Copy 1, Volume 1
Nouveaux élémens de pathologie médico-chirurgicale, ou traité théorique et pratique de médicine et de chirurgie ... / [L. Ch. Roche].
- Roche, L. Ch. (Louis Charles), 1790-1875.
- Date:
- 1834
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Credit: Nouveaux élémens de pathologie médico-chirurgicale, ou traité théorique et pratique de médicine et de chirurgie ... / [L. Ch. Roche]. Source: Wellcome Collection.
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![ques cas , le vaisseau a été ouvert, mais il est à peine effleuré ; l’ouverture en est trop étroite , et l’on voit le faible jet qui s’en échappe diminuer rapidement, et cesser bientôt à mesure que le sang se coagule sur les bords de l'ouverturg. 11 faut alors agrandir celle-ci, soit en plongeant de nou¬ veau la même lancette et pratiquant un mouve¬ ment d’élévation en la retirant, soit en se servant d’une lancette plus large. D’autres fois la veine a été incisée ; l’ouverture est libre et assez large , mais le sang ne coule pas, ou il cesse brusque¬ ment de coJler. Cela tient ordinairement, ou à ce que la ligature trop serrée empêche le sang d’arriver par les artères , ou à ce que le malade cesse défaire agir lès muscles de la partie , ou enfin à ce qu’il tombe en syncope. Indiquer ces causes, c’est indiquer en même temps la conduite à tenir. Enfin, souvent le sang s’échappe de l’ouverture , mais avec difficulté, et le jet, au lieu de s’élever perpendiculairement de la surface de la partie , sort en tournoyant, et il est plus ou moins incliné. Ceci tient au défaut de parallélisme entre l’ouver¬ ture du vaisseau et celle des téguraens, et il suffit de tirer ceux-ci du côté opposé à celui vers lequel le jet s’incline , pour voir le sang sortir avec faci¬ lité et dans une direction convenable. La phlébotomie est quelquefois suivie d’acci- dens. Lorsqu'un filet de nerf a été incomplète¬ ment coupé, la douleur, légère dans les cas ordi¬ naires , devient alors très-vive ( voy. ISévrite et Plaies des nerfs ). Quand l’ouverture de la peau et celle de la veine ne sont pas parallèles, et sur¬ tout lorsque la première est plus étroite que la seconde, le sang s’infiltre dans le tissu cellulaire sous-cutané , et forme une ecchymose on un trum- lus ( voy. ces mots ). La saignée produit souvent la syncope ; c’est surtout quand on lire en très-peu de temps une grande quantité de sang que cet ac¬ cident se”montre. Il faut remédier à la syncope par les moyens appropriés , et dont les plus importans sont de faire coucher le malade et d’arrêter l’écou¬ lement du sang ; enfin elle est quelquefois suivie d’hémorragie , due tantôt à quelque mouvement inconsidéré du malade , pendant lequel les lèvres de la plaie se sont écartées , tantôt à ce que le bandage trop serré empêche le retour du sang vers le centre, et le force à stagner, à s’accumuler dans le vaisseau , qu’il ne tarde pas à distendre outre mesure et dont il rompt bientôt la cicatrice commençante. Les efforts répétés d’expiration , et tous les obstacles à la circulation, produisent le même effet. Mais les plus graves accidens dont la saigée soit quelquefois suivie , sont la phlébite , l’inflammation violente du bras lui-même, et la gangrène ( voy. ces maladies ). Saignée du li as. On appelle ainsi celle qui se pratique au pli doi coude. On trouve dans cette région quatre veines que l’on peut ouvrir, et qui sont, de dehors en dedans, la céphalique,la. mé¬ diane^ la lasilûque eX la cubitale. La première de ces veines , pi’esque verticale , est plongée au mi¬ lieu d’une couche assez épaisse de tissu cellulaire graisseux qui la masque , et elle est environnée par un grand nombre de filets nerveux dont il est impossible de connaître la situation précise, et d’éviter sûrement la lésion ; la médiane plus appa¬ rente , et oblique de haut en bas et de dehors e;t dedans, est aussi environnée de ramuscules ner¬ veux, et correspond inférieurement à l’artère bra¬ chiale ; la basilique, la plus apparente et la plus volumineuse de toutes , est moins que les précé¬ dentes environnée de nerfs, mais dans son trajet oblique de haut en bas et de dedans en dehors, ^ elle est presque tout entière couchée sur l’artère brachiale , laquelle a des rapports intimes avec le nerf médian ; enfin la cubitale, ])lus apparente que la céphalique et entourée de beaucoup moins de nerfs, est ordinairement plus mobile et d’un vo- 1 lume peu considérable. Il résulte de hà que , toutes i les fois que cette dernière paraît suffisamment vo- ) lumineuse , c’est elle qu’on doit choisir, parce que | son ouverture offre beaucoup moins de chances d’accidens que celle des autres. Dans le cas con¬ traire, c’est entre la partie supérieure de la médiane et la céphalique qu’il faut opter ; mais la première étant plus apparente , c’est ordinairement sur elle il que doit tomber le choix. Enfin , bien que la basi- B lique soit la plus grosse et la plus apparente , ce I n’est que dans le cas d’absolue nécessité , et lors¬ que la saignée des autres paraît impossible ou semble devoir être infructueuse , qu’on doit se , déterminer à l’ouvrir. Lorsqu’on veut pratiquer la saignée du bras , on fait asseoir le malade , ou , s’il est faible , indocile, ou difficile à saigner , on le fait coucher sur son lit. Le bras est alors découvert, étendu et tourné en supination j on reconnaît la situation et le tra¬ jet de l’artère brachiale et ses rapports avec les veines du pli du bras, et l’on fait choix du vais¬ seau qu’oii juge mériter la préférence ; si la veine basilique est la seule qui paraisse pouvoir être - ouverte, op marque de l’ongle le point où cette . veine s’éloigne le plus de l’artère. On applique le i plein de la ligature sur la jiartie inférieure du bras à trois ou quatre travers de doigt au dessus du pli du coude , on en croise les chefs en arrière en la i serrant modérément, et on les ramène en dehors , , où on la fixe par une rosette simple sans nœud, | On laisse le membre pendant quelques instans dans une position demi-fléchie; puis, lorsque les veines sont suffisamment gonflées, le chirurgien , après avoir placé l’aide qui doit l’éclairer , ainsi que celui qui doit tenir le vase destiné à recevoir le sang, et disposé sa lancette, se place vis- à-vis du malade , en dedans du bras sur lequel il doit t opérer, étend ce membre, en saisit et en retient s l’extrémité entre son coude et le côté de sa poi¬ trine, tandis que sa main, embrassant le coude du | malade, soutient et fixe le membre, et attire les | fégumens en arrière à l’aide de la paume placée en dehors et dé l’extrémité des doigts placés en ■ dedans , pour les tendre en travers suivie vaisseau. ■ Il fait sur la face palmaire de l’avant-bras , et avec la face dorsale des doigts de la main qui doit opérer , quelques frictions dirigées de bas en haut, et à l’instant où, par l’effet de ces frictions, la veine est gonflée autant que possible, il applique sur elle le pouce de la main qui tient le coude, la ’i fixe, l’empêche de se dégonfler, et tend les tégu- , mens de haut en bas. Saisissant alors la lancette j delà main droite pour opérer sur le bras droit, et j, réciproquement ( quelques chirurgiens, qui ne *](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b29327477_0001_0052.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)


