Volume 3
Gallia typographica : ou, Répertoire biographique et chronologique de tous les imprimeurs de France depuis les origines de l'imprimerie jusqu'à la révolution.
- Lepreux, Georges, 1857-1918.
- Date:
- 1909-1914
Licence: In copyright
Credit: Gallia typographica : ou, Répertoire biographique et chronologique de tous les imprimeurs de France depuis les origines de l'imprimerie jusqu'à la révolution. Source: Wellcome Collection.
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![était redevenu garde L Je me garde donc de fixer des limites de leurs exercices respectifs et je me borne aux quelques notes que je puis justifier. Pour le plus ancien des Crevel, je renverrai d’abord le lecteur à un arrêt du Parlement de Rouen, du mois de septembre 1578 1 2, où on le voit aux prises, en même temps que Robert Mal- lard, avec les libraires de Paris, Gilles Beys et Denis Du Val, au sujet d’un psautier, qu’il était accusé d’avoir indûment imprimé. Lui et son collègue firent valoir devant les juges que les libraires de Paris tendaient à accaparer toutes les impressions et à réduire à la mendicité « les pauvres imprimeurs » de province ; que naguère déjà, Jacques Kerver, de Paris, avait succombé à Rouen dans une affaire bien autrement importante; bref, ils gagnèrent leur procès et obtinrent la permission de « vendre, débiter et distribuer » les psautiers qu’ils avaient imprimés. Certes, je suis respectueux des décisions de la justice, mais je me demande si celles-là étaient équitables ; je ne connais pas le psautier en question, mais j’ai vu certaines Heures à /’usage de T{puen, précisément imprimées pour le compte de ce Jean Crevel3, dont presque toutes les gravures étaient de hardies contrefaçons, on peut dire des copies trait pour trait, de celles de Kerver. Il apparaît donc que si les imprimeurs de Paris cherchaient à ruiner leurs collègues de la province, ceux-ci ne se gênaient pas pour détourner à leur profit le Pactole qui coulait vers la capitale. Notre Jean Crevel, en particulier, était un pillard émé- rite et s’il prenait le texte de l’un et les gravures de l’autre, il n’hé- sitait pas non plus à copier la marque d’un troisième : c’est en effet celle de Jean Foucher, imprimeur à Paris, qu’il s’était appropriée 4, sans en excepter la devise : Ne que qui plantât, neque qui rigat est (1) Voy. suprà, p. 17. — (2) Documenta, no 519. — (3) V. plus loin la notice de Jean Desnoyers. — (4) On la trouve en particulier sur l’ouvrage suivant : — Manvel ge- / neral et instruction / des cvrez et vicaires, con-/ tenant sommai- rement le deuoir de leur / charge, soit à faire Prosnes, administrer les / saints Sacremens, & enseigner leurs parois-/ siens, par exhortations propres, adaptées à / iceux. Le tout tiré des Escritures Saintes, & / anciens Docteurs de l’Église./ Auec plusieurs Sermons pour la déclaration des / ceremonies de l’Eglise de Dieu. / Par F. Denis Peronnet, Docteur en théologie, en / l’Vniuersite de Paris, Carme de Meleun. / A Reuerend Pere en Dieu, Messire François de Salai- / gnac, Euesque de Sarlat / Le tout augmenté par le mesme Autheur. [Marque représentant un arbre auprès duquel sont deux hommes, l’un plantant, l’autre arrosant, en haut dans une gloire le nom de Jéhovah en hébreu, à l’entour un listel contenant la devise rapportée ci-dessus.] A Roven, / Chez Iean Creuel, libraire : au portail / des Libraires. / M.D.LXXXI. (In-8. 248 f. ch. sll. B. N., D. 2111 5.)](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b29006375_0003_0128.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)


