Volume 1
Flore médicale / décrite par F.P. Chaumeton ; peinte par Mme E. P..., et par P.J.F. Turpin.
- Date:
- 1814-1820
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Credit: Flore médicale / décrite par F.P. Chaumeton ; peinte par Mme E. P..., et par P.J.F. Turpin. Source: Wellcome Collection.
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![septenibre et d'oetobre, e'poque a laquelle des fievres ar- dentes, des diarrhees rcbelles, des ardeurs d'urine, tour- menterit les naturcls du Senegal, et plus encore les Euro- peans qui habitent ce pays. Graces a la tisane de baobab et a l'abstinence du vin, Adanson et un officier francais joui- rent seuls d'une sante inalterable, tandis que tous lours compatriotes etaient alites. Dans son etat de fraicheur, le fruit da baobab, que les Francais nomment pain de singe, a une saveur aigrelette qui plait. Desseche, il fournit une pulpe, laquelle reduite en poudre est prescrite , soit en substance, soit infusee dans l'eau, pour calmer l'ardeur de la soif, moderer, ou meme dissiper les flux diarrheiques et dysenteriques. La coque ou l'ecorce ligneuse de ce fruit, et celui-ci lorsqu'il est gate, servent aux Negres a faire un excellent savon, en tirant la lessive de ses cendres , et la melant a l'buile de palmier qui commence a rancir. Les Negres font encore un usage bien singulier du baobab. La carie creuse souvent le tronc de cet arbre moustrueux : ils savent profiler de ces cavites, qu'ils regularisent, pour en former des chambres obscures, ou plutot de vastes ca- vernes, dans lesquelles ils pendent les cadavres des indi- vidus qu'ils jugent indignes des bonneurs de la sepulture; tels sont les Guiriots 7 espece de jongleurs, des deux sexes, poetes-musiciens, charges de presider aux fetes, tres-nom- breux a la cour des rois negres, qu'ils divertissent etflattent a outrance dans leurs chansons (5). Le peuple noir regarde ces bouffons comme des sorciers, les craint et les respecte pendant leur vie, et les voue a l'execration des qu'ils n'exis- tent plus. Les cadavres ainsi suspendus se desscchent par- faitement, et deviennent de veritables momies, sans aucunc preparation. (3) Les cours <le nos monarques civilises sont cerlaincment plus depravces, plus conompufs que celles des Wegies et de tous les autrcs peuples epie nous appelons barbares et sauvages. TN'est-ce pas cnez nous que fourmillent ecs etres degrades et indignes du noni d'homme, qui lisent leur destinee dans les regards d'un despote? West-ce pas chez nons que pullulent eelte verminc d^goiitantc qui se iralne sous les pieds d'un mailre , celte canaille aduiatrice, ces vils iulliculaircs prdts a vendre leur plume h qui vcut la payer? ]Nesl-ce pas cliez nous qn'on rencontre par millicrs ces ecrivains mcrcenaircs que 1 infortune Desorgucs a parfaitenlent signales et ffctris dans la pcrsbnne du pretendn Pindarc francais ? Oui, le fleaii le plus funcste D'line lyre batiale obtiendrait dds adcords; Si la peste aVait d<!s tre'sors, Lcbniii serait soudain le channc dc la p'csie.](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b21901430_0001_0424.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)


