Des maladies puerpérales observées à l'hôpital Saint-Louis en 1867 : considérations sur leur étiologie / par Émile Thierry.
- Thierry, Émile.
- Date:
- 1868
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Credit: Des maladies puerpérales observées à l'hôpital Saint-Louis en 1867 : considérations sur leur étiologie / par Émile Thierry. Source: Wellcome Collection.
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![— llli — pant chez la femme enceinte, chez lu femme à l'époque des règles, [observations de MM. Depaul (1) et Tarnier (2)] ? Je ne le crois pas. D'abord, de nombreux rapports existent entre ces différents états dans lesquels peut se trouver la femme; ce sont ces rapports non moins que les exceptions que je viens de mentionner, qui ont en- gagé M. Tarnier (3) à étendre la puerpéralité, non-seulement à la grossesse et à la lactation, comme l'avait déjà fait M. Monneret (4), mais encore à la menstruation. Puis ces faits se sont tous produits dans des circonstances semblables, chez des femmes placées au mi- lieu d'un foyer d'infection, soignant des accouchées malades. En tète des conditions spéciales dans lesquelles se trouve la femme nouvellement accouchée, je dois placer les changements survenus dans la composition du sang: le chiffre des globules diminue et des- cend en moyenne à la fin de la grossesse à 10-4 ; la fibrine, au con- traire, augmente et d'autant plus que l'on se rapproche davantage de l'accouchement ; vers la fin du dernier mois sa moyenne est de 4,3 pour 1,000; en même temps diminution de l'albumine, augmen- tation du sérum devenu moins riche en sels (5). Ajoutons à ces changements apportés par la grossesse à la composition du sang, les fatigues de l'accouchement, l'hémorrhagie qui l'accompagne souvent, les modifications survenues chez la femme par le fait de la délivrance, et nous aurons les causes qui expUquent la tendance à la suppuration qui caractérise les affections puerpérales. Toute maladie se développant dans l'état puerpéral ne se termine pas nécessairement par suppuration ; j'ai eu l'occasion d'observer en 1867, dans le service d'accouchements de Saint-Louis, plusieurs cas de pleurésie simple chez des nouvelles accoucliées; les symptômes locaux ont été très-accusés, les symptômes généraux ont fait défaut, ces pleurésies n'ont pas suppuré, elles ont guéri rapidement. Quoi- que survenant dans l'état puerpéral, elles n'ont pas été influencées par cet état, elles n'étaient pas puerpérales. M. Hardy a souvent (f) Depaul, Discussion sur la funTC puerpérale ù l'Académie de mi'de- cine, séance du 2 mars 1858. (-2) Tarnier, De la fièvre puerpérale observée à la Malernilé, page 83. (3) Tarnier, loc. cit., page 3. (4) Monneret, Traité de pathologie générale, lome II. Paris, 1857. (5) C;>zeaux, Traité d'accouchements revu par Tarnier, 1867.](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b22295239_0118.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)