Volume 1
Traité complet d'ophthalmologie / par L. de Wecker et E. Landolt ; anatomie microscopique par les professeurs J. Arnold, A. Iwanoff, G. Schwalbe et W. Waldeyer.
- Louis de Wecker
- Date:
- 1880-1889
Licence: Public Domain Mark
Credit: Traité complet d'ophthalmologie / par L. de Wecker et E. Landolt ; anatomie microscopique par les professeurs J. Arnold, A. Iwanoff, G. Schwalbe et W. Waldeyer. Source: Wellcome Collection.
Provider: This material has been provided by UCL Library Services. The original may be consulted at UCL (University College London)
186/986 page 174
![se portait fortement au dehors et la fente palpébrale s'élargisssait considéra- blement (1). On remédie à l'affection dont nous nous occupons en réunissant, dans une étendue variable, les bords libres des paupières vers l'angle externe de l'œil, procédé connu sous le nom de tarsorrhaphie, et introduit dans la chirurgie oculaire par de Walther (2). Cette opération a subi de légères modifications, dont l'auteur, de Graefe (3), procède comme il suit : il pince d'abord, entre le pouce et l'index, la commissure externe, de manière à rétrécir la fente pal- pébrale de la quantité qui semble convenable. Après avoir ainsi déterminé très-exactement le point auquel doit correspondre la nouvelle commissure, point que l'on peut, du reste, arrêter par un trait de plume, il introduit entre les paupières la plaque d'ivoire, et excise du bord libre de chacune d'elles, de dedans en dehors, un lambeau ayant en hauteur de 1 millimètre et demi à 2 millimètres, et en longueur de 3 à 6 millimètres, de telle façon que les deux plaies se réunissent à la commissure. Il est nécessaire que le tranchant du bistouri enlève tous les bulbes des cils. A leur extrémité interne, les deux plaies se terminent perpendiculairement au bord libre des paupières; mais, pour assurer une réunion plus intime en ménageant les cils, on avive encore, et cette fois légèrement, le bord ciliaire, dans une étendue de 2 à 3 milli- mètres au delà de chacune des sections perpendiculaires supérieurement in- diquées; une ou deux sutures suffisent pour garantir la réunion, surtout as- sociées à l'emploi prolongé du bandeau progressif. Dans les procédés de Walther, de Graefe et Flarer, on sacrifie, comme cela s'enseigne du reste dans les traités les plus récents [voy. Arlt (4), Aba- die (5) ], le bord libre des paupières, y compris les cils. La tarsorrhaphie ainsi pratiquée n'est ni plus ni moins qu'une mutilation irrémédiable; mais tel ne doit pas être le but de cette opération, qu'on la pratique dans l'intention de fermer définitivement ou temporairement une plus ou moins grande partie de la fente. La tarsorrhaphie est-elle exécutée pour obvier à l'exophthalmie, suite d'un goitre exophthalmique, ou d'un staphylome postérieur, ou d'une exagération de la largeur de la fente, suite de strabotomie, la conservation des cils doit servir pour masquer la réunion d'une portion de la fente, et les cils longs de certaines femmes remplissent admirablement ce but. A-t-on pratiqué la tar- sorrhaphie temporaire pour ectropion, dans des opérations de blépharoplastie par greffe cutanée, il est bien évident qu'on ne privera pas les bords palpé- (1) Journal de de Graefe et de Walther, t. IX, 1826. (2) Archiv fur Ophthal., t. III, A. 1, p. 248. (3) Graefe-Saemisch, t. III, p. Ui. (4) Traité des maladies des yeux, Paris, 1876, p. 98. (5) Disons en passant que nous avons eu occasion de pratiquer la tarsorrhaphie dans des cas où l'on voulait procéder à la prothèse oculaire, pour une phthisie complète de la cornée sans réduction du globe. Ici, l'augmentation de volume produite par l'addition de la coque d'émail peut être complètement dissimulée au moyen d'une réduction proportionnée de la fente palpébrale.](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b21641584_0186.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)
No text description is available for this image
No text description is available for this image
No text description is available for this image