Des maladies puerpérales observées à l'hôpital Saint-Louis en 1867 : considérations sur leur étiologie / par Émile Thierry.
- Thierry, Émile.
- Date:
- 1868
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Credit: Des maladies puerpérales observées à l'hôpital Saint-Louis en 1867 : considérations sur leur étiologie / par Émile Thierry. Source: Wellcome Collection.
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![sans cause appréciable, soit après une légère sensation de froid éprouvée par la malade qui vient de se découvrir ou d'être examinée pendant la visite. Il commence par un refroidissement quelquefois général d'em- blée, mais beaucoup plus souvent d'abord partiel, localisé aux mem- ]3i'es inférieurs, à la région lombaire, à la poitrine; puis il s'étend à toute la sin'face du corps, se généralise. En même temps horripila- tions, sensation de chair de poule; puis les mouvements convulsifs se montrent, les dents claquent. Ces derniers symptômes peuvent exis- ter pendant toute la durée du frisson, qui est alors de vingt à trente minutes en moyenne, ou n'apparaitre que de temps en temps; le frisson est alors subintrant, formé d'une série de plusieurs frissons successifs, il peut se prolonger pendant trois quarts d'heui'e, une heure et plus. Le claqucpieut de «lents peut manquer, la trépidation musculaire peut faire défaut, le frisson se montre alors d'une façon insidieuse ; nous avons observé ( Inq fois cette variété. M. Hardy a souvent ap- pelé notre attention sur la valeur de ce simple refroidissement avec horripilations; en effet, il indique très souvent l'apparition d'acci- dents graves, tandis que des affections puerpérales légères débutent quelquefois par un grand frisson. Le refroidissement peut même être partiel, rester localisé aux membres inférieurs et cependant avoir la même valeur. Ce petit frisson a une durée variable, tantôt de huit à dix minutes, tantôt de quatre à six heures. En même temps qu'elles éprouvent la sensation de froid, les ma- lades sont dans un état d'anxiété extrême, pelotonnées sur elles- mêmes, craignant de se découvrir, de faire un mouvement qui don- nerait au malaise qu'elles ressentent une intensité nouvelle; la soif est vive, les traits sont altérés, les yeux enfoncés dans l'orbite, les lèvres sont violacées, les extrémités froides, la physionomie a une expression de douleur profonde ; le pouls est petit, fréquent, s'élève de 120 à 140.Cette sensation de froid est tenace, persiste dans quel- ques cas quoi que l'on fasse pour réchauffer les malades; enfin la réaction s'établit lentement, avec peine; une fois réchauffée, la femme s'endort souvent et transpire abondamment pendant le som- meil et au réveil. Le frisson peut être unique ou multiple ; dans six observations, nous le voyons se répéter deux fois, trois fois et même plus souvent](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b22295239_0096.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)