Volume 1
Leçons de clinique chirurgicale professées à l'Hôpital Saint-Louis ... : suivies des observations recueillies dans le service de l'auteur / par M. le Dr. Pean.
- Péan, Jules Émile, 1830-1898.
- Date:
- 1876-1900
Licence: In copyright
Credit: Leçons de clinique chirurgicale professées à l'Hôpital Saint-Louis ... : suivies des observations recueillies dans le service de l'auteur / par M. le Dr. Pean. Source: Wellcome Collection.
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![meur nous permettaient d'affirmer à coup sûr que nous nous trouvions en présence d'une gomme de la lèiTe{\o-^\ fig-. 1-4). La médication a confirmé notre diagnostic et, après quinze jours de traitement par l'iodure de po- tassium, l'état du malade s'est notablement amélioré. Malgré tout, la tumeur a suivi la marche ordinaire des gommes. Au mo- ment où le malade est entré, la période de ramollissement avait commencé, et, dès le lendemain, on vit apparaître l'ulcération. [Ce malade sortit de l'hôpital six semaines plus tard complètement guéri.] Dans les gommes de toutes les régions l'ulcération suit un processus identique. La perte de substance se fait du centre à la périphérie. En examinant leur surface, on voit çà et là des filaments blancs dus à l'élimination d'autant de bourbillons. Ces bourbillons se ramollissent isolément ; ils attaquent les téguments, les perforent et laissent à leur suite ces ulcérations dont la régularité et la profondeur forment le principal carac- tère. Au début, elles sont multiples et isolées, séparées par des ponts de tissu sain, mais à mesure que l'élimination marche, elles se réunissent et finissent par ne laisser qu'un de ces PONTS dont je viens de vous parler. Aux lèvres, on trouve certaines particularités dues au voisi- nage de la bouche et des narines. Vous avez pu voir chez notre malade que la tumeur, au moment où elle s'ulcéra, se couvrit, du côté de la peau, de croûtes noirâtres, entre lesquelles sor- taient les bourbillons. Cette coloration n'est point spéciale aux gommes, on la rencontre dans toutes les ulcérations des lèvres et des ailes du nez. Le passage du courant d'air de la respi- ration fait concréter le pus et donne aux ulcérations du voisi- nage leur caractère particulier. Du côté de la bouche, la muqueuse est éraillée par places ; elle est parcourue par de rares vaisseaux dont les uns, ceux qui viennent de la tumeur, sont en voie de destruction. Toute la surface offre un aspect humide, d'un blanc grisâtre, qui ne ressemble en rien à celui de l'extérieur. C'est qu'ici la tumeur est tonjours en contact avec les liquides buccaux qui l'imprè- gnent et lui font subir une sorte de macération. Les gommes des lèvres, surtout celles de la lèvre supérieure, ne sont point sans gravit^. Si l'on n'a pas soin d'intervenir](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b20414961_0001_0079.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)


