Volume 1
Dictionnaire universel d'agriculture et de jardinage, de fauconnerie, chasse, pêche, cuisine et manége. En deux parties / [Anon].
- François-Alexandre Aubert de La Chesnaye Des Bois
- Date:
- 1751
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Credit: Dictionnaire universel d'agriculture et de jardinage, de fauconnerie, chasse, pêche, cuisine et manége. En deux parties / [Anon]. Source: Wellcome Collection.
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![Lu 5 Cost ce. Sa touffe groffit d'année en année, L'ofeille fauvage qui croît dans les éche, plus dure & plus aigre que les autres, & a leur défaut feit aux pauvres gens de la campagne. | Il y a encore une autre efpece d'ofcil- le, qui fe trouve dans les jardins de quelques Curieux. Elle s'éleve en ar- bufte, & fa feuille réffemble affez à celle du peuplier. Elleeft life, luftrée , unie {ur les bords & d’un verd clair. Elle a un goût à peu près femblable à celui desautres aféilles. Elle eft plus féche, & tout fon mérite ne conffte que dans la rareté. Tout.le monde fçait l’ufage que l’on fait de lofeille en cuifine. Ses racines font apéritives, elles donnent à l’eau rafraïchiffantes & temperent la bile. Etant pilées ou cuites fous la braile, elles avancent la fuppuration. OSIER , efpece de faule qui jette beaucoup de verges ou rameaux me- nus,-plians, couverts d'une écorce rou- ge & noirâtre. Ses feuilles font oblon- gues, pointuës, fans poil, un peu blan- châtres par-deflous , crénelées en leurs bords. 11 y en a de trois fortes; l’ofer franc, qui eft rond, roue, plus petit, & plus pliable que les autres : lofer blanc, qu'onappelle flandre en quelques endroits, eft effectivement d'un blanc jaunâtre; & le verd, autrement dit offer de riviere, eft le moindre & le plus caffant de tous. On les cultive toustrois de la même maniere , maïs l’offer franc eft le plus délicat, craint plus les gelées, plus aquariques, plus groffiers , & s’éle- vent davantage. Les offers ont leurs ufages particuliers. Les Vignerons s’en fervent pour atta- liffer les arbres & faire des berceaux , OSI. tonneaux ; les Vanniers emploient Îles, : L’ofrer vient dans toutes fortes deter- re fraiche, même dans les gros fables ; mais principalement dans les terres for- tes & humides. On le plante fouvent en bordures far des vignes ou vergers, & pour en tirer plus de profit , on fait des axeraies , fur-tout dans les Pays de vignoble, & proche des grandes Villes où il y a du débir. Il faut mettre ces plans, ‘quoiqu’a= quatiqués, dans un endroit bien frappé du Soleil, & moins bas encore que le faule; car s'ils éroient à ombre , ou s'ils avoient le pied continuellement hu- mide, ils ne feroient que languir. Pour on en cafle avec foin toutes les motes, & on la met en rayons fi l’on veut, pour y pouvoir tenir l’eau tant & fi peu qu'on voudra. On choifit fur de beaux ofiers des boutures bien vives d'un pied & demi de long. On les aiguife par le: gros bout, & après qu’elles ont trempé. pendant quatre jours.dans l’eau fraîche, mais non pas crué, on les pique un pied en terre entre deux raies, fi le champ plan à un pied & demi l’un de l’autre, fur des lignes droites éloignées entre el-, les de deux a trois pieds. I] faut garantir les ofiers plus qu’au- cun autre plan du dégar des beftiaux , fort tendres , dont le bétail eft très- friand, On les laboure ordinairement deux fois par an, vers la mi Mai quand les herbes commencent à y abonder > après qu'on en a fait la dépouille. Dans. mois de Mai , pour détruire les mauvai- fes herbes. Il y a même des fonds .fi. heureux, qu'il ne les faut labourer que tous les trois ans, parce que les fers y viendroient trop forts & trop gros ;. | ce](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b30411580_0001_0740.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)


