Volume 1
Leçons de clinique chirurgicale professées à l'Hôpital Saint-Louis ... : suivies des observations recueillies dans le service de l'auteur / par M. le Dr. Pean.
- Péan, Jules Émile, 1830-1898.
- Date:
- 1876-1900
Licence: In copyright
Credit: Leçons de clinique chirurgicale professées à l'Hôpital Saint-Louis ... : suivies des observations recueillies dans le service de l'auteur / par M. le Dr. Pean. Source: Wellcome Collection.
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![UE \A FOliGIPUKSSIilSl';. 03 OBSERVATION XXVII ('arc-inome de la partie inférieure du rectum, et de la cloison rectn-ynginale. — Extirpation a Dec l'écraseiir linéaire et le gaivano-cautère. — Quatorze pinces hémostatiques sont laissées dans la plaie. — Guérison. Elisà R..., cinquante-quatre ans, entre à l'hôpital Saint-Louis le (3 juin 187i. Cette malade se plaint d'une tumeur au fondement qui aurait débuté depuis un an ou quinze mois. Depuis six mois elle accuse des pertes de sang par l'anus qui durent plusieurs jours de suite. Il n'y a pas de consti- pation et les selles ne provoquent pas de douleurs. Pas d'écoulement vaginal. Pas de douleurs dans les reins, ni dans le bas-ventre. La miction s'accomplit normalement. La malade mangé et digère bien quoiqu'elle ait beaucoup maigri depuis six semaines. En l'examinant on constate que la vulve se prolonge presque juscju'à l'anus, tlelui-ci est obstrué pardes saillies mamelonnées de la grosseur du pouce. La peau de cette région est indurée, violacée, et présente plusieurs petits noyaux cancéreux durs, perforés à leur centre, d'où s'écoule du pus. Le doigt introduit dans le rectum sent une tumeur bosselée, inégale, qui en arrière dépasse à peine le sphincter, mais en avant remonte assez haut pour que sa limite ne puisse guère être franchie par l'extrémité du doigt. Par le toucher vaginal on reconnaît que toute la paroi postérieure de ce canal est le siège de la même dégénérescence. L'utérus, les culs-de- sac et les autres parties du vagin ont conservé leur souplesse normale et ])araissent parfaitement sains. Les ganglions inguinaux sont légèrement engorgés et douloureux. L'extirpation de toutes les parties malades fut pratiquée le 13 juin 187/i par M. Péan. La dissection fut portée, au delà des limites du mal avec le couteau galvano-caustique et les lambeaux ainsi formés sectionnés avec l'écraseur linéaire. Malgré la lenteur avec laquelle furent maniés ces instruments, il fallut à plusieurs reprises réprimer (jnelques jets de sang fournis par les artères hémorrhoïdales, ce qui fut facilement obtenu au moyen des pinces hémostatiques. Tous les points saignants de la surface de la [)laie furent comprimés avec ces instruments, de façon à ménager le plus possible les forces de la malade. (Juatorze pinces furent ainsi laissées en place avec des éponges, au milieu du vaste infundibulum qui résulta de l'opération. Le tout fut maintenu par un bandage en T. Il n'y eut pas d'hémorrhagie dans la journée, ni les jours suivants. Eponges et pinces furent retirées ensemble le lendemain matin. Des injections](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b20414961_0001_0799.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)


