De la prostitution dans la ville de Paris, considérée sous le rapport de l'hygiène publique, de la morale et de l'administration / ouvrage appuyé de documens statistiques puisés dans les archives de la Préfecture de Police ; avec cartes et tableaux. Précédé d'une notice historique sur la vie et les ouvrages de l'auteur, par Fr. Leuret.
- Alexandre Parent du Châtelet
- Date:
- 1836
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Credit: De la prostitution dans la ville de Paris, considérée sous le rapport de l'hygiène publique, de la morale et de l'administration / ouvrage appuyé de documens statistiques puisés dans les archives de la Préfecture de Police ; avec cartes et tableaux. Précédé d'une notice historique sur la vie et les ouvrages de l'auteur, par Fr. Leuret. Source: Wellcome Collection.
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![quelques autres, et l'ignorance absolue de tous. Qu'on ne croie pas ce- pendant que ces investigations aient été pour moi stériles; elles m'ont fait découvrir l'importance de mon travail, elles m'ont mis sur la voie de plus d'une recherche utile, et, sous ce rapport, j'ai des obligations aux auteurs qui m'ont précédé. J'ai dû passer ensuite aux documens renfermés dans les archives de la préfecture de police. Mais ici se présentait plus d'une difficulté : jamais les cartons renfermant ces documens n'avaient été ouverts à qui que ce soit; pouvait-on, sans inconvénient, les confier à un étran- ger ? n'avait-on pas à craindre quelque indiscrétion de la part de cet étranger, et ne courait-on pas le risque de compromettre ainsi des in- dividus ou même des familles respectables ? Ces raisons majeures arrê- tèrent quelque temps les chefs de l'administration qui me connaissaient bien , mais qui ne pouvaient comprendre les motifs qui me faisaient agir ; j'insistai, je ne me rebutai point par les réponses évasives : je m'a- dressai enfin à M. Delavau, qui m'accorda tout ce que je demandais. Quelques mois me suffirent pour épuiser la mine dont on m'avait rendu maître ; je fis bien de ne pas retarder, car à peine avais-je fini qu'il vint un ordre de mettre au pilon tous les papiers que je venais de remuer ; je dois avouer que cette mesure était nécessaire , mais on a détruit par là quelques documens curieux qu'un examen préalable aurait pu conserver. Il existe à la préfecture de police une importante division connue sous le nom de Bureau des Mœurs ; là se trouvent des registres et des papiers d'une haute importante, là sont des hommes d'un mérite con- sommé, d'un expérience immense , et qui, dans leurs attributions res- pectives , rendent à la chose publique des services d'autant plus méritoire s que ces services sont ignorés et rétribués d'une manière très mesquine : je rendrai à ces hommes ce qui leur appartient, et en faisant connaître le bien qu'ils opèrent, j'aime à croire que le public reviendra des in- justes préventions qu'il peut avoir à leur égard. J'ai puisé largement à cette source précieuse , et je puis dire que c'est dans ce Bureau que j'ai composé mon livre ; j'en suis redevable à la bienveillance de M. Debelieyme et de M. Mangin ; ce dernier surtout prenait à mon travail un tel intérêt, qu'il me fit plusieurs fois appeler dans son cabinet pour stimuler mon zèle et m'encourager par quelques paroles flatteuses ; j'en suis encore redevable, depuis la révolution de juillet, à MM. Girod (de l'Ain), Baude, Vivien et Gisquet. 11 m'a fallu plusieurs années pour achever, dans ]e Bureau dont je parle , le relevé , non-seulement des écritures qu'on y tient et des regis- tres qu'on y conserve, mais encore des dossiers individuels tenus sur](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b21489154_0026.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)