Mémoire sur les intoxications chirurgicales : lu à l'Académie des sciences, le 10 décembre 1866 / par M. le dr Maisonneuve.
- Maisonneuve, Jacques Gilles, 1809-1897.
- Date:
- 1867
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Credit: Mémoire sur les intoxications chirurgicales : lu à l'Académie des sciences, le 10 décembre 1866 / par M. le dr Maisonneuve. Source: Wellcome Collection.
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![lion du pus, bien qu’à l’abri du contact de l’air, était néan- moins le résultat d’une action extérieure. Or, nous voyons tous les jours celte même mortification, produite par une cause tout interne, donner lieu aux mêmes ])hénomènes. Qu’un os, par exemple, se nécrose sous l’influence d’une cachexie syphilitique, scrofuleuse, tuberculeuse ou autre, immédiatement un travail suppuratif s’organise autour du séquestre, c’est-à-dire de la partie organique privée de vie. Il en est de même dans le cas de nécrosie cérébrale, pulmonaire ou autres, produites par l’oblitération embolique d’une artère. Il en est de même encore dans les nécrosies molécu- laires qui sont l’origine des abcès froids. Seulement, nous ferons remarquer que cette suppuration à laquelle ne se mêle aucun élément septique, ne provoque ordi- nairement presque aucune réaction générale, et qu’elle peut séjourner au milieu des tissus, pendant des mois et des années même, sans déterminer d’accidents graves. Lors, au contraire, que la substance étrangère possède des propriétés septiques suffisantes, non-seulement pour frapper de mort les liquides ou les tissus qu’elle touche, mais encore pour y provoquer un travail de désorganisation putride, les phéno- mènes présentent une intensité toute différente. Les liquides et les tissus touchés par la substance putride sont d’abord frappés de mort; bientôt après ils se désorganiseni, puis les produits de celte désorganisation, mêlés avec la sub- stance putride première, ayant eux-mêmes une action délétère puissante,provoquentdeprocbe en prochela mortification.C’est à peine si le pus a le temps de se former, encore se trouve-t-il mélangé de matières sanieuses putrides. C’est à cet ordre de lésions qu’appartiennent les phlegmons diffus, les anthrax, les parotides, et toute cette classe terrible de gangrènes dites in- flammatoires. Toutes ces affections ont ceci de commun, qu’une](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b22332054_0032.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)