Volume 1
Leçons de clinique chirurgicale professées à l'Hôpital Saint-Louis ... : suivies des observations recueillies dans le service de l'auteur / par M. le Dr. Pean.
- Péan, Jules Émile, 1830-1898.
- Date:
- 1876-1900
Licence: In copyright
Credit: Leçons de clinique chirurgicale professées à l'Hôpital Saint-Louis ... : suivies des observations recueillies dans le service de l'auteur / par M. le Dr. Pean. Source: Wellcome Collection.
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![malade a conservé ses rapports normaux avec le globe oculaire, et il n'y a pas le plus léger degré d'entropion. La sécrétion des larmes se fait bien; la paupière inférieure est tout à fait normale ;il n'y a ni déviation de points lacrymaux, ni insuffisance de l'orbiculaire. Le globe de l'œil lui-même est absolument sain ; l'examen oplitbalmoscopique n'y fait rien découvrir, et c'est tout au plus si, dans la vision à courte distance, on trouve une légère différence entre l'acuité visuelle des deux côtés. L'œil gauche, en effet, dis- tingue aisément les caractères du n 1 de l'écbelle de Jauger, l'œil droit ne peut distinguer que ceux du n° 3. —■ C'est un commencement d'amblyopie par manque d'usage, facile à expliquer par le ptosis complet de la pau- pière qui remonte à deux ans. [La tumeur fut enlevée avec le bistouri. Après (jue la plaie fut complè- tement guérie, on vit que la disparate si choquante des deux paupières était à peu près corrigée. Nous nous proposions de faire un peu plus tard une nouvelle opération afin de remédier au ptosis. Dans ce but, le malade rentra dans le service deux mois après sa sortie et y resta un mois environ. Pendant ce nouveau séjour nous remarquâmes que sa santé générale souffrait visiblement. En auscultant soigneusement les deux som.mets, on s'aperçut que la respiration était rude, l'expiration prolongée; phéno- mènes qui n'existaient pas lors de sa première entrée à l'hôpital. Nous vîmes là une contre-indication manifeste pour toute espèce d'opération. De sorte que le malade retourna dans sa famille quinze jours plus tard, incomplètement guéri. Depuis, imus n'avons pas eu de ses nouvelles.] En comparant cette tumeur à celles qtie l'on t^encontre habi- tuellenient à la paupière supéi'ieure ou dans la région sour- cilière, on ne peut la classer parmi aucune de ces variétés. Ce n'est ni un lipome, ni un kyste, ni un sarcome, ni un cancer. Son développement ne s'est point fait aux dépens d'un tissu isolé, elle est formée par une égale hypertrophie de tous les tissus de la région ; le derme, le tissu sous-cutané, le tissu adipeux et même quelques fibres musculaires entrent dans sa coiuposition. C'est, en d'autres termes, un véritable éléphan- tiasis de la paupière supérieure. Il est certaines régions dans lesquelles sans être fréquentes ces tumeurs ne sont point extrêmement rares, aux organes géni- taux, aux lèvres,- sans parler des membres inférieurs. Pour mon compte, j'en ai vu quelques-unes constituant par leur volume et leur siège une véiitable infirmité. J'ai opéré, entre autres, un jeune homme de dix-sept ans environ, qui portait](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b20414961_0001_0064.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)


