Lettres philosophiques et historiques sur la médecine au dix-neuvième siècle / [P.-V. Renouard].
- Renouard, P.-V. (Pierre-Victor), 1798-
- Date:
- 1857
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Credit: Lettres philosophiques et historiques sur la médecine au dix-neuvième siècle / [P.-V. Renouard]. Source: Wellcome Collection.
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![effet. On voit aussi, avec un peu de réflexion, que le principe proclamé ci-dessus embrasse toutes les opérations de la médecine interne et externe, tous les préceptes de la prophylaxie. Ainsi donc, il a existé de tout temps un principe fondamental et uni- versel de la médecine pratique, principe qui dirigeait, à leur insu, les médecins des âges les plus reculés, et que suivent en- core, sans s’en douter, les gens dépourvus de connaissances mé- dicales, quand ils se mêlent de conseiller les malades. Mais, s’il est permis, comme disait Molière, de faire de la prose sans le savoir, il vaut mieux en faire le sachant, parce qu’alors on la lait ordinairement meilleure. S’il y a eu et s’il y a. toujours des gens qui a])pliquent le principe fondamental de la thérapeu- tique sans le connaître, il vaut encore mieux l’appliquer avec con- naissance. C’est plus digne du praticien qui aime à se rendre compte des motifs de sa conduite, et c’est plus rassurant pour le malade. Voyons donc comment on peut faire une application logique de l’axiome proclamé ci-dessus. § V. — Application rationnelle de l’axiome universel de la thérapeutique. J’ai dit que c'était une idée neuve que de vouloir constituer la thérapeutique sous la domination d’un seul principe, en dehors de tout système de pathologie. Cela n’est vrai qu’en parlant des temps modernes, car il y a eu dans l’antiquité une secte de mé- decins philosophes qui conçut le même projet et en tenta l’exé- cution. Mais leur doctrine n’a point prévalu, soit qu’ils l’aient mal développée et mal défendue, soit que leurs contemporains ne l’aient pas justement appréciée. Toujours est-il que leurs tra- vaux et leur système ont été à peu près complètement perdus, et que leur nom même est devenu, dans beaucoup d’occasions, un terme d’injure, de mépris (1). En méditant un peu sur cet axiome : Toute médication qui a (1) Voyez mon Histoire de la médecine, troisième période; de l’empirisme, tome I.](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b24878509_0030.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)