la digne fille du fondateur, qui s’est dévouée à celte bonne œuvre avec un zèle aussi éclairé qu’infatigable. [2] L’école rurale de Carra , près de Genève . a été fondée par MM. A. Pictet de Rochemontet Boissier-le- Fort, qui ont fait les frais du premier établissement; elle est entretenue par des souscriptions ; elle contient 25 jeunes garçons sous la direction de MM. Liberhardt.](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b28749650_0001_0536.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)


