Copy 1, Volume 1
Nouveaux élémens de pathologie médico-chirurgicale, ou traité théorique et pratique de médicine et de chirurgie ... / [L. Ch. Roche].
- Roche, L. Ch. (Louis Charles), 1790-1875.
- Date:
- 1834
Licence: Public Domain Mark
Credit: Nouveaux élémens de pathologie médico-chirurgicale, ou traité théorique et pratique de médicine et de chirurgie ... / [L. Ch. Roche]. Source: Wellcome Collection.
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No text description is available for this image![baissement ; une telle tumeur offre tous les carac¬ tères de la thyroïdite, et ne permet delà confondre avec aucune autre affection , si ce n'est avec les kystes développés dans le tissu cellulaire qui en¬ toure et recouvre la thyroïde. 11 est souvent impos¬ sible d’éviter cette méprise, qui n’est heureuse¬ ment pas dangereuse. Le volume de la tumeur peut être si considérable, qu’elle s’étende d’un angle de la mâchoire à l’autre , et, inférieurement, jusque sur la poitrine. Elle comprime alors la trachée-artère , gêne la respira¬ tion, et rend la voix l’auque, ou bien elle pèse sur les jugulaires , détermine la stupeur , et devient une prédisposition à l’apoplexie. Sa consistance , ordinairement molle, varie cependant, suivant que le ganglion est converti en kystes purulens ou hy- datidiques , en substance lardacée ou fibreuse , ou fibro-cartilagineuse ou osseuse , ou qu’il a con¬ servé sa texture naturelle. La forme en est ordi¬ nairement arrondie , mais elle est quelquefois bilobée , ou inégale et bosselée. Dans quelques cas, la tumeur est chaude et douloureuse, et la peau qui la recouvre devient rouge et luisante. Enfin , elle devient parfois le siège de douleurs lan¬ cinantes , et l’on voit des veines variqueuses ram¬ per sous la peau qui la recouvre. Marche^ durée^ terminaison etiwonostic. Le dé¬ veloppement de la thyroïdite est presque toujours fort lent, et la maladie dure souvent autant que la vie de l’individu ; elle se termine cependant assez souvent par résolution , soit provoquée par l’art , soit spontanéej ce dernier mode de résolution a lieu surtout lorsque les goitreux viennent à quitter leur pays natal ou celui dans lequel ils ont contracté la maladie. Lorsque la suppuration en est la suite , le pus se fait quelquefois jour au dehors , et il en résulte , dans plusieurs cas , une fistule difficile à guérir (voyez Fistules). Cette maladie compromet très-rarement la vie et même la santé de ceux qui en sont atteints ; elle est seulement désagréable par la difformité qu’elle occasione, ou gênante par sa masse et son poids. Traitement. L’obscurité qui a pendant si long¬ temps régné sur la nature du goitre a rendu son traitement tout-à-fait empirique , et toutefois cet empirisme a coij.duit à des résultats assez avanta¬ geux. M. Coindet de Genève ayant découvert la présence de l’iode dans l'éponge depuis long-temps employée contre cette maladie, soupçonna que ce corps simple en était le seul principe actif, et l’ex¬ périence vint bientôt confirmer ce soupçon. Depuis lors, l’iode a été employé par un grand nombre de médecins contre la thyroïdite, et souventavec suc¬ cès. On se sert de la teinture ou du sirop d’iode à l’in¬ térieur, et des frictions avec la pommade d’hydrio- date de potasse sur la tumeur. Nous avons guéri un goitre assez volumineux par le sirop et la pom¬ made. Ce médicament est en général assez diffici¬ lement supporté par l’estomac ; il faut l’administrer avec précautions, et en suspendre l’emploi aussi¬ tôt qu’il irrite cet organe. Les frictions déterminent parfois l’inflammatjou de la tumeur j il faut donc aussi les suspendre dès que la douleur s’y mani¬ feste , détruire l’irritation par les applications des sangsues et les cataplasmes émolliens et narcoti¬ ques avant de revenir à leur emploi. Il est probable que la méthode antiplogistiquir employée avec persévérance, au début de la mala¬ die, en procurerait souvent la guérison; mais lors¬ qu’elle est ancienne , et que le corps thyroïde a ! subi l’une des dégénérescences dont nous avons ' parlé , que pourrait cette méthode ? Cependant, comme il est presque toujours impossible de re¬ connaître le mode d’altération pendant la vie , il serait rationnel de commencer le traitement de la plupart des goitres par des applications de ; sangsues , des cataplasmes émolliens et narco¬ tiques , des légers astringens , et tous les moyens hygiéniques propres à régulariser les fonctions. ! Ce ne serait qu’après s’être convaincu de l’impuis¬ sance de ces moyens, que l’on aurait recours aux autres. Lorsque la thyroïdite s’est terminée par suppu¬ ration, d’une manière rapide ou lente, la guérison offre plus de chances. On attend que toute la tu¬ meur soit suppurée , et qu’il ne reste plus aucune dureté , et alors , si le pus s’est formé après une , vive inflammation , on lui donne issue par une in¬ cision pratiquée avec un bistouri ; s’il s’est formé lentement , on l’évacue par une légère ponction faite avec la pointe du bistouri ou un trocart. Quand la matière , purulente ou non, qui remplit la tumeur, existe dans plusieurs loges séparées , le meilleur parti à prendre est de traverser toute la niasse par un séton. On a même eu recours à ce moyen avec succès dans des cas de goitres non suppurés , mais peu consistans. Il arrive quelque¬ fois, qu’en croyant ouvrir un abcès du corps thy¬ roïde, on voit s’échapper du fluide hydatidique par i l’incision ou la ponction ; il faut alors agrandir la plaie, et faire sortir toutes les hydatides par la j pression; et si l’on ne peut y parvenir, mettre à 1 découvert toute la poche , afin de la vider plus fa¬ cilement. Enfin , si le goitre est devenu cancéreux et menace les-jours du malade, on peut procéder à son extirpation. Cette opération est toujours très difficile et très-grave, eu raison du grand nom¬ bre d’artères , de veines et de nerfs qui entourent ou pénètrent la tumeur, des fortes adhérences qu’elle contracte avec la trachée-artère, et de l’in- . flammation souvent violente qui la suit. Cepen- dant elle compte quelques succès; il vaut donc mieux y recourir que d’abandonner le malade à une mort certaine ; mais il ne faut le faire que lorsque le goitre est peu volumineux, pédiculé, et peu adhérent; car, lorsqu’il est considérable, très- étendu en avant et sur les côtés , et fortement uni à la trachée - artère , toute tentative d’extirpa¬ tion serait téméraire et hâterait infailliblement la perte du malade. Nous renvoyons, pour la ma¬ nière de la pratiquer, à la classe des Désorganisa¬ tions. Le goitre a , dans quelques cas rares , le carac¬ tère des tumeurs fongueuses. (Voyez Productions morbides.) Si, par une erreur très-facile à commet- ' tre, on venait à porter l’instrument sur une telle tumeur prise pour un abcès, on devrait s’empres¬ ser de réunir les lèvres de l’incision aussitôt que l’on reconnaîtrait la nature du mal, afin d’empêcher l’accès de l’air, l’irritation et la végétation du fon- gus au-dehoi’S, dont les suites sont toujours des ])lus graves.](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b29327477_0001_0094.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)