Lettres philosophiques et historiques sur la médecine au dix-neuvième siècle / [P.-V. Renouard].
- Renouard, P.-V. (Pierre-Victor), 1798-
- Date:
- 1857
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Credit: Lettres philosophiques et historiques sur la médecine au dix-neuvième siècle / [P.-V. Renouard]. Source: Wellcome Collection.
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![phases réclame une médication différente. Ainsi, dans la première, on emploie quelquefois avec avantage les astringents ou les bois- sons délayantes. Dans la seconde, les sels de mercure à petites doses, aidés des opiacés ou des sudorifiques, réussissent ordinai- rement bien, sans produire ni salivation ni aucune autre évacua- tion sensible. Enfin, dans la troisième période, appelée constitu- tionnelle, il est d’observation que les sels d’or et les iodures sont, jusqu’à présent, les remèdes les plus efficaces. En conséquence, le médecin philosophe, qui ne s’exagère point la portée de notre intelligence, (]ui ne se laisse pas abuser par les fantômes de son imagination, emploiera chacune des médications consacrées par l’expérience contre la période correspondante de la maladie, sans se préoccuper si celle-ci est le produit d’un virus ou d’une irrita- tion ou d’un miasme, toutes choses impénétrables aux sens, de même qu’à l’entendement humain. § III. — Dciixiènie objection. Si toutes les théories physio-pathologiques ne sont que des hypothèses illusoires, propres seulement à égarer le praticien, il faut donc les bannir entièrement de la science comme des fictions dangereuses ou tout au moins inutiles. Cependant l’exclusion absolue des théories et du raisonnement paraît une chose impos- sible, et dont il n’existe pas d’exemple dans aucun traité de mé- decine. D’où il suit qu’une doctrine qui s’appuie sur cette exclu- sion, qui en fait un précepte formel, repose sur une impossibilité, c’est-à-dire sur une erreur. Telle est l’objection qu’on ne cesse de répéter, sous mille for- mes, contre l’empirisme; et, sur ce, on se dispense de l’éliidicr, de l’approfondir (1). On l’accuse de proscrire le raisonnement, parce qu’il veut en supprimer l’abus; de rejeter toutes les théo- ries, parce qu’il veut les renfermer dans leurs limites naturelles. (1) Broussais, dans sou Examen des doctrines médicales, ne consacre à l’examen de ce système qu’un alinea de quelques lignes! (Voyez chapitre ii, page 35, édition de 1821.)](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b24878509_0120.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)