Volume 1
Superstitions anciennes et modernes: prejugés vulgaires qui ont induit les peuples à des usages et à des pratiques contraires à la religion / [d'après le P. Pierre le Brun et l'abbé J.B. Thiers, avec des remarques par J.F. Bernard.] Avec des figures qui représentent ces pratiques.
- Date:
- 1733-1736
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Credit: Superstitions anciennes et modernes: prejugés vulgaires qui ont induit les peuples à des usages et à des pratiques contraires à la religion / [d'après le P. Pierre le Brun et l'abbé J.B. Thiers, avec des remarques par J.F. Bernard.] Avec des figures qui représentent ces pratiques. Source: Wellcome Collection.
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![131 voir faire des yeux humains différens des nôtres, il fatu- droit feulement que les perfonnes à qui on atrribue le rare talent de voir à travers la terre , les habits, & le Corps humain , trouvaient le fecret de rendre trans- parens les corps opaques. Un tel fecret vaudroit bien celui de la pierre Philofophale. » Decade comme indubitable , & il paiera dé même „ que tous les autres de cette nature, pour un des plus „ conftans qui foient dans notre Hiftoire. Quelque Ecrivain s’avifera peut-être de parler ainfil delà lumière boréale qui a paru cette année 1726. le 19. d’Oélobre, depuis fept heures & demie du foir Cela m a fait penfer qu il ne feroit pas inutile de fai- jusqu’au lever de la Lune deux heures après minuit. Il ~ *'■-— s’en eft pourtant fait tant de defcriptions exaêtes » que nulle perfonne qui aime la vérité , ne pourra' à l’avenir être trompé fur ce phénomène par des relations exagé¬ rées & fauies. Comme il n’ei pas fi facile de juger de là vérité ou de la fauieté de ce qu’on nous rapporte des pays fore éloignez de nous, ce n’eft qu’avec beaucoup de pré-4 cautions qu’on doit ajouter foi aux relations des voya¬ geurs ; & ce feroit rendre un grand fervice au Public, que d’empêcher qu’ils répandiflent des relations qu’on peut juflement foupçonner de menfonge. Il y a quel¬ que tems qu’on arrêta l’impreftion d’un de ces voyages fabuleux , & il feroit à fouhaiter qu’on traitât de mê¬ me tous les autres. re détromper le Public fur ce qu’on a débité touchant la vue fi perçante de la femme Portugaife. Le Public n’auroit-il pas été porté à croire'qu une femme étoit accouchée de plufieurs lapins en diverfes fois , puisque cela avoit été mis dans plufieurs Gazettes fur le certificat du Chirurgien accoucheur , & fur l’au¬ torité de l’Anatomifle du Roi, qui en avoit publié une relation comme d’un fait confiant ? Mais le Roi d’Angleterre prit de fi juftes mefures, qu’on découvrit l’impofiure , & que le même Anatomifte du Roi en a fait des excufes publiques par l’Afte fuivant traduit en François & inféré dans la Gazette d’Amfterdam du Ven¬ dredi 27. de Décembre 1726. „ Ayant contribué en quelque manière à la croyan¬ ce d’une impofture , par le narré que j’ai depuis peu »» >> n » 95 U » Il n’y en a que trop auxquels les Journaliftes on fait publié d’un accouchement extraordinaire de Lapins l’honneur de donner place dans leurs extraits. Tels font fait par le fieur Howart, Chirurgien de Guillefort, par exemple ceux qui ont pour titre les Voyages de Jean & ayant été depuis employé dans la découverte d’i- i>truys en Moscovie , en Tartane , en PerJ'e , & en plu- celle , enforte que je fuis préfentement entièrement fleurs autres pays étrangers , avec des remarques fur la convaincu que c’efi une très abominable fraude , je qualité , la Religion, &c. de tous ces pays, par M. Gla- me crois obligé par un pur égard pour la vérité d’en nius. On rapporte dans le 20. Journal, ce que l’Au- informer le public, & de l’avertir que j’ai deflein teur dit d’extraordinaire de Madagascar & deSiam, de publier dans peu une ample relation de cette dé couverte , avec quelques confidérations fur les cir- confiances extraordinaires de ce cas, lesquelles m’en ont fait avoir une fauffe notion, & lesquelles doi¬ vent , comme je l’espére, excufer en quelque maniè¬ re la bévue que j’ai faite moi-même, & qu’ont faite plufieurs autres qui ont vifité la femme en qqefiion, &c. ce 19. de Décembre 1726. S. André. Ce n’eft pas feulement par des Gazettes qu’on a ré¬ pandu des faits fabuleux ; des Hiftoriens ont eu la hâr- diefle d’ajouter à des événemens tout récens des cir- conftances, fur lesquelles il y a une infinité de perfon- nes que peuvent les convaincre de faux. La Mothe le » j> H » 95 95 apres quoi on lit : „ Ce que l’Auteur (a) de ces Mé¬ moires dit avoir vu de fes propres yeux dans l’Isle Formofa, & qu’on ne fa voit jusques ici que par oui- dire , eft quelque chofe encore de plus fingulier; c’efi que tous les Habitans de la partie méridionale de cette Isle ont derrière le dos une longue queue fembable à celle d’un bœuf. Cette fingularité eft fuivie des raretezde Mofcovie, parmi lesquelles on parle d’une espèce de concombre qui fe nourrit, dit-on, des plantes voifines. Cet Au¬ teur (b) dit que ce fruit furprenant a la figure d’un agneau, avec les pieds, la tête,& la queue de cet ani¬ mal difiinêlement formez, d’où on l’appelle en langage 3) 33 5) 33 >3 33 Vayer nous en donne deux exemples confidérables , ti- du Pays Bonnaret ou Baranez , (il faut peut-être lire rez des Hiftoriens du feiziéme fiécle. ,, La viêtoire, Borametz , comme on lit ailleurs) l’un & l’autre de ces dit-il 1 de l’Empereur Charles - Quint fur le Duc de deux noms Mofcovites lignifient petit agneau. Sa peau ** Saxe au paflage de l’Elbe, fut publiée par toutel’Ëu- eft couverte d’un duvet fort blanc, aufti délié que de rope, comme fi le Soleil avoit vifiblement retardé la foye. Les Tartares & les Mofcovites en font grand fort longtems fon cours en faveur des Impériaux, état, & la plupart le gardent avec foin dans leurs mai- Cela palfa pour fi confiant, qu'HenrilI. s’en vou- fons, où cet Auteur en a vu plufieurs. Il croît fur lut informer du DuC d’Albe , lorsqu’il vint le trou- une tige d’environ trois pieds de haut. L’endroit par ver pour le mariage d’Elizabeth de France avec Phi- où il tient, eft une espèce de nombril fur lequel il fe lippe IL La réponfe du Duc fut digne de lui, & tourne & fe baifle vers les herbes, qui lui fervent de de celui qui l’interrogeoit ; qu à la vérité tout le nourriture , fe féchant & fe Pétrifiant auflîtot que ces *’ m0nde contoit cette merveille , mais qu’il avouoit à herbes lui manquent. Les loups l’aiment & la dévo- Sa M.ajefté que le foin des chofes qui fe paffoient rent avec avidité , parcequ’elle reffemble à un agneau, alors fur la terre , l’avoit empêché d’obferver ce qui Toute cette defcription ne contient rien jusques-là d’in- fe faifoit au Ciel, accompagnant fon dire d’un fou- croyable; mais ce que l’Auteur ajoute qu’on l’a afluré ris qui témoignoit ce qu’on devoit croire touchant que cette plante a effeêtivement des os, du fang & de cela. Je prendrai le fécond exemple de ce qu’a écrit la chair, d’où vient qu’on l’appelle dans le Pais Zoo- Baptifte le Grain, que j’eftime beaucoup d’ailleurs, pbité , c’eft-à-dire , plante animal, n’eft pas fi croya- dans fa Decade de Louis le Jufte. Il dit au fixié- ble , non plus que plufieurs autres particularitez qu’on me livre qu’il obferva lui-même dans Paris l’an 1615. en dit, peu vraifemblables à ceux qui ne les ont pas fur les huit heures au foir du 26. d’Oftobre , des vues, & qui ne fe repaiflent pas de petits contes (c). hommes de feu au ciel qui combattoient avec des Voi- lances, & qui par ce fpeétacle effrayant pronofti- ^ Page 320. auoient la fureur des guerres qui fuivirent. Cepen- (b) Page 321. . dant î’étois auiïi-bien que lui dans la même ville, & (0 Le premier article des Tranfadhons ou Mémoires philofo- aantjceura .m _phiques de la Société Royale de Londres del année 1724. n. 390. je protefte pour avoir contemple alïidument jusques contient une Diflertation Latine de M.Breyn, Médecin de Dant- fur les onze heures de nuit le phénomène dont il Z[C> & de la Société Royale de Londres , touchant l’aigneau vé¬ role nue ie ne vis rien de tel qu’il le rapporte * gétal de Tartarie, nommé vulgairement Borametz. P . 1 ^ J :mnrpffinn rélefte allez ordinaire L’Auteur obferve d’abord que plufieurs Naturalises du premier mais feulement une împrellion celelte allez ordinal e ordre ont par)é fort férieufement de ce prétendu Zoophyte. Sca- en forme de pavillons, qui paroilloient & S enilam- Jiger fait ]a defcription de cetté plante, & dit entre autres chofes moient de fois à autre , félon qu’il arrive fouvent qu’elle rend du fang, lorsqu’on y fait quelque incillon. quelques en de tels météores. Infinies perfonnes qui font en- Naturalises en ont fait graver la figure fuivant leur imagination, core vivantes, peuvent témoigner ce que je dis, ot ^ jjreyn regarde ce fait comme fabuleux, parceque nul Au- néanmoins dans un fiécle l’on citera le prodige de la teur •digue de foi n’afiure avoir vu cette plante, que M. Lœmp- M m 9> >’ 9’ 5» 99 9» »> 9> 9> 9> 9» 9» 9» 9» 95 95 5’ 9» 9» 99 99 99 95 » 95 99 9» 9> 99](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b30457336_0001_0167.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)