Parallèle des traditions mythologiques avec les récits bibliques.
- Jules Corblet
- Date:
- 1845
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Credit: Parallèle des traditions mythologiques avec les récits bibliques. Source: Wellcome Collection.
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![Druides enseignaient l’immortalité de l’âme. Les cou- pables , renfermés dans Ylfurin ( enfer ), devaient être brûlés par des poisons rongeurs ; leur corps qui sert de pâture aux loups et aux reptiles , doit renaître toujours pour être dévoré sans cesse, (i ) Le Paganisme hellénique se montre inspiré de ia plus riante imagination , quand il dépeint le printemps éter- nel qui fleurit dans les champs Elysées ; mais il s’élève à une poésie bien plus grandiose , dans la description du Tartare : Cerbère veille à la porte de ce sombre empire, entouré d’une triple ceinture de fleuves. — Les trois Parques y filent la destinée des mortels ; trois juges re- doutables tiennent leur sort entre les mains. — Malheur à ceux qui sont condamnés par un arrêt irrévocable ! car leurs cris de douleur ne pourront jamais appilover la furie des Euménides. C’est dans cet horrible séjour, que le brigand Sisyphe roule, jusqu’au haut d’une mon- tagne, un rocher qui retombe toujours ; que le parricide Tantale est consumé par la soif, au milieu des eaux; que l’impur Ixion est écrasé sous une roue entourée de serpents, et que les Danaïdes versent continuellement de l’eau dans un tonneau sans fonds. (2) Quelques phi- losophes païens , il est vrai, comme Epicure et Démo- crite, ont douté de la spiritualité de l’âme ; mais de quel poids peut être leur sentiment, lorsqu’il est com- battu par les Platon, les Porphyre, les Sextius, les Varron, les Caton, les Sénèque, les Cicéron et tant d’autres , qui se sont expliqués sur ce point, d’une ma- nière si formelle et si unanime ? (3) Le Brahmaïsme compte cinq paradis : le premier, nommé Swarga Loka, est la demeure du roi du ciel; les danses des bayadères , les mets exquis des hôtelle- ries, les ombrages des arbres d’où pleuvent des fleurs, le nectar des liqueurs qu’on y boit, font de ce monde un séjour d’innéfables délices. Dans le second paradis, les âmes sont unies à 1a propre substance de Vichnou. Dans le troisième, réside Siva qui partage avec les bien- heureux les plaisirs sensuels les plus délirants. Le monde de Brahma n’admet que ceux qui n’ont jamais proféré de mensonges , et les femmes qui se sont précipitées (1) Pomponius Mêla, de situ orbis, 1. 5, c. 2. — Benjamin Constant, de la religion, 1. 9 , ch. 8. ^ (2) Voyez le Phédon de Plalon, la Théogonie d’Hésiode, l’Odyssée d’Homère , l'Enéide de Virgile , etc. (5) V. Maramerlus Claudianus , de naturà animæ , I. II, c. 7 et 8. dans le bûcher funéraire de leur époux. Le paradis suprême se nomme Dcva Loka et n’est peuplé que de justes, dont le cœur n’a jamais été souillé. Ils partici- pent à la science, à la sainteté et même à la nature du Créateur ; car, quand à leur arrivée , le Créateur leur demande : qui êtes-vous ? ils répondent : « je suis le temps; je suis le passé, le présent et l’avenir ; je suis émané de celui qui est la lumière par lui-même. Tout ce qui est, fut ou sera émane de moi. Vous êtes l’âme de toutes choses, et tout ce que vous êtes, je le suis. » ( 1 ' Les Indiens nomment leur enfer Patalas. a C’est le lieu des supplices et de la demeure des pécheurs. C’est là que, plongés dans le feu, ils brûlent et brûle- ] ront toute l’éternité... Ou n’y entendra jamais que des I gémissements et des cris... Ce qui mettra le comble à ; leur supplice et les jettera dans le désespoir, seral’éter- I nité de ce feu qui les brûlera sans les consumer. Chacun ! y sera puni selon le nombre et la qualité des péchés qu’il aura commis. » :?) Les 7 Patalas sont divisés en 21 1 enfers, où les âmes coupables, quoique séparées de I leur corps terrestre, ressentent des douleurs physiques. I Les châtiments sont aussi variés que les crimes qui les j ont mérités. Les voluptueux sont écrasés sous des meules; I les faux témoins roulent sur des collines rocailleuses; ] les avares sont rongés par les vers ; les calomniateurs se I nourrissent d’immondices, et les adultères sont forcés I d’embrasser une statue de fer rougi. (3) Lorsqu’un empereur, d’origine tartare, dit Simon de 1 la Loubère, voulut contraindre les Chinois à se coupel- les cheveux à la tartare , plusieurs d’entr’eux aimèrent mieux souffrir la mort que d’aller, disaient-ils, en l’autre \ monde, paraître sans cheveux devant leurs ancêtres, s’imaginant qu’on rasait la tête de l’âme, en rasant celle du corps. — Le fondateur d’une ^secte renommée au Japon, Xaca, enseigna que les justes seraient réunis , après leur mort, dans un séjour céleste où la dose du bonheur serait proportionnée au nombre des vertus, et que cette inégale répartition n’exciterait pourtant point l’envie. La fête des âmes est une des plus grandes solem- nités du Japon : on va , pendant la nuit, à la clarté des flambleaux, visiter les tombeaux, et s’entretenir avec les morts. On les invite à entrer dans la ville, pour (1) Creuzer. —de Jancigny—Parallèle des religions, t. 1er. (2) Ezour- r'edam. (3) M. Clavel, Histoire du Brahmaïsme.](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b28268155_0034.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)