Nouvelles démonstrations d'accouchemens / Avec des planches en taille-douce, accompagnées d'un texte raisonné propre à en faciliter l'explication par J.P. Maygrier.
- Jacques-Pierre Maygrier
- Date:
- 1822-1825
Licence: Public Domain Mark
Credit: Nouvelles démonstrations d'accouchemens / Avec des planches en taille-douce, accompagnées d'un texte raisonné propre à en faciliter l'explication par J.P. Maygrier. Source: Wellcome Collection.
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No text description is available for this image![#3 bps | 3°, De la Nutrition et de la Circulation du Fetus. De la Nutrition. — Une vérité incontestable » cest que l’enfant se nourrit des sucs que lui fournit sa mére; mais il nest pas également facile de démontrer par quel moyen et de quelle maniére ces sucs lui parviennent. Les médecins sont loin d’étre d’accord sur cette grande question physiologique. Les uns prétendent en effet que l'enfant se nourrit des eaux dans lesquelles il est renfermé, qu’il les pompe, qu'il les suce, et que ces eaux parvenues dans son estomac, aprés avoir subi les lois d’une digestion ordinaire , deviennent ainsi les ¢lémens de la nutrition du feetus. Mais les expériences faites sur les eaux de l’am- nios ont démontré qu’elles ne contenaient que peu ou point de parties réellement nutri- tives; qua la fin de la grossesse surtout, elles étaient souvent bourbeuses, noiratres, puru- lentes , etc; on a de plus observé que la rupture des membranes se faisait quelquefois plu- sieurs jours, un mois méme avant l’invasion du véritable travail de lenfantement, ce qui devait. nécessairement amener la rupture prématurée des eaux de l’amnios, long-tems avant celle de l'enfant; enfin il est certain que quelques enfans sont venus au monde avec la bouche imperforée, et par conséquent dans limpossibilité physique de recevoir la plus petite quantité de liquide amniotique. Les raisons apportées en faveur de l’opinion que nous venons de faire connaftre, méritent aussi détre combattues. On a prétendu que Venfant préludait, par la succion des eaux de Yamnios, a la succion plus compliquée et plus difficile du lait de sa mére. Il faut convenir que ce penchant du nouveau-né pour la succion et la faculté quil a de l’exercer a l’instant méme de sa naissance, sont des phénoménes aussi étonnans qu ils sont inexplicables. Mais pourquol le petit canard, éclos sous une poule, se plonge-t-il dans l’eau malgré les cris de sa mére, dés quil est sortu de sa coque, tandis que le poulet provenant de la méme couvée, évite et fuit cet element ? Au reste, ’intérieur de la membrane amnios n’offrant rien de semblable & un mamelon, qui ait pu exercer le fcetus a la succion, le penchant dont il est doué au moment de la naissance est donc une aputude innée et non une faculté acquise. D’une autre part, Vopinion qui tend a démontrer que le fcetus se nourrit par intus- susception ou par absorption, nest pas plus admissible. L’organe cutané du foetus est sans action pendant tout le tems de son séjour dans l’intérieur de Vutérus, et les eaux elles- mémes n’ont ni les qualités, ni les propriétés convenables pour étre absorbées. Ce qui a pu induire en erreur les physiologistes chargés d’expliquer le mode de nutrition du fcetus, c'est que, confondant cette derniére avec la digestion proprement dite, ils ont toujours voulu établir une analogie entre cette digestion illusoire du fcetus et celle de l’adulte, en prétendant que les sucs nutritifs devaient, chez l'un comme chez l’autre, suivre la méme route et passer par les mémes voles, sans faire attention que l’un vit au milieu d’un fluide léger, clastique, aériforme , quil jouit de toute la plenitude d'une respiration active et de tous les avantages d’une circulation riche et abondante; tandis que l’autre repose au sein de Yutérus, entouré d'un liquide épais et incompressible, privé de la respiration, et n’ayant pour ainsi dire quune vie végétative et une existance incomplete. Toutes ces raisons et tant d’autres que nous ne rapportons pas comme superflues, doivent nous faire rejeter égale- ment et le systéme de la déglutition et celui de labsorption, comme voies uniques de la nutrition du fcetus. I] ne pourrait donc étre considéré, pendant tout le cours de la gestation, que comme une nouvelle partie ajoutée momentanément a lexistence de la femme, et dont la nutrition s’opére par les moyens ordinaires et connus de la circulation. C’est donc par le cordon ombilical que l’enfant recoit les sucs qui lui sont nécessaires pour son accroisse- ment, sans avoir besoin d’opérer sur les eaux de l’amnios, ou de toute autre maniére, une apprehension dont il est incapable.](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b33544281_0043.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)