Epilepsie : folie épileptique / par Jules Christian.
- Christian Jules, 1840-1907.
- Date:
- 1890
Licence: Public Domain Mark
Credit: Epilepsie : folie épileptique / par Jules Christian. Source: Wellcome Collection.
Provider: This material has been provided by the Royal College of Physicians of Edinburgh. The original may be consulted at the Royal College of Physicians of Edinburgh.
43/164 page 43
No text description is available for this image
No text description is available for this image
No text description is available for this image![ont été les esclaves et les contrastes singuliers de leur existence. L’histoire de Flaubert est pleine de particularités qu’il faut rap- porter au mal dont il souffrait. Néanmoins il demeure établi que des hommes d’une intelligence supérieure ont pu être épilep- tiques, durant une longue vie, sans que leurs facultés maîtresses aient subi aucune atteinte. Que si nous descendons de ces sommets et que nous considé- rions ceux qui, bien qu’atteints du mal sacré, ont pu satisfaire cependant à toutes les exigences de leur position sociale, nous serons forcésdereconnaîtrequ’il enexisteun nombre considérable. Legrand du Saulle, dans un de ses derniers ouvrages, prétend qu’il y a en France environ quarante mille épileptiques, sur les- quels quatre mille seulement sont enfermés dans les asiles d’aliénés et les maisons de santé. Restent trente-six mille qui vivent en liberté et sur lesquels il y en a certainement un bon nombre qui sont infirmes, incapables. Mais combien d’autres remplissent des fonctions, exercent des métiers, dirigent des affaires ! Les auteurs ont en général prêté peu d’attention à ces faits; ils les considèrent comme rares et exceptionnels, alors qu’au con- traire ils sont très fréquents. Esquirol (1) rapporte l’histoire d’un jeune homme qui, après dix-neuf ans de maladie, avait conservé toute son intelligence; « c’est le seul que je connaisse, ajoute-t-il, et j’ai vu plus de six cents épileptiques! » Ce qui s’explique, non comme le croyait Esquirol, par la rareté du fait, mais uniquement parce que le médecin n’est consulté que pour les cas graves. Renaudin (2) cite un épileptique qui était parvenu à dissimuler sa maladie pendant plus de quatorze ans; il avait pu se faire admettre deux fois comme remplaçant et avait résisté aux fatigues de la guerre d’Afrique. J’ai connu un conducteur des ponts et chaussées qui, âgé de près de 60 ans, remplissait encore parfaitement ses fonctions. Il était marié, avait deux filles bien portantes, et cependant, depuis son enfance, il n’avait cessé d’être tourmenté par des attaques de haut-mal. (1) Tome I, p. 281. (2] Annales médico-p^ijchologiques, I8o0, p. 478.](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b21726401_0045.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)