Volume 1
Nouveau traité de diplomatique, où l'on examine les fondemens de cet art; on établit des règles sur le discernement des titres, et l'on expose historiquement les caractères des bulles pontificales et des diplömes donnés en chaque siècle : avec des éclaircissemens sur un nombre considérable de points d'histoire, de chronologie, de critique & de discipline ... / Par deux religieux Bénédictins [i.e. R. Tassin and C.F. Toustain] De la Congrégation de S. Maur.
- Toustain, Charles François, 1700-1754.
- Date:
- 1750-1765
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Credit: Nouveau traité de diplomatique, où l'on examine les fondemens de cet art; on établit des règles sur le discernement des titres, et l'on expose historiquement les caractères des bulles pontificales et des diplömes donnés en chaque siècle : avec des éclaircissemens sur un nombre considérable de points d'histoire, de chronologie, de critique & de discipline ... / Par deux religieux Bénédictins [i.e. R. Tassin and C.F. Toustain] De la Congrégation de S. Maur. Source: Wellcome Collection.
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![malgré leur obfervation la plus exade , un diplôme ne laide pas detre une production apocriphe des fiècles poftérieurs ou même d’être reconu pour faux. Ainfi l’antiquaire fe trouve en état, de donner aux autres une certitude morale , que ce titrc*ci eft fupofé, & celui-là véritable. Il n’y a que cette ef- pèce de certitude phyfique , qui réfulte de l’infpedion des originaux, dont il ne puilfe leur faire part,. fans les rendre antiquaires. * / Mal à propos s’imagineroit-on, qu’une formule , qu’un ufage doit être fufped, à proportion qu’il eft rare dans un certain tems, quoiqu’il y en ait des exemples. Loin d’être fufped à raifon de fa rareté , on doit plutôt en tirer un bon augure en fa faveur. Car la difîculté de trouver des formules rares, pour les contrefaire, ne fera-t- elle pas proportionée à leur rareté? Y a-t-il d’ailleurs quelque aparence , que dans des tems pof¬ térieurs , où à peine conoiftoit-on les ufages des fiècles précé¬ der , on ait préféré les formules extraordinaires aux plus com¬ munes ? En fupofant que ces formules rares n’auroient pas été tout à fait inconues aux impofteurs 3 n’auront-ils pas mieux aimé satacher aux coutumes &: aux formules , dont les mo¬ dèles étoient plus ordinaires ? Opofer les ufages les plus com¬ muns à ceux qui le font moins ; c’eft cependant le moyen, dont font plus de bruit la plupart de ceux , qui s’infcrivent en faux fans bonne raifon contre quelque pièce ancienne. VIL Voici un nouvel adverfaire , trop judicieux, pour ne pas fuivre ordinairement les décidons de D. Mabillon mais trop complaifant, pour ne pas céder quelque chofe à fes con- tradideurs. Si fa réputation lui donne droit de fe faire écou¬ ter ; il ne trouvera pas mauvais, que nous réfervions nos ho- mages pour la vérité feule. A l’entendre , il y eut autrefois (l) des fauftaires d’un efprit fi fubtil & d’une fi grande adref- fe ; que dans la fabrication des monumens des fiècles anté- PREM. PARTIE. S E C T. I, C H A P. II» Examen de quel» ques principes de M. Muratori, (a) Atcjtii olim non defuere falfarii tam acuti ingénu, tant&que induftris. -, ut in confingendis pr&cedentium ftculotum mo- numentis ne que contra Chronologiam ne- que contra hiftoricam eruditionem , aut Notariorum formulas quidquam peccarent ; (°o probe imitari noffent veterum characle- res & notas, aut eorum tantummodo apo- grapha confingere. Si quande eorum foetus occurrunt ( neque emm quifquam neget, quin talia ejformari potuerint , & ex iis aliqua fuperejfepojfint ),fruftra interdum artis critica fubfidia adbibentur ad falfas ejufmodi merces d veris fecernendas. Mu- rator. Antiquit. Ira], medix ævi tom.j. DifTen. 34. coh 30.](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b30454578_0001_0113.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)